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NBA 2022/23 : Rudy Gobert et les Timberwolves, un projet qui peine à décoller

Tom Compayrot

Publié le

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Photo Icon Sport

NBA 2022/23 – Après avoir été au cœur d’un des plus gros transferts de l’histoire, Rudy Gobert peine à trouver ses marques dans sa nouvelle équipe. Ses Minnesota Timberwolves pointent à une triste 11ème place au classement de l’Ouest. Sur le plan individuel, le pivot français n’a plus le même impact défensif qu’avant, tandis que ses statistiques offensives sont en baisse.

C’est une des déceptions collectives de ce début de saison. Les Timberwolves, auto-proclamés candidats au titre cet été, sont à la peine sur ces deux premiers mois de compétition. Actuellement en road-trip à travers le pays, ils sont sur une série de 4 défaites consécutives. Ils n’ont remporté que 3 de leurs 10 derniers matchs. Avec un bilan total de 16 victoires pour 19 défaites, ils sont en dehors du play-in tournament et bien loin des prétendants au titre. Si bien que les critiques commencent à pleuvoir de la part des fans et observateurs. Tout le monde s’attendait à mieux de leur part.

Des rôles à trouver

Que cette équipe connaisse un lent démarrage était prévisible. L’arrivée de Rudy Gobert a rebattu les cartes des deux côtés du terrain. De même que le départ de pièces importantes comme Patrick Beverley ou Jarred Vanderbilt, et la signature d’une ribambelle de nouveaux joueurs de banc. Le coach Chris Finch a un immense casse-tête à résoudre pour trouver une cohésion et un leader à cet effectif. Au vu de son ancienneté et de son palmarès personnel, Karl-Anthony Towns devrait être le candidat naturel à ce statut. Mais depuis 2015, il n’a jamais prouvé avoir les épaules nécessaires pour être le patron d’une équipe compétitive. Le leader désigné serait donc le jeune Anthony Edwards, mais ce dernier pèche encore par irrégularité.

Quant à Gobert, contrairement à ce qu’il a connu au Jazz, il n’est plus au centre du système offensif. Il joue beaucoup moins de pick and rolls, et doit donc davantage travailler pour marquer. Ce qui a conduit à une baisse au scoring (de 15.6 points à 13.8) et à l’efficacité (de 71.3% au tir à 66.7%) par rapport à la saison dernière. Il n’a pas non plus trouvé une entente avec Towns lors de la vingtaine de matchs qu’ils ont joués ensemble. Leur compatibilité reste encore à prouver.

Mais plus inquiétant encore, le pivot français n’a plus le même impact défensif qu’avant. Toutes les statistiques le disent : par rapport au reste de sa carrière, il influe moins les tirs dans la raquette, laisse plus de rebonds, contre moins de tirs, et commet plus de fautes. Il a aussi du mal à impliquer ses coéquipiers, que ce soit pour faire les rotations défensives ou aider au rebond. Si bien que les Timberwolves sont pour l’instant meilleurs sans Gobert : 40% de victoires avec lui, 80% quand il est absent. Une situation problématique au vu de l’investissement effectué sur le triple défenseur de l’année.

Lui, en tout cas, n’est pas plus inquiet que ça. Dans une interview au New York Times, il a déclaré : « On savait qu’il y aurait des hauts et des bas. […] Il y a toujours des ajustements à faire quand un joueur comme moi rejoint une équipe. Construire une cohésion prend du temps. »





Obligation de résultats

Pour récupérer Gobert cet été, les Timberwolves ont envoyé 5 joueurs et 4 premiers tours de draft au Jazz. Ce qui représente le plus gros transfert de leur histoire, et un des plus gros de tous les temps en NBA. Ce transfert a même élevé les standards demandés par les franchises NBA pour échanger leurs superstars. Les Timberwolves ont donc hypothéqué leur avenir au long terme pour s’attacher les services du Français. La priorité a été donnée au court terme, en espérant avoir des résultats dès cette année. Avec un quatuor de niveau all-star ou presque, ce devait être largement faisable.

Mais pour l’instant, tout ne se passe pas comme prévu. Les blessures des uns et des autres n’aident pas le processus. D’Angelo Russell, Anthony Edwards, Karl-Anthony Towns et Rudy Gobert n’ont pour l’instant joué que 19 matchs ensemble. Un total trop faible pour développer une cohésion sur le parquet. Chris Finch n’a pas eu le temps pour trouver la recette magique à son casse-tête.

De manière générale, cet effectif nécessite du temps pour fonctionner ensemble. Mais c’est un temps que la franchise n’a pas. Ne pas faire les playoffs cette saison serait inenvisageable. C’est pourtant vers quoi se dirigent ces Timberwolves pour l’instant, qui sont plus proches de la 12ème place que de la 10ème. Un redressement du navire est attendu le plus rapidement possible. Cela passera par un Rudy Gobert qui retrouve le niveau qu’il l’a élevé trois fois au rang d’All-Star.

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