Mondiaux d’athlétisme 2023 : Les chances de médailles françaises
CHAMPIONNATS DU MONDE D’ATHLÉTISME 2023 – On fait le point sur les Français qui peuvent aller chercher une médaille à Budapest. Les chances tricolores semblent peu nombreuses. Mais des surprises sont bien entendu possibles.
Kevin Mayer – La principale chance
Le champion du monde 2017 et 2022 sera bien de la partie en Hongrie, pour défendre son titre acquis l’an passé. Et comme à son habitude, il aborde ces championnats du monde avec son lot d’incertitudes. Il n’a pas fait de décathlon en 2023, comme en 2022. Et comme l’an passé, certains ont dégainé les grosses performances. À Austin, le 8 juin dernier, le jeune Allemand né en 2000, Léo Neugebauer, a frappé un grand coup, avec ses 8 836 points. Du côté de Gotzis, au mois de mai dernier, les deux Canadiens Pierce Lepage et Damian Warner se sont placés, avec 8 700 et 8 619 points. Pour ce dernier, blessé en 2022 lors du 400 m de son décathon, on a choisi d’être plus discret, lui qui a parfois réalisé des décathlons immenses à Gotzis. On n’oubliera pas les Américains Kyle Garland et Harrison Williams, qui ont atteint 8 630 points tous les deux.

En bref, la menace se précise pour le Français, qui n’aura absolument aucune marge. Lors de son sacre à Eugene, il avait totalisé 8 816 points, soit 20 de moins que Neugebauer. On se souvient que Damian Warner avait franchi la barre mythique barre des 9 000 points, lors de son sacre olympique à Tokyo. Devant Kevin Mayer. Qui peut s’appuyer sur ses 13.70 sur 100 m haies, son 5.10 m à la perche, ses 7.26 m à la longueur, ses 15.31 m au poids et ses 47.39 m au disque. Des performances, hormis au 110 m haies, toutes bien en deçà de ses records. Maintenant, c’est sans doute lui qui a la plus grande expérience des grands championnats. Car réaliser un gros total dans une compétition et le refaire en grand championnat, ce n’est pas la même musique.
Des potentielles surprises
Le 4×400 m hommes
Il n’y a pas une énorme tête d’affiche qui émerge. D’ailleurs, aucun d’entre eux ne s’est qualifié en individuel. Mais la densité de cette discipline en France est très intéressante. Si on prend le temps cumulé de nos quatre meilleurs français (Gilles Biron, Téo Andant, David Sombe et Thomas Jordier), cela donne le 5ᵉ temps des nations engagées. Mais avec le podium en ligne de mire. Un relais qui commence à se connaître, trois d’entre eux étaient titulaires l’an passé à Eugene, avec une finale à la clé. Mais aussi à Munich, pour aller chercher une médaille européenne. Pour la médaille, il faudra assurément courir sous les 3:00. Voire aller chercher le record de France de la discipline, détenu depuis 20 ans, par Leslie Djhone, Naman Keïta, Stéphane Diagana et Marc Raquil, en 2:58.96.
Le 110 m haies
La discipline avec le plus de densité chez les hommes en France. Pour preuve, même si le vent était trop favorable du côté des France élite d’Albi, Pascal Martinot-Lagarde n’a pas fait le voyage, 4ᵉ de la course en 13.25. Parmi les trois Français engagés, Sasha Zhoya fait figure de principal outsider. Après un début de saison retardé – où on s’est posé pas mal de questions sur lui -, il a remis les pendules à l’heure. D’abord en devenant champion d’Europe Espoirs. Puis en devenant champion de France élite en 13.01, même si le vent était trop fort. Un chrono qui, par le passé, a souvent suffi pour monter sur la boîte.
Attention à Just Kwaou-Mathey. Qui a déjà deux médailles européennes à son palmarès. Une en 2022 sur 110 m haies et une cet hiver sur 60 m haies. À chaque fois en bronze. Il a porté son record à 13.09 lors du Meeting Diamond League de Paris. Lui aussi peut être un sacré client.

Gabriel Tual
Plus que Benjamin Robert, parce que Gabriel Tual possède l’expérience des grandes finales mondiales. Finaliste aux JO à la surprise générale, il se hisse alors à la 6ᵉ place. Il a enchaîné l’an passé à Eugene, aux championnats du monde, en améliorant d’une place en finale, 5ᵉ. Après avoir retardé son début de saison, en raison d’une fracture de la clavicule, il a réalisé plusieurs sorties convaincantes, s’approchant de son record personnel, avec un chrono de 1:44.46. Certes seulement le 4ᵉ temps français en 2023, dans une année totalement folle dans la discipline. Mais il arrive à Budapest avec un titre de champion de France élite – Benjamin Robert étant forfait -, le premier de sa carrière. De la confiance et une nouvelle preuve qu’il est un homme de championnat. Après, si c’est Benjamin Robert, on ne boudera pas non plus notre plaisir.

Mélina Robert-Michon
Et si ? Et si, à 44 ans, elle réussissait l’improbable ? Aller chercher une troisième médaille mondiale. La Française réalise sa meilleure saison depuis 2017. Tout d’abord avec un jet à 65.49 m du côté de Montreuil. Jamais elle n’avait lancé si loin, si tôt dans la saison. Avec le maillot de l’équipe de France, elle a également marqué les esprits, avec une 3ᵉ place de la Coupe d’Europe par équipes, pour un jet à 64.21 m. Très régulière cette saison, avec cinq concours à plus de 61 mètres, comme sur sa dernière sortie aux Élite (62.69 m). Il faudra certainement chercher son record de France (66.73 m) pour espérer. Autant dire que ce serait un exploit majeur. Mais avec elle, on est habitué.



