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Biathlon

Quentin Fillon Maillet, éclaircie olympique ou retour au top durable ?

Etienne Goursaud

Publié le

Quentin Fillon Maillet, éclaircie olympique ou possibilité de retour au top
Photo Icon Sport

BIATHLON JO 2026 – Quadruple médaillé aux JO de Milan-Cortina, Quentin Fillon Maillet peut-il retrouver durablement le chemin des sommets en biathlon ?

Un nouveau sommet en Italie

Trois médailles d’or et une en bronze, dont une médaille d’or sur le sprint et le bronze sur la mass start. Quentin Fillon Maillet ressort de ces Jeux Olympiques avec une très belle moisson. Il en profite pour devenir le sportif français le plus médaillé de l’histoire des Jeux Olympiques, avec neuf médailles. À 33 ans (il en aura 34 le 16 août prochain), « QFM » a su arriver en forme au bon moment pour être l’un des biathlètes marquants de ces Jeux.

Une vraie résurrection, après quatre saisons plus compliquées. Après les JO de Pékin en 2022, on avait quitté Quentin Fillon Maillet au sommet de son art : triple médaillé individuel (dont les titres sur l’individuel et la poursuite), avant de remporter le gros globe du classement général de la Coupe du monde à la fin de la saison.

Les saisons suivantes ont été plus délicates : 8e du classement général en 2022-2023, 16e en 2023-2024, 5e en 2024-2025 et encore 5e cette saison. Il n’a jamais pu se mêler durablement à la lutte pour le podium final. Néanmoins, même au cœur de saisons plus compliquées, il a décroché la médaille de bronze sur la mass start des Mondiaux 2024, puis deux nouvelles médailles de bronze (individuel et sprint) aux Mondiaux 2025.

Quentin Fillon Maillet au top sur les skis à Antholz-Anterselva

Auparavant homme de régularité, Quentin Fillon Maillet est devenu un homme de grands rendez-vous. Mais, pour l’heure, il n’est pas capable de briller avec constance de novembre à mars. La question est donc de savoir si cela peut évoluer.

Première indication : on a retrouvé du très grand QFM sur les skis lors des JO. S’il a sans doute su programmer un pic de forme pour février, c’est un signal fort. Il signe le meilleur temps à ski sur l’individuel (seuls six hommes sont à moins d’une minute). Sur la mass start, il a également écrasé la concurrence à ski, repoussant Sturla Laegreid à 36 secondes sur un effort d’un peu plus d’une demi-heure. Il possède aussi le 2e temps sur le sprint, à 5,3 secondes de Johannes Dale-Skjevdal. Plus prudent sur les relais (3e temps sur le relais hommes, 6e sur le relais mixte), il a néanmoins affiché une condition physique impressionnante.



C’était déjà le cas en 2025, lors des Mondiaux de Lenzerheide, mais dans une moindre mesure : 2e temps à ski sur l’individuel, à deux secondes d’Éric Perrot, puis 6e temps sur le sprint, course où il avait décroché le bronze. On mettra de côté la mass start, marquée par six fautes. Les chiffres parlent : il a été encore plus fort en 2026 qu’en 2025 à ski lors d’un grand championnat.



Le défi de la régularité et du tir

Pour que Quentin Fillon Maillet redevienne un candidat crédible au gros globe, le défi est désormais celui de la régularité. Une équation qu’il n’a pas encore résolue cette saison. Capable, à l’ouverture de la Coupe du monde, d’être 3e du sprint et de remporter la poursuite à Östersund, avant d’enchaîner la semaine suivante avec une 10e place sur le sprint et une 11e sur la poursuite.

En difficulté au Grand-Bornand (20e, 14e et 26e des courses individuelles), il a alterné le moyen et le franchement insuffisant jusqu’aux JO. Il ne pourra pas compter toute une saison sur un niveau de ski aussi élevé. Les clés se trouvent sans doute au tir.

Du mieux, mais toujours loin de 2021-2022

Si le tir lui a permis d’aller chercher le titre sur la poursuite, il n’a pas été irréprochable sur l’ensemble de la quinzaine. En Italie, il tire à 16/20 sur l’individuel, 15/20 sur la poursuite et 16/20 sur la mass start. Sur cette dernière, c’est son niveau stratosphérique à ski qui l’amène sur le podium. Dans une configuration plus classique, un 16/20 ne pardonne pas toujours. Un Quentin Fillon Maillet moyen est ainsi 26e au Grand-Bornand avec un 15/20.

Les statistiques au tir de QFM en 2021-2022

Les statistiques au tir de QFM en 2021-2022

Le tir reste donc un chantier. S’il a légèrement progressé au couché par rapport à la saison précédente (79 % contre 81 % selon les données de l’IBU), il marque le pas au debout (87 % l’an passé, 85 % aux JO). Sur les courses individuelles des JO, c’est même le tir debout qui a le plus posé problème : 30/35 au couché (85,7 %) et 27/35 au debout (77,1 %). On est loin de ses 86,6 % au couché et 90,5 % au debout lors de la saison 2021-2022. Pour retrouver la régularité et viser à nouveau le gros globe, il devra se rapprocher de ces standards.

Quentin Fillon Maillet, décidé à continuer

Le principal intéressé a repoussé l’idée d’une retraite imminente. Question légitime avant ces JO, au regard des saisons difficiles et de l’âge. Il se voit même continuer jusqu’aux Alpes 2030. Le retour plus que probable de Siegfried Mazet, entraîneur français du tir passé par la Norvège depuis 2016, n’y est peut-être pas étranger.

Si les difficultés au tir persistent, la solution pourrait venir du technicien français. Auquel cas, il faudra compter sur Quentin Fillon Maillet pour jouer les premiers rôles tout au long d’une saison.

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