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Coupe du monde de biathlon

Simon Fourcade : « Les Français sont dans de bonnes dispositions pour pouvoir performer à Östersund »

Killian Tanguy

Publié le

Simon Fourcade « Les Français sont dans de bonnes dispositions pour pouvoir performer à Östersund »
Photo Icon Sport

COUPE DU MONDE DE BIATHLON 2023-2024 – À quelques jours du début de la saison de Coupe du monde, Simon Fourcade, nouvel entraîneur de l’équipe de France masculine, revient sur son adaptation à sa nouvelle fonction, les objectifs de la saison et la polémique sur les nouveaux farts sans fluor.

Comment s’est passée la prise en main de l’équipe de France masculine de biathlon ?

Elle s’est plutôt bien passée. C’est vrai que la transition ne s’est pas forcément faite en douceur, et ça a été une surprise pour tout le monde. Moi le premier. Quand j’ai été sollicité, il y a quand même eu un temps de réflexion, même s’il n’a pas été très long. Ça s’est fait de manière posée et réfléchie, afin que je sois conscient des choses et que je puisse avancer et partir sur de bonnes bases. Je connaissais l’ensemble des athlètes, pour avoir été anciennement coéquipier avec eux, ou pour les plus jeunes, de les avoir déjà eus par le passé (il était entraîneur des juniors avant). Donc ça s’est passé d’une manière naturelle et assez simple.

Là où j’ai eu le plus besoin de prendre mes marques, ça a été d’apprendre à co-construire et à mener les projets avec un staff plus étoffé. Avec les juniors, on a l’habitude de s’occuper de tout, que ce soit les entraînements, la préparation physique, la logistique, les réservations, les transports… On prend un petit peu tout en charge. La nouvelle politique avec le staff, qui s’est décidée et dessinée à la suite des événements de la fin de saison passée, est de réattribuer des rôles à chacun, de manière à ce que tout le monde soit un petit peu plus dans son rôle. Je suis un jeune entraîneur, et j’honore avec fierté les fonctions qui m’ont été données cette année, mais on va dire que je n’ai pas eu d’étapes de transition entre mes fonctions sur le poste des juniors et le circuit Coupe du monde, ce qui est, quand même, une grande marche. Il a fallu que je prenne certaines marques sur deux ou trois stages avant que les choses entrent dans l’ordre et soient mises en place de la meilleure des manières.

Vous avez récemment effectué un stage à Bessans avec l’équipe de France. Quel est état de forme du groupe ?

Pour avoir eu les retours de leurs dernières séances avant de s’envoler à Östersund (Suède, lieu de la première manche de Coupe du monde), ils étaient plutôt positifs de la part de l’ensemble du groupe. Donc oui, je pense qu’ils sont dans de bonnes dispositions pour pouvoir performer à Östersund, même s’il y aura peut-être une petite montée en pression au fur et à mesure. En tout cas, c’est l’objectif fixé avec l’étape de Lenzerheide (14-17 décembre) qui se situe au moment de l’étape du Grand-Bornand. J’espère et je souhaite une montée en puissance jusqu’à cette étape plutôt qu’attaquer sur les chapeaux de roue et que ça se détériore au fur et à mesure de l’avancement des courses. Actuellement, on est vraiment sur l’affûtage final et il s’agit plus d’un état de confiance et de sérénité à leur apporter sur les derniers hectomètres avant de s’élancer sur les relais de samedi et l’individuel le dimanche.

Quels sont les objectifs de la saison ?

Les objectifs sont assez définis pour chacun. Ils savent tous ce qu’ils vont faire, à part pour les plus jeunes, peut-être, qui n’ont pas forcément le vécu nécessaire et qu’il faudra un petit peu plus orienter et surveiller pour adapter au mieux les sollicitations des courses ainsi que les contraintes physiques pour qu’ils puissent avoir un état de forme optimal sur l’ensemble de la saison. Pour les autres, je pense qu’il n’y a même pas besoin de les définir pour eux. On a trois cadres en mesure de venir jouer le podium, si ce n’est la gagne, tous les week-ends, avec Émilien Jacquelin, Quentin Fillon Maillet et Fabien Claude.

On a aussi des athlètes d’expérience avec Antonin Guigonnat qui peuvent se permettre de venir jouer aux avant-postes également, avec un statut d’outsider capable venir jouer les trouble-fêtes. Éric Perrot est sur une pente ascendante et continue sa progression à vitesse grand V. Il a encore besoin d’un petit peu de temps pour acquérir les bases nécessaires pour se hisser tout en haut de la feuille de résultats de manière très régulière, mais il a toutes les qualités pour y arriver. Et puis derrière, ça pousse aussi avec quelqu’un comme Émilien Claude qui a fait des progrès énormes cette saison avec des magnifiques épreuves estivales, et des courses de sélection qu’il a menées à bien.





Et les championnats du monde (7 au 18 février à Nové Město, République Tchèque) ?

En fonction du début de saison et des performances de chacun, on ajustera peut-être les priorités en ce sens après le mois de décembre pour pouvoir arriver de manière optimale aux championnats du monde. C’est-à-dire que s’il y a des garçons qui ne sont pas forcément en mesure de jouer le classement général à la fin décembre, sans doute qu’il y aura des priorités à donner sur ces championnats de Nové Město et on peaufinera alors l’avancement de la programmation à partir de début janvier avec, pourquoi pas, des impasses et des mises en retrait pour aller effectuer des stages d’entraînement plutôt que de courir. Ce seront des choses à mettre en place, mais dans un second temps. Pour l’instant, tout le monde est focalisé sur le début de saison et on verra ce qui se passe au cas par cas, en temps voulu.

Est-ce que l’interdiction du fluor vous inquiète sur les différences de niveau à ski à venir, notamment avec les Norvégiens ?

Non, ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète particulièrement. Par contre, c’est sûr que c’est une inconnue dans l’équation. On a déjà beaucoup d’inconnues : la forme des athlètes sur ce début de saison, comment vont-ils se situer par rapport aux autres athlètes, etc. Donc ça fait une incertitude de plus, qui n’est pas des moindres. Maintenant, je fais totalement confiance au staff technique qui a vraiment travaillé d’arrache-pied ces dernières semaines sur les pistes de Davos (Suisse) en étroite collaboration avec les staffs techniques du ski de fond et du combiné nordique pour croiser les données et avoir la possibilité de faire un nombre de tests plus importants pour avancer sur cette inconnue. Selon moi, on a réellement fait le maximum pour répondre présent.

C’est vrai que sur les courses de Sjusjoen (Norvège), il y a eu des différences assez notables, mais ce que l’on a aussi vu, c’est que le week-end dernier, sur les courses sur Beitostolen (Norvège) en ski de fond, Hugo Lapalus et Delphine Claudel sont allés chercher une deuxième place. Même si les skis, n’étaient pas préparés par les membres du staff équipe de France, mais par les marques sur place directement, selon moi, on a toutes les clés en main pour venir rivaliser avec les autres nations. En revanche, ce qui est sûr et certain, c’est que le range, c’est-à-dire la fourchette de température et de condition dans laquelle les nouveaux farts fonctionnent, est bien plus étroite que les farts fluorés, donc on aura beaucoup moins le droit à l’erreur que précédemment.

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