Mondiaux d’athlétisme 2023 : Felise Vahai Sosaia, figure du renouveau du javelot français
CHAMPIONNATS DU MONDE D’ATHLÉTISME 2023 – Felise Vahai Sosaia est le premier engagé français au javelot des Championnats du monde depuis 1993.
Pionnier de 2024-2028 ?
Avant Felise Vahai Sosaia, seuls 5 athlètes français ont participé à des Championnats du monde. Et seulement 1 homme : Pascal Lefèvre. Si Alexis Alaïs avait participé aux Mondiaux de Doha (2019), la dernière participation de Lefèvre remonte à 1993 ! Pour sa première participation à Rome en 1987 il avait atteint la finale (10e). Puis, il n’est pas sorti des qualifications à Tokyo (1991) et donc à Stuttgart.
C’est donc un pan de l’histoire qui va s’écrire ce vendredi matin. Interrogé sur son ressenti sur ce fait, le Wallisien s’est dit “fier d’être un des rares français à faire les championnats du monde”. Alors forcément, cela engendre un peu de pression, mais pas tant que ça.
Une progression linéaire
Au fil des années, Vahai Sosaia enfile les mètres. Champion de France espoirs en 2021, il remporte le titre en élite l’année suivante avec 77.02 m. À la suite de son titre, il s’envole pour Munich pour connaitre ses premiers Championnats d’Europe. Sa deuxième sélection en bleu mais la première en grand championnat (il avait participé aux Jeux méditerranéens). Il se contentera de 74.70 m en qualifications. Mais à seulement 23 ans, c’était surtout de l’expérience engrangée. Arrivé avec la 24e performance des engagés, il finit 16e. De quoi satisfaire son entraîneur Éric Reuillard.
Le Wallisien a frappé un grand coup en ce début d’année 2023. En effet, en Australie en début d’année, il a lancé à 82.04 m à sa première tentative ! 4e meilleure performance française de tous les temps ! Personne n’avait lancé aussi loin depuis 2004. De quoi se replacer au classement mondial. Et 1 an après les Europe, il va donc participer à ses premiers Mondiaux.
Objectif finale
Son objectif est d’être finaliste. Mais ça ne sera pas facile. Interrogé sur les conditions lourdes, il pense bien sûr que la chaleur aura un impact sur l’énergie. Mais il a l’habitude de s’entraîner dans ces conditions.
En plus de cela, le Français n’arrive pas en pleine capacité de ses moyens. Il avait fait 2 bons lancers à Monaco avec 77.80 m au 2e essai avant d’arrêter son concours.
J’avais un problème à la cheville gauche. Après des examens, on a retrouvé un kyste à l’arrière des deux os de la cheville. Du coup, pour l’impact j’étais bloqué avant de lancer. C’était assez compliqué. J’ai été soigné par le kiné et le staff médical. Là j’ai toujours un peu ce problème mais avec l’adrénaline de la compétition, je pense que ça va passer.
En tout cas, son bon début de meeting monégasque l’encourage pour ces Mondiaux puisqu’il estime avoir “moins de stress quand il est aux côtés des meilleurs mondiaux”.
Pour entrer en finale, il faudra réaliser 83.00 m (soit plus que le record de France ou son record personnel) ou être parmi les 12 meilleurs. Felise Vahai Sosaia fait partie du groupe A et lancera donc vendredi 25 août à partir de 10h10.
« C’est comme si on était rejetés un peu »
Alexandra Tavernier et Frédéric Dagée ont souvent pris la parole pour critiquer le manque de reconnaissance des lancers en France. Interrogé sur son ressenti, le jeune lanceur voit plutôt ça de loin. En effet, il est parti étudier en Nouvelle-Calédonie à l’âge de 16 ans.
Je viens de la Nouvelle-Calédonie, je m’entraîne là-bas. Donc on est un peu isolés de ce qui se passe en France métropolitaine. J’en entends beaucoup parler. C’est comme si on était rejetés un peu. Mais je ne me sens pas directement touché parce que je ne suis pas vraiment en France métropolitaine.
Le renouveau français
Dans cette discipline moins médiatisée, de jeunes français pointent le bout de leur nez. À commencer par le champion de France, Rémi Conroy, 25 ans. Son premier titre national en élite vient récompenser une grande régularité et une progression, lui qui a porté son record personnel à 78.73 m en juin dernier. Lukas Moutarde, même âge, avait remporté la médaille d’argent aux Championnats de France. Son record (78.53 m) date de 2019. Cette année, il a lancé à 77.23 m. Et le javelot c’est en famille puisque son frère Mathys Moutarde, 19 ans, avait terminé 6e des Mondiaux juniors à Cali l’année dernière.
Il avait crevé l’écran en 2021 et 2022 avant d’un peu stagner. Mais il faudra compter sur Teuraiterai Tupaia, qui a le record de France (82.56 m) dans le viseur. Cette année, il a terminé 3e des élite.
Si en 2022 Tupaia s’était illustré chez les espoirs lors de la Coupe d’Europe des lancers, cette année, c’est Lenny Brisseault qui a remporté l’argent. Encore loin des meilleurs Européens de sa catégorie (10e de la finale des Championnats d’Europe espoirs, le champion de France espoirs poursuit sa progression.
Chez les femmes, on peut citer Margaux Nicollin ou Alizée Minard. Elle avait crevé l’écran en août 2019 avec un lancer à 63.46 m. Le deuxième meilleur français de tous les temps. Mais Alexie Alaïs a subi une rupture des ligaments croisés aux Championnats de France en septembre 2020. Et depuis, elle peine à retrouver son niveau, elle qui était habituée à lancer au-delà des 60 m. Elle aussi a subi une grave blessure : Jona Aigouy. Mais la championne de France revient peu à peu et garde son rêve de JO 2024 intact.



