Nous suivre
Cyclisme sur route

Une course en ligne U23 féminine aux Mondiaux de Kigali, pour soutenir le développement du cyclisme féminin

Etienne Goursaud

Publié le

Une course en ligne U23 féminine aux Mondiaux de Kigali, pour soutenir le développement du cyclisme féminin
Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS DU MONDE DE CYCLISME 2025 – Pour la première fois, la course en ligne U23 femmes sera indépendante de la course élite. Un changement dans le but de continuer à développer le cyclisme féminin.

C’est une grande première dans l’histoire des championnats du monde. Ce jeudi, les Mondiaux ouvrent leurs portes à la catégorie U23 chez les femmes. Auparavant, les Espoirs concourraient avec les séniors. S’il y avait un titre U23 décerné depuis 2022 et la création de la catégorie, le scénario de course pouvait être influé par le scénario de course des Élites.

Ce ne sera plus le cas et elles auront désormais tout le poids et le destin dans la course. L’an passé, le titre s’est joué entre Puck Pieterse, Neve Bradbury et Antonia Niedermaier. La Néerlandaise dominant les autres, mais au sein d’un groupe de 10. Que se serait-il passé si elles étaient arrivées à trois ? Que se serait-il passé si Puck Pieterse n’avait pas été utilisée dans la stratégie des Pays-Bas de tenter de faire gagner Demi Vollering ? Avant de ne plus rouler.

Alors que chez les hommes, on essaie d’encadrer cette catégorie, en interdisant sur la ligne de départ les coureurs appartenant à une équipe World Tour, l’UCI veut développer les catégories jeunes chez les femmes. Si le cyclisme féminin est en expansion, l’écart de développement avec le cyclisme masculin demeure important.

Une création de course qui suit une logique récente

La création de la catégorie U23, en 2022, par l’UCI a amené une vague de nouveauté dans le cyclisme féminin. Une première dans un championnat du monde, c’est une suite logique à la création récente de courses pour cette catégorie d’âge. En premier lieu le Tour de l’Avenir. La plus grande course à étapes du monde, celle qui fait frémir la jeunesse et les directeurs sportifs de formations en quête de pépites. Elle s’exporte désormais au féminin depuis 2023. Avec pour palmarès Shirin van Anrooij (2023), Marion Bunel (2024) et Isabella Holmgren cette année. Trois coureuses promises à un très grand avenir et qui ont déjà eu des résultats chez les grandes. On y a également vu Célia Gery briller cette année (trois victoires d’étape).

Mais les écarts, au sein de cette catégorie, sont énormes. Le contre-la-montre U23 l’illustre encore. Seules huit femmes ont terminé à moins de trois minutes de Zoe Bäckstedt. Sur un effort de 30:56 pour la Britannique. Elles ne sont que 21 sous les cinq minutes. Chez les hommes, sur un effort plus long (38:24), ils sont quinze sous les trois minutes et 28 sous les cinq minutes. Ouvrir une course U23 en ligne, c’est aussi ouvrir la possibilité à plus de coureuses de se confronter aux meilleures. Il y aura des disparités de niveau, c’est indéniable. Mais c’est aussi ce qui va faire progresser le cyclisme féminin dans sa globalité. À commencer chez les jeunes.





La part des femmes reste encore faible dans le cyclisme

Mine de rien, si le Tour de France femmes a trouvé son public, que ce soit sur le bord des routes ou en audience télé, il y a encore beaucoup de travail pour continuer de développer le cyclisme féminin. Si on revient à l’échelle française, un des pays fers de lance du cyclisme féminin, seul 12.6 % des licenciés sont des femmes en France. En progrès de 1.9 points en six ans, mais la proportion reste très faible, par rapport à d’autres sports. Même si elle devance un sport comme le football (10,5 %). Surtout, on est loin de la moyenne nationale en France (38 %). Les femmes représentent seulement 8,13% des licences compétition (source FFC). Au niveau mondial, ce chiffre serait même inférieur à 5 % en 2017.

En attendant un impact sur le développement du cyclisme féminin, les meilleures U23 ont rendez-vous ce jeudi, pour en découdre sur les routes de Kigali. Avec un scénario de course qui serra cette fois-ci propre aux coureurs. Et des stratégies qui ne seront pas les mêmes.

À lire aussi

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *