Racing 92 : Owen Farrell, une arrivée sur la pointe des pieds
TOP 14 – En s’engageant avec le Racing 92, l’ouvreur international anglais de 32 ans, Owen Farrell, s’imaginait sans doute des débuts plus avantageux en Top 14. Car après trois journées et trois titularisations, le premier bilan est négatif. Une adaptation difficile pour l’ancien joueur des Saracens, qui comptabilise deux défaites pour une victoire sous ses nouvelles couleurs, tout en réalisant des performances plutôt neutres.
Owen Farrell, la nouvelle attraction du Top 14
La crise financière majeure que traverse actuellement le rugby anglais a engendré un exil de masse de ses joueurs vers l’autre côté de la Manche. Pour cette nouvelle saison de Top 14 édition 2024/2025, 12 clubs possèdent dans leur effectif un joueur anglais ou provenant du championnat de Premiership. Et parmi cette vague de nouveaux arrivants britanniques, un transfert a particulièrement agité la toile. Celui d’Owen Farrell, le capitaine du XV de la Rose et meilleur marqueur de sa sélection (1237 points inscrits) vers le Racing 92.
La présence de journalistes anglais au stade Pierre-Fabre de Castres pour accompagner les premiers pas de leur joueur phare en Top 14 témoigna rapidement de l’engouement que suscite l’arrivée d’Owen Farrell sur le sol français. Mais les débuts sont loin d’être idylliques pour l’ouvreur anglais, qui n’a pas pu peser sur les rencontres.
Le Racing 92 officialise la signature d’Owen FARRELL au sein de son équipe professionnelle masculine.
le communiqué de presse : https://t.co/3Ap6hAXadr pic.twitter.com/UJXsarhk1R
— Racing 92 (@racing92) January 22, 2024
De la maladresse face aux perches
Le premier point noir à mettre à son actif est son pourcentage de réussite face aux perches. Buteur d’expérience, Owen Farrell a laissé des points en route face à Castres en manquant deux pénalités dans ses cordes (4/6, 8 points) lors de la première journée. Des loupés lourds de conséquences si l’on se remémore l’issue de la rencontre et l’essai victorieux de Christian Ambadiang sur la sirène.
Si la victoire n’a ensuite pas échappé au sien face à l’ASM Clermont le week-end suivant, le numéro 10 anglais s’est une nouvelle fois montré peu adroit dans l’exercice des tirs au but (3/6, 50% de réussite). Des échecs qui relèveraient un peu de nervosité ? Difficile à imaginer toutefois au vu de sa riche carrière internationale.
Une influence très limitée sur le jeu de son équipe
Au poste de demi d’ouverture, Owen Farrell est le dépositaire du jeu des Ciels et Blancs. Et force est de constater que l’animation offensive des Franciliens reste très limitée en ce début de saison. L’Anglais s’est contenté de distribuer sans créer de véritables brèches autour de lui. Pour sa défense, jouer le chef d’orchestre derrière un paquet d’avant qui recule n’est jamais évident.
Mais la ligne arrière du Racing 92 ne manque pourtant pas de talent, bien au contraire. Et au vu du nombre de joueurs anglais autour de lui, la barrière de la langue peut difficilement être mise en avant (Henry Arundell, Sam James et Dan Lancaster). Face à Bordeaux, toute son équipe a plongé et Owen Farrell s’est montré impuissant. Les mains sur les hanches et le regard dans le vide, son duel face à Matthieu Jalibert a largement tourné en faveur du Français.
Owen Farrell, un joueur ciblé ?
Incarner le visage de la principale équipe rivale du XV de France n’est pas la meilleure façon de s’intégrer dans notre championnat domestique. En posant ses valises dans les Hauts-de-Seine, le buteur anglais a accroché son portrait tout en haut des nouvelles têtes à abattre. Tous les gros plaqueurs du Top 14 ne manqueront pas de faire siffler les côtes de la star internationale, quitte à laisser leur carte de visite un peu en retard.
- À ce sujet – Classement Top 14 2024-2025
Mais Owen Farrell en a vu d’autres et reste un solide combattant prêt à prendre des coups et à se faire chambrer. Glisser au centre, dans une zone moins dense et moins pourvue en défenseur, limiterait le nombre d’impacts subis.
✍️ Et vous, vous en pensez quoi des débuts de Owen Farrell avec le Racing 92 ? 🤔https://t.co/Ie5PFlA2hy
— RugbyPass FR 🇫🇷 (@RugbyPass_FR) September 23, 2024
Du positif tout de même
Pour terminer le tableau des mauvais points, on ajoutera un carton jaune reçu face à Clermont, laissant le Racing en infériorité numérique pendant 10 minutes. Cependant, l’autre partie du tableau n’est pas vierge pour autant. Owen Farrell a démontré la précision et la longueur de son jeu au pied sur pénaltouche et dans le jeu courant. Un atout indéniable dans la bataille tactique de gagne terrain.
Treiziste de formation, l’ouvreur anglais est réputé pour bien défendre, bien que souvent très limite sur la hauteur du plaquage. Ce secteur n’est en tout cas pas pointé du doigt, car cet Anglais sait recevoir. Et même si l’Union Bordeaux Bègles s’est régalé face au Racing, la zone faible n’était pas autour du premier défenseur.
Nul doute, l’expérience et la large palette de qualités (ça fait mal de le reconnaître) du capitaine du XV de la Rose vont finir par se faire ressentir sur les pelouses du Top 14. Laisser le but à Nolann Le Garrec ou glisser le meilleur réalisateur anglais au centre, sont, selon nous, des pistes à exploiter par le staff du Racing 92 afin de libérer leur nouvelle recrue et ainsi lui permettre d’exploiter au mieux ses capacités.
Pour se (re)lancer totalement, le Stade Rochelais de Ronan O’Gara, un autre demi d’ouverture de classe internationale, se présente ce week-end pour le compte de la 4e journée. La performance d‘Owen Farrell sera une nouvelle fois scrutée de près.


