Rétro Cyclisme : la saison 2020 en 4 dates clés
27 septembre : l’arc-en-ciel de Julian Alaphilippe
On ne peut pas dire que c’était avec une immense confiance qu’on voyait se profiler les Mondiaux. Prévus à Aigle et Martigny en Suisse, il avait déjà fallu trouver un terrain de substitution. L’UCI s’était rabattu sur Imola et le clan français faisait la moue. Pas tant parce qu’on avait rejeté la candidature de la Planche des Belles-Filles. Surtout parce que les cartes étaient rebattues. Sur le circuit suisse, on pouvait nommer 3 ou 4 leaders français en position de s’imposer. A Imola, il n’en restait qu’1 ou 2.
Parmi ceux-là, l’inévitable Julian Alaphilippe. Même si l’Auvergnat montait en puissance, on pouvait être frustré de ses performances comparées en N-1. Dans le Tour de France, on avait mesuré l’écart qui séparait à la fois sa forme relative et comparée. Il est vrai qu’en 2019, le niveau de l’adversité à laquelle il avait dû faire face était inférieur. Et la pancarte n’était pas si grosse.
Mais Julian Alaphilippe n’avait pas fait mystère de ses ambitions. Pour 2020, son objectif principal sont les Mondiaux. Qu’ils aient lieu en Suisse ou en Italie. Mieux encore, le Français annonce où et quand il va attaquer. Bluff ou confiance démesurée ? Le début de course est idéal et le travail d’équipe est parfait. Première bastos de Quentin Pacher, Nans Peters reprend en chœur. On y voit plus clair. Tadej Pogacar continue de clairsemer un groupe qui désormais ne contient que des costauds. Que Carapaz, Nibali, Landa ou Valverde attaquent, et Guillaume Martin saute dans leur roue. À 15 bornes et au pied de la Cima Gallisterna, Madouas et Molard replacent Alaphilippe.
Au moment dit, dans la bosse dite, Julian Alaphilippe place une attaque au punch stratosphérique dont lui seul a le secret. Il cloue sur place van Aert, Kwiatkowski, Fuglsang, Hirschi et Roglic. Julian Alaphilippe est seul au monde et résiste pendant 12 kilomètres. Drappé de bleu de blanc et de rouge sur la ligne d’arrivée, il gagne le droit de porter l’arc-en-ciel pour un an.
Finalement, Julian Alaphilippe a dit ce qu’il allait faire et fait ce qu’il avait dit. Dans une année à tout le moins particulière, le Français qu’on croyait un temps distancé par la concurrence a coché plusieurs des cases qu’il avait sélectionnées. Après avoir failli faire le doublé sur Milan San-Remo, il a remporté l’étape du Tour qu’il avait dans le viseur. Et il aurait porté le maillot jaune plus longtemps si une erreur de la Deceuninck ne l’en avait pas empêché. Avec ce titre mondial, Julian Alaphilippe s’impose bien comme le meilleur cycliste français et confirme sa place dans la hiérarchie mondiale. Plus encore, il prend une place de choix dans l’histoire du cyclisme hexagonal et mondial.

