Nous suivre

Football

Un derby, une histoire : Lens – Lille, le « derby du Nord »

Robin Joanchicoy

Publié

le

Un derby, une histoire : Lens - Lille, le « derby du Nord »
Photo Icon Sport

Ce vendredi 7 mai, Lens accueille le LOSC pour un derby du Nord à enjeux. Lille se déplace à Bollaert pour un match capital dans la course au titre tandis que les Lensois rêvent toujours d’Europe. Retour sur un derby historique entre deux équipes revenues sur le devant de la scène.

Au-delà d’une bataille géographique, le derby du Nord est né d’une rivalité sociale. À l’instar du derby stambouliote opposant Fenerbahçe et Galatasaray, le RC Lens contre le LOSC s’apparente au pauvre contre le riche. Les mineurs lensois contre les bourgeois lillois. Une rivalité qui prend tout son sens à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Entre animosité, passion et ferveur, le derby du Nord a donné lieu à des rencontres passionnantes tout au long de son histoire. 

Une finale 100 % nordiste en Coupe de France 

Avant les différences géographiques et sociales entre les supporters des deux clubs, ce sont surtout les duels sur le terrain qui ont nourri cette fameuse rivalité entre le Racing et les Dogues. Le derby du Nord le plus marquant reste la finale de la Coupe de France de 1948. Double tenant du titre (1946 et 1947), Lille peut rêver d’un troisième sacre consécutif. Cette année-là, Lens devient la deuxième équipe de D2 après Charleville en 1936 à atteindre la finale de la compétition. La rencontre 100% nordiste offre un spectacle stupéfiant. 

Les deux équipes se rendent coup pour coup (2-2) et la décision se fait dans les tous derniers instants (86ème). Après avoir dribblé plusieurs défenseurs lensois, Jean Baratte trompe le gardien pour s’offrir un doublé et la victoire finale à son équipe. Les Lillois remportent leur troisième Coupe de France d’affilée. Ils égalisent alors le record historique établi par le Red Star.

Un derby toujours sous tension

Sur 111 oppositions, la grande majorité s’est jouée dans des ambiances électriques. Particulièrement le 26 avril 1997, quand les Sang et Or accueillent l’ennemi lillois lors de la 34ème journée de championnat. Sauvé de justesse la saison passé, le LOSC aborde ce derby avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Une défaite condamne les Dogues à la Ligue 2. Quelques jours avant la rencontre, le président lensois, Gervais Martel, déclare dans France Football qu’ « il n’y a plus la place pour deux […] Bientôt, il n’y aura plus qu’un seul club dans la région. Lille est peut-être condamné à devenir une filiale de Lens ». 

Dans les tribunes, les supporters lensois brandissent des cercueils en carton. Sur l’un d’entre eux, on peut notamment lire : « La SPA en deuil, les Dogues lillois en D2 ». Lens scellera le sort de son rival ce soir-là en remportant le match (1-0). La saison suivante, le Racing ira décrocher son premier titre de champion de France de première division devant Metz. Le scénario est inversé onze ans plus tard, le 10 mai 2008. En battant Lens (2-1), Lille envoie quasiment son ennemi nordiste en Ligue 2. Quelques matchs plus tard, Lens sera officiellement relégué.

Retour vers le futur

De retour sur le devant de la scène cette saison, le LOSC et le RC Lens affichent des objectifs ambitieux. Lille, premier au classement, peut rêver de son quatrième championnat de France. Avec un point d’avance sur le PSG, les hommes de Christophe Galtier connaissent l’enjeu de ce derby pour la course au titre. Invaincus depuis 11 ans contre les Lensois (8 victoires, 3 défaites), les Dogues abordent ce match en pleine confiance. Surtout que ces derniers n’ont plus perdu à l’extérieur depuis 12 rencontres.

Mais les Sang et Or ne laisseront personne dicter sa loi à Bollaert, surtout pas l’ennemi lillois. Ces derniers veulent venger la déroute à l’aller (4-0). De plus, Lens peut décrocher une qualification en Coupe d’Europe cette saison. Actuellement 5èmes au classement, les Lensois sont devant l’Olympique de Marseille uniquement grâce à la différence de buts. Autant dire que ce derby du Nord est capital pour le cours de la saison des deux équipes.

Le joueur à suivre

Pour sa première saison sous les couleurs du LOSC, Burak Yilmaz montre qu’il a encore de belles années devant lui. Le vétéran de 35 ans s’est tout de suite imposé comme un leader dans le vestiaire lillois. L’expérience du natif d’Antalya (+ de 200 buts marqués dans le championnat turc) a fait un bien fou à l’effectif très jeune du LOSC. Si Lille pointe actuellement à la première place du championnat, l’attaquant turc peut se vanter d’avoir été important dans la réussite de son équipe. 

Avec ses 13 buts en Ligue 1, Burak Yilmaz s’avère être le meilleur buteur du LOSC en championnat. Impliqué sur 5 des 8 derniers buts inscrits par Lille en Ligue 1 (4 buts et 1 passe décisive), il sera la principale menace des Lillois face aux Sang et Or. Au-delà d’un simple meneur par l’attitude, ses dernières performances prouvent que Yilmaz est le véritable leader technique et offensif de cette formation lilloise.


Clique pour commenter

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des
Toute l'actualité des Jeux Olympiques de Tokyo 2020

Fil Info

Actus à la une