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Premier League : La malédiction des numéros 9 à Chelsea

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Premier League La malédiction des numéros 9 à Chelsea
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PREMIER LEAGUE – À peine arrivés et déjà partis. Romelu Lukaku et Timo Werner ont débarqué ces deux dernières années comme étant les nouveaux attaquants prometteurs de Chelsea. Pourtant, comme les autres, ils ont échoué. Retour sur cette malédiction des plus grands buteurs qui n’ont jamais réussi chez les Blues. 

La liste est longue, même extrêmement longue. Depuis le rachat du milliardaire russe Roman Abramovitch en 2003, le club de Chelsea a vu défiler de nombreux joueurs, et surtout des superstars. Avec 2 Ligues des Champions, 2 Europa League, 5 Premier League entre autres, le bilan du propriétaire russe aura été extrêmement réussi à la tête du club anglais qu’il a officiellement quitté cette année. Mais malgré ce succès et ce palmarès impressionnant, Chelsea a vu défiler de nombreux attaquants et plus précisément des buteurs de classe mondiale. Ce poste si ingrat qui doit permettre à l’équipe de finir les actions et de marquer des buts, est le plus populaire mais aussi le plus plébiscité. Pourtant, c’est peut-être celui qui porte le plus de poids sur ses épaules. Entre les doutes et les critiques, si un buteur n’arrive plus à marquer, il perd alors la confiance, et c’est souvent le plus difficile à retrouver.

Depuis 2003, le Chelsea Football Club a vu défiler plus d’une trentaine de buteurs purs. Si certains sont devenus des vraies légendes comme Didier Drogba, et d’autres ont marqué le club comme Diego Costa ou Olivier Giroud, pour le reste, leur bilan est plus contrasté. Entre ceux qui signent pour des sommes astronomiques mais qui ne restent qu’un an, et ceux qui ont du mal à être réguliers, ou encore ceux qui sont vite prêtés à d’autres clubs, le poste de numéro neuf est une vraie malédiction à Chelsea, encore plus pour ceux qui portent ce fameux numéro légendaire.

Les débuts du rachat et de la malédiction

Tout commence par le rachat en 2003, et le premier mercato de l’ère Abramovitch. Un mercato assez intelligent et réussi pour certains joueurs qui deviendront essentiels comme Claude Makélélé ou Joe Cole, mais d’autres arrachés à prix d’or vont vite déchanter. Hernan Crespo (26M€) et Adrian Mutu (19M€) ont débarqué à Londres pour devenir le nouveau duo de buteurs des Blues. Si le premier restera tout de même cinq ans du côté de Londres, il connaîtra de nombreux prêts à l’AC et l’Inter Milan et ne marquera au final que 25 buts en 72 matchs pour Chelsea. En comparaison, lors de son passage à la Lazio, il avait inscrit 48 buts en autant de matchs. Pour Mutu ce fut même plus rapide, 38 matchs, 10 buts et puis s’en va pour un retour en Italie.

Attaquant qui aura marqué l’esprit des Parisiens mais peut-être pas dans le bon sens, Mateja Kezman fait partie de cette ribambelle de joueurs qui auront connu Stamford Bridge. Acheté 7,5 millions d’euros au PSV Eindhoven, le Serbe disputera tout de même 41 matchs. En étant principalement remplaçant, il inscrira sept buts, mais disputera tout de même la demi-finale de Ligue des champions face à Liverpool. Il filera ensuite à l’Atlético Madrid.

L’un des plus gros échecs

Superstar, Ballon d’Or et attaquant de légende, Andriy Shevchenko débarque à Chelsea pour 43M€. Lui qui aura tout soulevé à l’AC Milan, vient apporter une culture de la gagne et une expérience pour la Ligue des Champions. Alors dans la force de l’âge, l’Ukrainien arrive avec des grands espoirs pour les fans des Blues. Tout de suite titularisé par José Mourinho, il inscrit son premier but lors de la deuxième journée face à Middlesbrough, mais tarde à confirmer. Il ne marquera son deuxième et troisième but qu’à la neuvième et douzième journée. Au final, il inscrira seulement 4 buts en 30 matchs de Premier League. Du côté de la Ligue des champions, il marquera 3 buts, dont un ultra important en quart de finale retour face à Valence, mais échouera en demi-finale face à Liverpool. Sa deuxième saison sera plus contrastée, avec le départ de Mourinho, Sheva n’est plus titulaire et ne dispute que 25 matchs, pour seulement 8 buts. Il retourne l’année suivante au Milan, avant de rentrer au pays terminer sa carrière.

Attaquant oublié qui aura fait un passage express, véritable légende de la Bundesliga, Claudio Pizzaro est lui aussi passé par le club du sud de Londres. Arrivé libre, il inscrira seulement deux buts en 32 matchs, avant de repartir en prêt du côté du Werder Brême.

Arrivé à 20 ans en provenance de l’académie de Manchester City, l’un des attaquants emblématiques de Liverpool au début des années 2010 était à Chelsea avant, un certain Daniel Sturridge. Celui qui s’est récemment exilé en Australie aura joué quand même quatre saisons à Chelsea. Il inscrira au total 24 buts en 94 matchs, et sera titulaire seulement les deux dernières années, avant de filer du côté d’Anfield.

De la réussite mais des regrets

En parlant d’Anfield, voilà une des légendes des Reds qui a fait le chemin inverse. Véritable icône durant ses quatre années à Liverpool, Fernando Torres débarque à Chelsea pour 58M€ avec une sacrée réputation, 80 buts en 141 matchs chez les Reds. Pourtant, l’histoire ne sera pas aussi belle du côté de Londres. Arrivé à la mi-saison en janvier 2011, il met une dizaine de matchs avant d’inscrire son premier et unique but de cette année avec Chelsea. Sa deuxième saison est toujours autant compliquée en championnat avec seulement six buts et sept passes décisives, c’est trop peu pour un attaquant de son calibre.

En Ligue des champions malgré six titularisations et seulement deux buts lors des phases de groupes, l’Espagnol dispute une demi-finale face au FC Barcelone. Sur le banc à l’aller quand son équipe gagne 1-0, il rentre en jeu lors du match retour alors que son équipe est menée 2-1 à l’extérieur. Avec seulement 10 minutes dans les jambes, et littéralement dominé par le Barça qui tente par tous les moyens de marquer et de se qualifier, Fernando Torres profite d’un long dégagement de sa défense à la 90eme minute pour récupérer le ballon et aller crucifier Victor Valdes pour donner la victoire et la qualification pour la finale de Ligue des champions. Une finale qu’il remportera finalement aux tirs au but face aux Bayern Munich. Plus décisif l’année suivante où il remportera l’Europa League et inscrira un but en finale, il rentre finalement à l’Atlético en 2014. Son passage à Chelsea restera marquant avec au final 45 buts en 171 matchs, même s’il aura laissé quelques regrets.

Les autres

Des attaquants aux noms moins ronflants ont aussi porté le maillot des Blues. Par exemple, Loïc Rémy, Demba Ba, ou encore Michy Batshuayi vont connaître des fortunes diverses du côté de Stamford Bridge. Pour le Français acheté 13M€ à QPR, il ne disputera que 2 saisons et inscrira 12 buts. Le Sénégalais, héros du quart de finale face au PSG, n’aura joué qu’une cinquantaine de matchs pour 14 buts marqués. Enfin Michy Batshuayi, arrivé en provenance de Marseille pour 40 millions d’euros, aura connu pas moins de quatre prêts dont trois successifs en l’espace de 2 ans. Toujours au club, il n’a disputé que 77 matchs depuis 2016 et inscrit que 25 buts.

Les plus grands s’y cognent les dents

Des joueurs iconiques et qui ont performé dans certains clubs sont aussi passés par Chelsea durant un très court laps de temps. C’est le cas par exemple de Radamel Falcao. Le célèbre attaquant colombien qui tente de se relancer après sa terrible blessure à Monaco, est prêté successivement à Manchester United et Chelsea durant une saison à chaque fois. Blessé à l’aine durant la majeure partie de la saison, il ne disputera que 12 matchs et inscrira seulement un but. La situation fut encore pire pour Alexandre Pato. La légende de l’AC Milan qui était alors de retour au pays du côté des Corinthians, va être prêtée à Chelsea six mois. En manque d’entraînement et de forme, il ne disputera au final que 2 matchs chez les Blues et inscrira même un but face à Aston Villa.

La situation fut quasi similaire pour Gonzalo Higuain. Alors indésirable à la Juventus, le natif de Brest va évoluer six mois à Chelsea début 2019. En 15 matchs de championnat, l’Argentin aura inscrit cinq buts mais uniquement contre des équipes du bas de tableau. S’il aura participé à des rencontres spectaculaires lors de ses débuts (défaite 4-0 à Bournemouth, victoire 5-0 contre Huddersfield avec un doublé, et défaite 6-0 contre Manchester City), le numéro neuf des Blues n’aura pas marqué les esprits des supporters.

Des cas incompréhensibles

Enfin, il y a des histoires en plusieurs parties. Celle d’Alvaro Morata est une véritable énigme. Arrivé en provenance du Real Madrid pour 66 millions d’euros, l’Espagnol ne découvrira la Premier League que durant un an et demi, avant de repartir pour l’Atlético Madrid, un de ses clubs formateurs. Titulaire en championnat, il inscrit tout de même 11 buts lors de la première saison et délivre six passes décisives. La deuxième saison est beaucoup moins bonne, peu efficace avec 5 buts inscrits en PL, l’Espagnol s’en va en janvier, et part avec au final 24 buts en 72 rencontres disputées chez les Blues.

L’autre cas mystère est celui de Romelu Lukaku. Arraché 15 millions à Anderlecht alors qu’il n’a que 18 ans, le Belge débarque en Angleterre en 2011, et joue 8 matchs avec les pros. Il part ensuite en prêt du côté de West Bromwich Albion et Everton où il impressionne, au point d’être finalement acheté par les Toffees. Il connaîtra ensuite Manchester United avant de filer à l’Inter Milan où il sera impressionnant, au point de terminer meilleur joueur du championnat et de ramener le premier titre au club depuis 11 ans. Il est alors racheté par le club anglais pour la somme astronomique de 113 millions d’euros. Devenant le transfert le plus cher de l’histoire du club, il est alors l’heure pour lui de prouver à ses dirigeants qu’ils ont eu tort de le laisser partir lors de son début de carrière.

C’est d’ailleurs ce qu’il va faire dès le début avec un premier match fracassant, contre Arsenal dans le derby, où il va inscrire un but et martyriser la défense des Gunners. Il confirmera après lors d’un doublé face à Aston Villa. Mais une foulure à la cheville va lui faire louper quatre matchs, et sa saison sera totalement perturbée par cet arrêt. Plus décisif, il ne terminera la saison qu’à 15 buts en 43 rencontres, et a même créé un conflit avec les supporters. En déclarant avant la fin de saison qu’il aimait toujours l’Inter, le Belge a dû par la suite faire un message sur les réseaux sociaux pour s’excuser envers les supporters et le club. Au final, malgré tout ce mea-culpa, il quitte Stamford Bridge cet été et retrouve l’Inter Milan pour un prêt payant de 8 millions d’Euros.

Le dernier d’une ère ?

Le dernier cas est celui qui vient tout juste de quitter Chelsea après deux saisons compliquées, un certain Timo Werner. Formé à Stuttgart avec Serge Gnabry et Joshua Kimmich, l’Allemand explose aux yeux de l’Europe avec Leipzig qui cède son joueur pour 53M€ en 2020. Décisif lors des premières journées, il va ensuite connaître une longue période sans marquer, ou pendant près de 17 matchs en championnat il sera muet. Moqué par son manque de finition et d’altruisme devant le but, l’Allemand termine la saison avec seulement 6 buts en championnat. C’est lors de la Ligue des champions remportée par Chelsea qu’il se révélera être décisif. Buteur de la demi-finale retour face au Real Madrid, à l’image d’un Fernando Torres, il qualifie les siens pour la finale.

Sa deuxième saison n’est pas meilleure. S’il marque encore contre le Real Madrid en quart de finale de Ligue des champions, cette fois-ci ses Blues sont éliminés. En championnat il n’est titulaire que quinze fois, et rate huit matchs à cause des blessures. Au final avec 23 buts et 21 passes décisives en 89 matchs, Timo Werner n’affiche qu’une moyenne de 0,25 but par match. Il est loin de ses standards affichés à Leipzig où il tournait à 0,57 but par match. Dernière victime en date de cette malédiction, comme de nombreux autres, il préfère retourner d’où il vient, pour retrouver son niveau d’antan.

Cet été, Thomas Tuchel a décidé de ne pas recruter de numéro neuf pour combler le départ de ses deux buteurs. Enfin, pour le moment car dans le foot tout va très vite, mais il préfère actuellement faire confiance à Kai Havertz en tant que faux neuf. Si cette malédiction a touché tout le monde, même les plus grands, espérons pour les fans des Blues qu’avec la fin de l’ère Abramovitch, ça soit fini, et qu’enfin le futur grand attaquant de Chelsea performe du côté de Londres. D’ailleurs pour le moment, le numéro neuf n’est toujours pas attribué à un joueur dans les rangs de Stamford Bridge, peut-être le symbole d’un changement.

Les gens me disent qu’il (le numéro 9) est maudit et personne n’en veut. Tous ceux qui sont ici depuis plus longtemps que moi me disent: « Ah, vous savez, untel avait le neuf et il n’a pas marqué et tel autre avait le neuf aussi et n’a pas marqué non plus. » Moi aussi, je suis superstitieux, je peux comprendre les joueurs qui n’en veulent pas et ont d’autres préférences. A déclaré le coach allemand il y a quelques jours en conférence de presse à propos de ce fameux numéro.

Fan absolu de foot et d'un certain club à l'étoile en bleu et blanc. Amateur de beau jeu et d'Argentins au pied gauche magique. Passionné de sport US (NBA, NFL, MLS) et loyal à la Damian Lillard. Je suis là pour vous apporter tout ce que le sport peut nous donner.

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