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NBA 2021/2022

NBA Playoffs : L’utilisation offensive de Rudy Gobert en question au Jazz

Tom Compayrot

Publié le

Photo Icon Sport

NBA Playoffs – Après les deux premiers matchs du premier tour à l’Ouest, le Jazz d’Utah est à égalité avec les Dallas Mavericks. Mais la franchise de Salt Lake City s’en est sortie quasiment sans utiliser son pivot Rudy Gobert en attaque. Le Français n’a tiré que 6 fois sur ces deux matchs, ce qui a fait tiquer de nombreux observateurs.

Remporter un match à l’extérieur est en général très bon signe dans une série de playoffs. L’une des deux premières rencontres encore plus, puisque cela donne le ton et met directement en danger l’équipe adverse. Pourtant, dans le cas du Jazz, ceux-ci n’ont pas rassuré par leur victoire initiale. En majeure partie puisque Luka Doncic, le joueur autour de qui tout l’effectif des Mavericks est construit, était absent. Et qu’il a été lors du Match 2 et pourrait l’être sur les matchs suivants. Et même sans lui, le Jazz a dû batailler.

Un joueur a dû batailler plus que les autres : Rudy Gobert. Défensivement parlant, le triple Défenseur de l’Année a été au four et au moulin. Il a joué au pompier en compensant les nombreuses erreurs de ses coéquipiers. De quoi causer des gigantesques décalages dans la défense du Jazz, ce qui a en grande partie conduit à la défaite lors du Match 2. À l’inverse, il a été largement sous-utilisé de l’autre côté du terrain. Si cet effectif joue ensemble depuis des années, il est flagrant à quel point la connexion entre Gobert et ses extérieurs manque d’automatismes.

Des capacités offensives sous-utilisées

De facto, Rudy Gobert a fait des progrès dans la manière dont il se démarque en attaque. Sur les picks and rolls notamment (l’arme offensive préférée du Jazz), il arrive à bien rouler vers le panier et se créer des situations de tir facile. D’où son pourcentage au tir cette saison, qui est le meilleur de sa carrière (71.3%). Comme il l’a montré avec l’Équipe de France l’été dernier, il est aussi capable dos au panier et en situation d’isolation. Notamment face à des vis-à-vis plus petits.

Pourtant, le pivot de 2m16 reste largement sous-utilisé en attaque avec le Jazz. Beaucoup ont vu ces images où il lève les bras, attendant désespérément la balle sous le panier avec dans son dos un extérieur adverse. Sur les deux premiers matchs de ces playoffs, il n’a marqué que 5 et 8 points. La faute à une belle défense des Mavericks, mais aussi au manque de passes de ses coéquipiers. Ce alors que les intérieurs qui s’opposent à lui (Dwight Powell et Maxi Kleber) lui rendent une dizaine de centimètres.

Bien sûr, Gobert est loin d’avoir une large palette offensive. Il obtient principalement ses points par des dunks, des lay-ups ou des lancers francs, et manque encore de justesse et de précision près de l’arceau, comme on a pu le voir lors du Match 2 contre Dallas. Il n’est tout simplement pas un pivot à vocation offensive, mais fait des efforts pour progresser de ce côté du terrain. Et pour s’améliorer, il faut qu’il soit servi dans les meilleures conditions par ses coéquipiers. Ce qui n’est tout simplement pas le cas au Jazz.

La connexion avec Donovan Mitchell en question

À la fois sur le terrain et au niveau salarial, il est clair que Donovan Mitchell et Rudy Gobert sont les deux patrons de cette équipe. L’arrière star par son scoring (25.9 de moyenne cette saison), et le Français par sa défense et au rebond (14.7 rebonds et 2.1 contres). Et quand un arrière et un pivot sont aussi dominants, ils développent généralement une connexion privilégiée. Sans aller jusqu’à Shaquille O’Neal et Kobe Bryant, Devin Booker et DeAndre Ayton sont des exemples parlants récemment. Pourtant, ce n’est rien de tout ça qu’il se passe entre les deux joueurs du Jazz.

Alors qu’ils jouent ensemble depuis 2017, les deux se trouvent très peu sur le terrain. Cette saison, Gobert n’est que le sixième joueur à qui Mitchell fait le plus de passes, et le troisième en termes de passes décisives. En comparaison, Mike Conley, l’autre extérieur du Jazz, a délivré quasiment trois fois plus de passes et de passes décisives vers Gobert. La plupart du temps, Mitchell préfère prendre un shoot que faire la passe au pivot français, même quand celui-ci est démarqué ou face à un adversaire plus petit. Un côté individualiste qui est à double tranchant. Et cette connexion bancale n’est pas près de changer. Ce qui pourrait conduire (entre autres) à une séparation du duo cet été, si les résultats en playoffs sont décevants.


Journaliste/rédacteur depuis mars 2017 - Amoureux de la petite balle jaune et du gros ballon orange qui traîne sa carcasse sur Dicodusport depuis 2017. Rafael Nadal et LeBron James sont les meilleurs joueurs de l'histoire.

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