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Tour de France 2025 : La Grande Boucle est-elle devenue un cimetière pour les sprinteurs ?

Etienne Goursaud

Publié le

Tour de France 2025 - La Grande Boucle est elle devenue un cimetière pour les sprinters ?
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2025 – Les occasions vont être rares pour les sprinteurs, sur cette édition 2025. Ces derniers ne sont-ils pas voués à disparaître du Tour ?

Tremblez les sprinteurs, ce Tour de France 2025 n’est clairement pas fait pour vous. Et ce n’est pas qu’une simple question d’année 2025. On voit, au fur et à mesure que les années passent, que les organisateurs de la Grande Boucle tendent à raréfier les occasions, pour les hommes véloces, pour briller. Cette année, il ne faudra pas se manquer, notamment en début de Tour. Au cours de la 1ère semaine.

Seulement cinq étapes taillées pour eux

Quand on se plonge en détail sur le parcours du Tour de France 2025, seulement cinq étapes semblent être taillées pour un sprint massif. La toute première, du côté de Lille, qui devrait voir un homme véloce revêtir le premier maillot jaune (une première depuis 2020). La troisième étape vers Dunkerque, même si le Mont-Cassel est placé à 30 kilomètres du but. La huitième étape vers Laval, la neuvième vers Châteauroux. Après, il faudra attendre la 17ème étape vers Valence, pour envisager un sprint massif. Et encore, les équipes seront fatiguées, des sprinteurs auront sans doute quitté la route du Tour de France. Une échappée peut très bien résister au peloton. Cela s’est déjà vu dans un passé proche.

Cinq étapes, car on considère que les deuxième, quatrième, sixième, onzième et vingt-et-unième étapes seront trop difficiles pour que tous les sprinteurs passent les difficultés. Ce seront des étapes pour puncheurs ou puncheurs-sprinteurs. Voire pour Tadej Pogacar. Cinq étapes, quand on sait que le Tour 2024 a vu sept sprints massifs, ce qui est déjà peu. En 2023, il y a eu cinq sprints massifs (si on exclut celle de Limoges). Mais avec deux étapes plates qui avaient échappé aux sprinteurs. Quand on se projette sur le plus long terme, on observe un glissement post-Covid (hors 2024, qui a été assez prolifique). Alors qu’auparavant, il était rare de voir une édition avec moins de sept sprints massifs. Et dans ce graphique ci-dessous, on ne compte bien que les sprints massifs et non les possibilités. En 2025, il n’y aura que cinq possibilités, mais rien ne garantit qu’il y aura cinq sprints.

Nombre de sprints par édition du Tour de France, depuis 2009

Nombre de sprints par édition du Tour de France, depuis 2009

Le changement du barème du maillot vert

Coup de grâce pour les hommes véloces, le barème du maillot vert change de nouveau. Un barème qui avait été changé dans les années 2010, pour tenter de contrer la domination de Peter Sagan (ce qui n’avait rien changé), en octroyant encore plus de points (50) pour les sprints massifs. Cela ne change pas cette année, mais certaines étapes pour puncheurs, elles, vont voir un barème plus généreux. Ce qui est le cas des deuxième, quatrième, septième (malgré Mûr-de-Bretagne), onzième et vingt-et-unième étapes. Dont les difficultés devraient écrémer certains sprinteurs et certains équipiers. Mais surtout permettre à des non-sprinteurs de marquer de gros points.

On pense à Mathieu van der Poel et Tadej Pogacar, deux coureurs réputés pour avoir une jolie pointe de vitesse. Deux coureurs qui ont gagné des étapes punchy sur le Tour de France. Et qui pourront scorer. Et dans le cas du Slovène, on sait qu’il peut cocher d’autres étapes en haute montagne. Qui ne rapportent que 20 points (sauf celle du Ventoux qui en apporte 30). Mais aussi celle de Vire (30 points). Autant dire que les sprinteurs, y compris ceux à l’aise dans les bosses, n’ont que peu de chances de revêtir le maillot vert.



On leur enlève les Champs-Élysées

On a rapidement évoqué la 21ème étape sans développer sur celle-ci. Cette dernière arrivée, c’est le Graal pour les sprinteurs. Une victoire sur les Champs-Élysées peut parfois sauver un Tour de France, comme ce fut le cas d’Andre Greipel en 2016, qui ne totalisait que deux Top 5. C’est un peu le championnat du monde des sprinteurs. Avec les Jeux Olympiques l’an passé, l’arrivée du Tour de France 2024 avait été exceptionnellement décalée à Nice, avec un chrono final. Si les Champs-Élysées sont de retour en 2025, rien ne garantit qu’on voit un sprint massif se dérouler. Avec l’introduction de la Butte Montmartre, dont l’ascension de la rue Lepic, qui était sur le parcours des Jeux Olympiques. Empruntée à trois reprises, son dernier passage interviendra à six kilomètres de l’arrivée. Difficile d’imaginer un regroupement, si des attaques interviennent tôt.



Pourquoi ce changement ?

Depuis 2017, 100 % des étapes sont en intégralité sur les chaines de France Télévisions. Un changement par rapport au passé, où la prise d’antenne était à 14h sur les étapes de plaine. On a donc cinq heures en intégralité et les organisateurs du Tour de France cherchent sans doute à rendre les étapes plus dynamiques, tous les jours, pour capter l’attention du téléspectateur. Il est vrai que cinq heures d’étape toute plate, avec une échappée qui n’a quasiment aucune chance d’aller au bout, ce n’est pas vendeur. Le côté dynamique peut amener une bagarre pour éliminer certains sprinteurs, voire des attaques pour piéger les équipes. Il est juste aussi, que ces dernières années, les candidats à l’échappée sur les étapes de plaine, sont de moins en moins nombreux. À tel point qu’on a vu des étapes sans aucune échappée. Ce qui fait tache sur une si grande course que celle du Tour de France.

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