Transferts Top 14 : Notre XV des recrues pour la saison 2025-2026
TOP 14 2025/2026 – Notre championnat domestique reprend ses droits dans un peu plus d’un mois (6 septembre). Et comme lors de chaque intersaison, les diverses écuries se sont activées autour d’un marché des transferts particulièrement agité. Nouveaux joueurs, retour d’anciens pensionnaires du Top 14 ou encore changements de bannière durant l’été : découvrez notre XV type des recrues pour la saison 2025-2026. Une équipe fictive qui a très fière allure…
Chaque année, le tableau des transferts du Top 14 se densifie encore un peu plus. Dans le sens des arrivées comme des départs, les mouvements se multiplient, les clubs jonglent avec leur quota de JIFF (Joueurs Issus de la Formation Française), les acteurs changent de tuniques comme de chemises et les intendants se retrouvent tout aussi débordés qu’un serveur de plage en plein été. Vous l’avez sans doute remarqué : depuis plusieurs mois, les notifications de la rubrique transferts clignotent plus vite qu’une boule de disco des années 80, avec des annonces de signatures, d’intox, d’arrivées, de retournements de situation presque tous les jours.
Il ne faudra pas être surpris, à la suite de cette vague d’agitation, de découvrir après plusieurs journées de championnat qu’un joueur porte désormais les couleurs de son ancienne formation ou qu’un nom totalement inconnu fasse le tour des premiers Highlights. Mais soyons rassurés, car après quelques multiplexes passés dans notre canapé devant la chaîne cryptée, nous, passionnés de l’ovalie, serons de nouveau familiers avec l’ensemble des effectifs du Top 14. Pour ne pas être trop perdu à la rentrée, nous vous avons concocté un XV type des meilleures recrues. Hélas, contrairement à Fabien Galthié, pas de liste élargie possible : il a fallu faire des choix. Découvrez du 1 au 15 notre équipe de bizuths taillée pour atteindre la phase finale.
1. Thomas Moukoro – LOU Rugby (en provenance du RC Vannes)
Après quelques feuilles de match par ci par là avec son club formateur du Racing 92 (de 2023 à 2024), Thomas Moukoro a enfin pu vivre une saison pleine au sein de l’élite française lors du dernier exercice. Et celle-ci fut de grande qualité. Véritable sensation, le pilier gauche du RCV a explosé aux yeux du grand public, en enchainant les prestations plus qu’abouties. Avec 9 essais dans sa musette (dont 7 en deuxième partie de saison), Thomas Moukoro a terminé, une fois n’est pas coutume pour un pilier, meilleur marqueur de sa formation. Inarrêtable proche de la ligne, l’explosif première ligne s’est également montré solide en mêlée fermée. Ses performances détonantes n’ont toutefois pas suffi à Vannes de se maintenir, mais lui ont permis de taper dans l’œil des recruteurs du LOU, où le joueur de 23 ans pourra continuer de parfaire sa progression. Jusqu’à entrevoir Marcoussis ? À suivre…
2. Julián Montoya – Pau (en provenance de Leicester)
La Section Paloise a réalisé un très gros coup en enrôlant le capitaine des Pumas : Julian Montoya. Le talonneur expérimenté de 31 ans est devenu en 2024 le quatrième joueur argentin à passer la barre des 100 caps avec la sélection sud-américaine (105 désormais). Une statistique parlante qui suffit à elle-même pour traduire les qualités du bonhomme. Bon, on se demande encore comment le CV bien rempli du Pumas a-t-il pu finir dans un bureau béarnais, mais quoi qu’il en soit, Pau réalise une très belle pioche à un poste clé.
Et pour Julian Montoya, qui évolue depuis de nombreuses saisons en Angleterre du côté des Tigres de Leicester et qui a trois Coupes du monde à son actif (2015, 2019, 2023), rejoindre le Top 14 représente un défi de taille. Précis dans ses lancers en touche, besogneux et courageux, l’Argentin a tout pour s’acclimater au pied des Pyrénées, bien qu’il ait posé ses valises du côté où l’on ne parle pas sa langue maternelle.
3. Taniela Tupou – Racing 92 (en provenance des Waratahs)
Alerte, boule de démolition en approche ! Le colosse australien (1,78 m pour 135 kilos) a non seulement des mensurations dignes d’un combattant poids super-lourd, mais possède en plus une palette technique au-dessus de la moyenne des piliers. Chistera, passe après contact ou dans le dos, le Wallaby aux 59 sélections sait tout faire (ou presque). Celui que l’on surnomme le Thor tongien (né aux Tonga) a percé grâce à une vidéo de ses performances devenue virale sur la toile. Son ascension fut depuis fulgurante, au point de devenir l’un des joueurs au plus gros potentiel au pays des Kangourous, en cruelle manque d’une nouvelle génération dorée.
Évidemment, il y a un couac. Si Taniela Tupou est capable du meilleur, il peut aussi passer à côté de ses rencontres, en se montrant indiscipliné ou irrégulier. Son adaptation au championnat sera un élément clé de sa réussite en France. En tout cas, avec un nouvel impact player dans son effectif, en plus de Josua Tuisova, Demba Bamba ou encore Romain Taofifenua, le Racing 92 a de quoi enchainer les strikes dans les défenses.
Taniela Tupou pour le bouchon du match sur Tomás Lavanini.#ARGvAUS pic.twitter.com/oMlw5fDAKx
— Gauthier Baudin (@GauthierBaudin) August 13, 2022
4. Vaea Fifita – Montauban (en provenance des Scarlets)
Un ancien All Blacks à Sapiac ! Si Vaea Fifita, 33 ans, évolue sur la scène internationale depuis 2022 pour les Tonga, il a d’abord porté le mythique maillot des Blacks (11 sélections). Capable d’évoluer dans la cage comme en troisième ligne (du numéro 4 au 8, ce qui est particulièrement rare), la polyvalence du géant des Iles (1,96 m) sera un atout phare pour le club tarn-et-garonnais. Avec son mercato limité, l’USM ne s’est pas trompée, en dégotant l’une des pièces maitresses de son paquet d’avants. Car, en plus de son expérience notable, Vaea Fifita est également un véritable poison dans les rucks. Et pour le promu montalbanais, qui se prépare à souffrir, la densité du Tongien sera d’une aide capitale.
5. Adam Beard – Montpellier (en provenance des Ospreys)
D’un international à un autre, on ne se refuse rien. Oui, le visage d’Adam Beard vous sera familier, et pour cause, la tour de contrôle galloise aux 59 sélections a causé moult soucis au XV de France ces dernières années (présent notamment en 2019 lors du quart de finale perdu face aux Gallois). Le grand casqué portera les couleurs du MHR et découvrira un nouveau championnat : le Top 14. On souhaite d’ores et déjà bon courage à tous les alignements adverses pour contourner le double mètre (2,03 m) de l’oiseau Beard, très à l’aise dans les airs. Un profil intéressant qui manquait en seconde ligne (5) du côté de Montpellier (Duguid, Chalureau).

6. Jamie Ritchie – Perpignan (en provenance d’Edimbourg)
Encore un international étranger ! C’est vrai, le quota JIFF de notre XV des recrues n’est pour l’heure pas vraiment respecté. Mais il faut bien comprendre que jouer en France est un luxe, une sorte d’apothéose pour beaucoup de top joueurs mondiaux. D’autant plus que tous les clubs attirent, même l’USAP, longtemps menacée par le spectre de la relégation en ProD2. Une situation qui n’a pas effrayé le joueur écossais de 28 ans, aux 59 capes avec le XV du Chardon, de venir s’installer en Catalogne. Le capitaine de l’Écosse, bandeau blanc sur le front, est tout aussi élégant à voir jouer que dévoué pour son collectif. Son apport sera immense dans la maison perpignanaise, à condition qu’il ne se blesse pas trop souvent ou gravement comme ce fut le cas récemment.
7. Alexandre Fischer – Bayonne (en provenance de Clermont)
Dans notre paquet d’avants, nous demandons un sécateur. Un troisième ligne qui mettra la tête là où certains n’oseraient mettre les mains. Un guerrier qui effectue le sale boulot, si précieux dans ce sport de combat. Dans ce rôle, Alexandre Fischer a le profil idoine. Le néo capé l’a encore prouvé cet été lors des Tests en Nouvelle-Zélande : son activité de pénible fait déjouer les tout meilleurs, même les hommes en noirs, dans leur propre jardin. Les Clermontois doivent se demander comment le poisson Fischer a-t-il pu s’échapper de leur filet, pour nager vers la côte basque. Seul bémol et pas des moindres, le natif de Chaumont a souvent vu sa carrière freinée par de multiples blessures. Et on peut le comprendre, au vu de son engagement physique durant 80 minutes.
L’incroyable activité défensive d’Alexandre Fischer contre les All Blacks 🔥#rugby pic.twitter.com/KuB8GMGGSl
— RugbyPass FR 🇫🇷 (@RugbyPass_FR) July 7, 2025
8. Zach Mercer – Toulon (en provenance de Gloucester)
En troisième ligne centre, il y avait pléthore de choix : Sam Simmonds vers Lyon, Alex Masibaka à Montpellier ou encore Facundo Isa en direction de Pau. Mais comment ne pas pointer Zach Mercer, l’Anglais au casque bleu, qui avait ébloui de son talent, nous autres suiveurs du Top 14, lors de son premier passage en France à Montpellier ? Deux années ponctuées par un sacre de champion de France en 2022, le premier dans l’histoire du MHR, dont le Britannique fut l’un des grands artisans. Une performance d’ailleurs récompensée par le trophée de meilleur joueur de la saison 2021-2022 du Top 14. Zach Mercer est ensuite rentré au pays, à Gloucester, dans l’espoir d’intégrer le XV de la Rose, mais le staff anglais n’a jamais osé pousser le troisième ligne dans le grand bain. Grand mal leur a pris, alors le King a retraversé la Manche, en direction du soleil de la Rade. Bon retour parmi nous, Zach, merci.
9. Nolann Le Garrec – La Rochelle (en provenance du Racing 92)
Le prodige breton continue son ascension. Né à Vannes, Nolann Le Garrec renoue avec la côte atlantique, en quittant la banlieue parisienne pour la Charente-Maritime. Le joueur de 23 ans avait besoin de passer un nouveau palier dans sa carrière et le Stade Rochelais avait besoin de se renouveler à ce poste. Tous les ingrédients semblent donc réunis pour assister à un mariage parfait. D’autant plus que l’étoile montante bretonne a encore pris davantage d’épaisseur cet été, en étant le seul avec Théo Attissogbé à être titulaire lors des trois Tests face à la Nouvelle-Zélande.
Une suite logique, finalement, après sa nouvelle saison pleine avec le club francilien rythmée par 11 essais inscrits en 18 rencontres de Top 14. Le jeune demi de mêlée a crevé l’écran, au point de déceler un Racing avec et sans NLG. Il récupère désormais les clés du bateau maritime, dans un environnement qui lui sera bien plus familier. Loin du gymnase de Nanterre, coincé entre les buildings de la Défense, Le Garrec retrouve l’air marin de son enfance. Prometteur.

10. Harry Plummer – Clermont (en provenance des Blues)
On espère qu’il n’aura pas trop le « Seunes », mais l’on a privilégié l’exotisme d’Harry Plummer à l’ouverture, au retour au bercail de Tristan Tedder à Perpignan, après un passage manqué au Racing 92, où le jeune Ugo Seunes vient d’être promu en provenance d’Aurillac. Un jeu de chaises musicales chez les ouvreurs, dont le Néo-Zélandais a choisi d’entrer dans la danse, du côté du Puy-de-Dôme, où l’attente d’un grand numéro 10 est immense depuis le départ de Camille Lopez. Parfois utilisé comme premier centre, Harry Plummer arrive avec beaucoup d’inconnues sous son chapeau.
Lui qui avait toqué à la porte des All-Blacks (1 cap) a finalement été barré par la concurrence de Beauden Barrett et Damian McKenzie, au point de se laisser tenter par un voyage de l’autre côté du globe. La différence de rythme entre le Super Rugby et le Top 14 risque de lui faire tout drôle, mais son adaptation sera plus facile derrière un pack clermontois dominateur. À Harry Plummer de prendre sa plus belle plume et d’écrire son histoire d’amour chez les Jaunards. Car le volcan n’attend qu’à imploser.
HARRY PLUMMER 75M INTERCEPT pic.twitter.com/MWJwU40hNc
— The Blues (@BluesRugbyTeam) November 3, 2024
11. Jiuta Wainiqolo – Lyon (en provenance de Toulon)
Quand le ballon arrive sur l’aile du Fidjien Jiuta Wainiqolo, une clameur descend des tribunes. Car le public le sait, tout peut arriver. Crochets fulgurants, accélérations, changement de vitesse, le champion olympique de rugby à 7 à Tokyo (2019) a du feu dans les jambes. Le trois-quarts aile aura marqué le RCT de son empreinte et nul doute qu’il en fasse de même sur la pelouse synthétique et ultrarapide de Gerland. Car le TGV des îles du Pacifique vient de prendre un aller simple de Toulon vers Lyon. Ce joueur de classe mondiale est l’un des rares à pouvoir traverser le terrain avec autant d’aisance qu’un mini-poussin plus grand que ses partenaires. Le feufollet des Fidji ne cesse de faire parler la poudre, comme ce fut encore le cas cet été avec sa sélection. Pour Baptiste Couilloud et ses troupes, il ne reste (presque) plus qu’à envoyer le cuir sur l’aile de Jiuta Wainiqolo et la magie fera le reste…
12. Noah Nene- Stade Français (retour de prêt de Dax)
Tout est allé très (trop ?) vite pour Noah Nene, le trois-quarts centre tricolore de 20 ans. Prêté à Dax pour s’aguerrir en Pro D2, le jeune joueur a alors enchainé les performances solides, jusqu’à intégrer la liste élargie de Fabien Galthié chez les Bleus. Le gaillard (1 m 92, 108 kilos) a fait des dégâts dans les défenses de deuxième division, bien qu’il n’ait pu disputer que 14 rencontres, dont 9 en tant que titulaire. Suffisant toutefois pour que le Stade Français appuie sur le bouton retour immédiat vers la capitale, afin que Noah Nene fasse désormais briller le Rose dans la ville lumière. La marche est haute, mais le Francilien, formé au RC Val de Bièvre, a les qualités et la maturité pour réussir au sein de l’élite. Mais le diamant brut reste à polir et à ne surtout plus surclasser, comme ce fut souvent le cas depuis le début de sa carrière.
13. Alivereti Loaloa – Clermont (en provenance de Nevers)
Les passionnés de Pro D2, branchés sur le multi chaque vendredi soir, ne seront pas étonnés de voir Alivereti Loaloa promu à l’étage du dessus. Arrivé très jeune à Nevers sous l’impulsion d’un certain Sireli Bobo, le Fidjien a fait ses classes durant 5 saisons en deuxième division, en se démarquant ballon en main. Et c’est l’ASM qui a mis son grappin sur le joueur fantasque, histoire de donner un peu de piment supplémentaire à sa ligne arrière, quelque peu en baisse de régime ces derniers temps. Avec un Loaloa à côté d’un Moala et un Alivereti à côté d’un autre Alivereti, le feu d’artifice s’annonce haut en couleurs au pays des Volcans. Un soupçon de poudre venu des Fidji qui pourrait bien redonner le sourire d’antan aux trois-quarts clermontois.

14. Davit Niniashvili – La Rochelle (en provenance de Lyon)
On voit le Géorgien dynamiter les rencontres de Top 14 depuis déjà 4 saisons, et pourtant, le Lelos n’a que 23 ans. Star inconditionnelle dans son pays, Davit Niniashvili est sans contestation la figure de proue du rugby géorgien. Mulet brun au vent et jambes d’athlètes de sprinteurs, l’ailier ou arrière a une palette de qualités tout aussi large que les épaules de Uini Atonio, son nouveau partenaire à La Rochelle. Conquérant dans les airs et relanceur insaisissable, le Lelos s’apprête à prendre une nouvelle dimension chez les Maritimes, un club qui avait grandement besoin d’enclencher un nouveau cycle. En ce sens, Le Garrec et Niniashvili, tous deux 23 ans, grimpent à bord du navire avec la mission de déployer les voiles d’un bateau laissé à quai dans le Vieux-Port depuis le dernier titre de champion d’Europe décroché en 2023 à l’Aviva Stadium.
15. Gabin Lorre – Lyon (en provenance de Béziers)
À l’issue de la saison 2024, le Biterrois Raffaele Costa Storti terminait meilleur marqueur de Pro D2 et prenait ensuite le wagon en direction du Stade français. Le Portugais n’a pourtant jamais eu sa chance sur les rectangles verts de Top 14 (ce qui reste un mystère non résolu à nos yeux), et vient de repartir à Grenoble, avec un léger gout amer au coin de la bouche. Cet été, il croise Gabin Lorre, son ancien partenaire, qui fait lui le chemin inverse vers l’élite, après une saison magistrale dans l’Hérault (16 essais). Même si c’est très tentant, on ne terminera pas ce XV type par un jeu de mots évident autour du nom brillant de l’arrière lyonnais, mais on se contentera de souhaiter à Gabin Lorre de ne pas connaître la même trajectoire que son ancien coéquipier portugais.
Le 🐺 va se mettre terriblement bien avec Gabin Lorre pic.twitter.com/gHOCWUi11L
— Tanguy (@tanguyscigala) December 13, 2024
Et vous, qui auriez-vous mis dans cet alléchant XV des recrues ?


