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Cyclisme sur piste

« The Last Dance » : à 34 ans, Bryan Coquard se lance un dernier défi olympique aux côtés de Benjamin Thomas

Killian Tanguy

Publié le

Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS DU MONDE DE CYCLISME SUR PISTE 2026 – Quatorze ans après sa médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Londres, Bryan Coquard rêve toujours du titre suprême. De retour sur la piste, le coureur de Cofidis espère aller jusqu’à Los Angeles 2028, avec l’ambition de décrocher l’or olympique aux côtés de Benjamin Thomas.

À 34 ans, Bryan Coquard s’est lancé un nouveau défi. Quatorze ans après sa médaille d’argent sur l’omnium aux Jeux Olympiques de Londres, le Français veut retrouver la piste olympique, cette fois pour y décrocher l’or. Les championnats du monde de cyclisme sur piste 2026, organisés du 14 au 18 octobre à Shanghai (Chine), constituent une première étape importante sur la route de Los Angeles 2028, avec les premiers points qualificatifs à aller chercher.

Pour sa première grande compétition internationale depuis son retour sur les vélodromes, le coureur de Cofidis disputera le scratch ainsi que l’américaine avec Benjamin Thomas, champion olympique de l’omnium à Paris en 2024. Les deux hommes partagent un rêve : être réunis au départ de l’américaine dans deux ans et monter ensemble sur la plus haute marche du podium.

En début de mois, lors de la présentation de la sélection française au Vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, Bryan Coquard est revenu sur ce nouveau chapitre de sa carrière, sa récente victoire sur la Vuelta et les sacrifices nécessaires pour tenter de réaliser son dernier grand rêve olympique.

Bryan Coquard : « C’était un rêve de gosse de devenir champion olympique »

Premiers championnats du monde depuis votre retour sur la piste. Comment vous sentez-vous ?

Je m’éclate, je suis comme un gamin, même si je suis un petit peu le papy. C’est mon surnom dans l’équipe de France maintenant (rires). J’avoue que cette semaine (de regroupement avec l’équipe de France) est agréable, mais quand c’est un stage, c’est physique, fatigant et difficile. Mais j’adore les sensations qu’on peut avoir sur un vélodrome. C’est génial (grand sourire).

Avez-vous retrouvé votre niveau ?

J’espère ! J’ai l’impression d’avoir un très bon niveau. Ça allait très bien à Aigle (lors des 3 Jours d’Aigle, du 24 au 26 septembre). Depuis, j’ai encore beaucoup travaillé. En tout cas, j’ai fait le maximum pour être opérationnel et je pense que ça le fera. Après, c’est mon retour dans le grand bain et je n’ai pas peur. J’ai hâte.





Aviez-vous besoin de ce nouveau challenge, peut-être le dernier ?

Comme on dit souvent, c’est « The Last Dance ». J’ai 34 ans et je sais que je suis plus proche de la fin de ma carrière que du début. C’était un rêve de gosse de devenir champion olympique. J’ai terminé deuxième à Londres (sur l’omnium) et j’ai vu Benjamin Thomas avec sa médaille d’or ici même (sur l’omnium), au milieu de ce vélodrome. Je me suis dit : « C’est ça qui me manque, j’ai envie d’essayer de tout faire. »

Pour autant, ça ne veut pas dire que j’ai ma sélection aux Jeux Olympiques. Il y a des jeunes pépites et des talents qui sont vraiment très compétitifs et très forts actuellement. Mais voilà, je me suis dit : « Il te reste deux ans, on fait tout pour y arriver », déjà pour avoir ma sélection, pour être aligné en américaine et pour être champion olympique. Je pense qu’on aura beaucoup d’enseignements avec ces championnats du monde.

Où étiez-vous lors du titre olympique de Benjamin Thomas ?

À la maison avec ma femme. Ce challenge, c’est aussi une discussion de famille parce que j’ai deux enfants, une femme et je suis parti 250 jours dans l’année. Quand on rajoute les déplacements sur piste, ça fait beaucoup. Mais j’en ai parlé avec ma femme et elle m’a dit : « Vas-y, fonce, ça serait génial que les enfants puissent vivre ça. »

Depuis la victoire à la Vuelta (8e étape, le 29 août dernier), je ne suis pas sûr, mais en tout cas, jusqu’à il n’y a pas si longtemps, mon meilleur moment sur un vélo, c’était ma médaille olympique à Londres en 2012. Pourtant, j’en ai fait du chemin depuis.

« Gagner sur le Tour de France, ça me fait rêver aussi »

Cette victoire sur la Vuelta peut-elle vous aider, puisque vous avez désormais gagné sur un Grand Tour et que l’or olympique reste votre dernier grand objectif ?

Je ne veux pas dire que j’avais fait le deuil, mais… (Il ne termine pas sa phrase). J’ai tout fait bien pour cette Vuelta. Ma femme voulait partir en Corse en vacances. Je lui ai dit : « Non, on va faire trois semaines de stage à Tignes, à 2 100 mètres d’altitude. » Je savais que c’était plus ou moins les dernières années où c’était possible. Donc je me suis dit que j’allais tout faire bien pour y arriver.

Ensuite, la médaille olympique me fait rêver, mais je trouve rapidement de nouveaux projets et de nouveaux objectifs. Pourquoi pas le Tour de France ? Gagner sur le Tour, ça me fait rêver aussi.

Cette victoire vous apporte-t-elle tout de même une forme de soulagement ?

Sur route, clairement. Mais pas par rapport à la piste, parce que j’arrive à distinguer les deux et à séparer mes objectifs et mes saisons. Par exemple, si ma saison sur route avait été très mauvaise et que, je touche du bois, on est champions du monde de l’américaine, ça ne serait pas pour autant une saison réussie.

Mais bien évidemment que c’est un soulagement. Je ne suis pas très émotif dans le feu de l’action normalement, mais quand j’ai franchi la ligne d’arrivée, j’avais les larmes qui coulaient parce que je me suis dit : « Enfin, depuis le temps que je l’attends ! » Ça change beaucoup de choses et pas grand-chose à la fois.

C’est-à-dire ?

Je reste le même coureur. J’ai toujours été le coureur qui gagnait beaucoup, mais qui ne gagnait que sur les petites courses et pas sur les Grands Tours. Quand je gagnais en WorldTour, il n’y avait pas grand monde, alors que j’ai gagné des ProSeries où il y avait parfois les plus grands sprinteurs. Ça peut donc tout et rien dire à la fois. L’important, quand on fait du vélo, c’est de gagner. Quand ça marche, on en profite.

Bryan Coquard et Benjamin Thomas, un projet commun vers Los Angeles 2028

Comment allez-vous organiser cette double saison route et piste ?

Depuis fin avril, je reviens régulièrement m’entraîner sur piste. On va dire une fois par mois, une fois par mois et demi. C’est en fonction des calendriers de course et des possibilités. Mais oui, il y aura des Coupes du monde à faire.

On va donc arriver un petit peu dans le dur avec Cofidis, parce que je pense qu’on est aussi deux coureurs importants sur la route pour l’équipe. Il faut aussi souligner leur engagement. Je sais qu’il y aura trois Coupes du monde qui s’enchaîneront au printemps prochain, mais c’est aussi une période importante pour Cofidis.

On va voir comment organiser ça. On n’en a pas encore discuté. Ils sont d’accord et pas du tout embêtants de ce côté-là. Après, il faut juste bien faire les choses pour que personne ne soit lésé, que ce soit l’équipe, l’équipe de France ou le coureur. Mais je n’ai aucun souci et je pense que ça va bien s’emboîter. On va faire les choses bien.

Benjamin Thomas : « Devenir champion olympique ensemble serait beau »

Benjamin Thomas : « J’avais suivi ses Jeux à Londres et son titre de champion du monde avec Morgan (Kneisky, en 2015). Donc on s’est inspirés mutuellement. C’est un des mecs les plus professionnels que je connaisse dans sa manière de travailler dur. Devenir champion olympique ensemble serait beau. Il y a vraiment une prise de conscience de l’équipe (Cofidis) pour ce projet commun.

On ne sait pas quelle sera la sélection et qui fera quoi dans deux ans, mais nous, on a ce projet-là. On a aussi l’expérience des olympiades précédentes, donc on sait comment gérer et comment combiner la route et la piste. Moi, j’ai aussi vraiment envie de transmettre mon expérience à l’équipe de France et aux jeunes qui arrivent. »

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