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Cyclisme sur route

Tadej Pogacar en 2025 ou Demi Vollering en 2026 : qui a réalisé la meilleure saison en cyclisme ?

Etienne Goursaud

Publié le

Tadej Pogacar en 2026 ou Demi Vollering en 2026 qui a réalisé la meilleure saison en cyclisme
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE – Qui de Tadej Pogacar en 2025 ou de Demi Vollering en 2026 a réalisé la saison la plus impressionnante ? Entre un taux de réussite exceptionnel pour la Néerlandaise et une domination historique sur les plus grandes courses pour le Slovène, difficile de les départager. On a tenté l’exercice.

La comparaison a forcément quelque chose de provocateur. Mettre face à face Tadej Pogacar et Demi Vollering, deux coureurs qui n’évoluent pas dans les mêmes pelotons et ne disputent pas exactement les mêmes épreuves, n’a rien d’une science exacte. Mais leurs saisons respectives, en 2025 pour le Slovène et en 2026 pour la Néerlandaise, méritent qu’on s’y attarde. Tous deux ont accumulé les victoires à un rythme impressionnant, avec cette capacité à peser sur presque toutes les courses auxquelles ils ont participé. Alors, qui a réalisé la plus grande saison ?

Les victoires : Demi Vollering affiche un meilleur ratio qu’Eddy Merckx

Premier constat, les deux champions ont très peu couru au regard de leur nombre de succès. En 2025, Tadej Pogacar a remporté 20 victoires en seulement 50 jours de course, soit un taux de réussite de 40 %. Demi Vollering fait encore mieux en 2026, avec 16 victoires en 32 jours de course. Autrement dit, la Néerlandaise a gagné une fois sur deux lorsqu’elle a pris le départ d’une épreuve.

Un chiffre assez fou, même en comptabilisant les victoires au classement général du Tour de la Communauté de Valence, du Tour d’Italie et du Tour de France. Difficile de trouver beaucoup d’équivalents dans l’histoire du cyclisme.

Même les plus grandes références du cyclisme féminin restent derrière. En 2012, Marianne Vos avait signé 19 victoires en 43 jours de course, soit un peu plus de 44 %. Dix ans plus tard, Annemiek van Vleuten avait remporté 13 succès en 40 jours, lors de sa fameuse saison marquée par le triplé Giro-Tour-Vuelta. Et si l’on remonte encore plus loin, Eddy Merckx lui-même affichait un ratio inférieur en 1971, malgré ses 54 victoires en 120 jours de course, soit 45 %.

Il faut toutefois rappeler que Pogacar était parti sur des bases similaires en 2026. Avant sa chute sur le Tour d’Espagne, il comptait déjà 22 victoires en 45 jours de course. Avec treize journées encore prévues à son calendrier, entre la Vuelta, les Championnats du monde, les Championnats d’Europe et le Tour de Lombardie, dépasser les 30 succès n’avait rien d’irréaliste. Mais pour comparer deux saisons achevées, l’avantage statistique revient bien à Vollering.





Le prestige : Tadej Pogacar et son incroyable série sur les Monuments

C’est sans doute sur ce critère que Tadej Pogacar fait la différence. En 2025, le Slovène a réussi quelque chose que personne n’avait accompli avant lui : terminer sur le podium des cinq Monuments du calendrier. Vainqueur du Tour des Flandres, de Liège-Bastogne-Liège et du Tour de Lombardie, il a également pris la troisième place de Milan-San Remo et la deuxième de Paris-Roubaix. Même Eddy Merckx n’avait jamais réalisé une telle série au cours d’une même saison.

À cela s’ajoutent les titres de champion du monde et de champion d’Europe, remportés avec sa manière habituelle : en attaquant de loin et en obligeant ses adversaires à courir derrière lui. Sans oublier, évidemment, un nouveau sacre sur le Tour de France.

Demi Vollering n’a pourtant pas grand-chose à envier au Slovène en matière de grandes victoires. Son doublé Giro-Tour constitue même un argument de poids, là où Pogacar n’a disputé et remporté que le Tour de France. La Néerlandaise a également brillé sur les classiques et lors des grands championnats.

Mais les calendriers masculin et féminin ne sont pas parfaitement comparables. Le Tour de Lombardie n’a pas d’équivalent féminin, et Vollering n’a pas participé à Milan-San Remo ni à Paris-Roubaix. Impossible, donc, de lui reprocher de ne pas avoir réalisé le même exploit que Pogacar sur les Monuments.

Reste que le Slovène a construit la quasi-totalité de sa saison 2025 sur des épreuves WorldTour. Seule sa victoire sur les Tre Valli Varesine échappe à cette catégorie. Il a notamment remporté l’UAE Tour et le Critérium du Dauphiné, deux courses par étapes WorldTour. Vollering, de son côté, avait lancé sa saison sur le Tour de la Communauté de Valence, disputé sur trois jours. Sur la densité et le prestige du calendrier, Pogacar conserve donc un avantage.

La manière : Pogacar écrase, Vollering renverse

C’est peut-être là que la comparaison devient la plus intéressante. Car au-delà des chiffres, les deux champions n’ont pas gagné de la même façon.

En 2025, Tadej Pogacar a souvent donné l’impression de courir seul. Sur les Strade Bianche, il repousse Tom Pidcock à 1 minute et 24 secondes. Sur le Tour des Flandres, Mads Pedersen termine à 1 minute et 1 seconde. À Liège-Bastogne-Liège, Giulio Ciccone accuse 1 minute et 3 secondes de retard.

Même scénario sur les grands rendez-vous. Lors de la première arrivée au sommet du Tour de France, à Hautacam, il relègue Jonas Vingegaard à 2 minutes et 10 secondes. Aux Championnats du monde, il devance Remco Evenepoel de 1 minute et 28 secondes, avant de reprendre 31 secondes au Belge lors des Championnats d’Europe. Une domination presque mécanique, avec des adversaires souvent réduits à se battre pour les places d’honneur.

Chez Demi Vollering, les victoires ont parfois pris une tournure bien différente. La Néerlandaise a certes dominé le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège. Sur la Doyenne, son attaque dans la côte de la Redoute ne lui permet d’ailleurs pas de faire immédiatement le trou, avant qu’elle ne creuse progressivement l’écart pour s’imposer avec 1 minute et 29 secondes d’avance sur Puck Pieterse.

Mais ses plus grands succès se sont aussi construits dans l’adversité. Sur le Tour d’Italie, elle a dû renverser une situation longtemps favorable à Anna van der Breggen, au terme d’une course où tout aurait encore pu basculer lors de la dernière étape. Même scénario sur le Tour de France, où Kasia Niewiadoma avait pris l’ascendant avant de voir Vollering retourner la situation.

Aux Championnats du monde, elle a trouvé les ressources pour repartir après avoir été reprise par ses adversaires. Et lors des Championnats d’Europe, son offensive ne lui a pas permis de se mettre immédiatement à l’abri. Là où Pogacar semblait souvent intouchable, Vollering a parfois dû aller chercher ses victoires au forceps.

Deux façons de gagner, finalement. Le Slovène a impressionné par sa supériorité, la Néerlandaise par sa capacité à retourner des courses qui semblaient lui échapper. Difficile de dire laquelle mérite le plus d’admiration.

Verdict : un léger avantage pour Tadej Pogacar

Alors, qui a réalisé la meilleure saison ? Si l’on s’en tient au nombre de victoires rapporté aux jours de course, Demi Vollering prend l’avantage. Son taux de réussite de 50 % est tout simplement exceptionnel, et son doublé Giro-Tour donne encore plus de poids à son bilan.

Mais sur l’ensemble des critères, Tadej Pogacar garde une courte longueur d’avance. Ses trois Monuments, ses cinq podiums sur les plus grandes classiques, ses titres mondial et européen et sa victoire sur le Tour de France composent un palmarès difficile à égaler sur une seule année. Sans parler de la manière dont il a souvent surclassé ses adversaires.

Et dire que le Slovène aurait peut-être encore repoussé les limites en 2026 sans sa chute sur le Tour d’Espagne. Avec déjà 22 victoires au compteur, il pouvait rêver d’une saison à plus de 30 succès, mais aussi d’un quatrième Monument, du doublé Tour-Vuelta et de nouveaux titres mondial et européen.

Atteindre les 30 victoires en moins de 70 jours de course l’aurait placé dans une catégorie encore à part. Mais cette saison restera celle des occasions manquées. Et pour notre comparaison, c’est bien son année 2025 qui fait référence. Demi Vollering lui oppose un bilan remarquable, mais le prestige et la régularité de Pogacar sur les plus grandes courses font finalement pencher la balance en sa faveur. De peu.

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