Violette Braun : « Ma vie a changé de dimension en l’espace de 24 heures »
PATINAGE DE VITESSE – Entretien avec Violette Braun, 16ème des JO 2026 sur le 3000 m en patinage de vitesse, qui raconte son expérience.
Violette Braun : « J’avais 50 % de chances d’aller aux JO et je me suis raccrochée à ces 50 % »
Tu as abordé les JO de manière particulière, avec un pépin de santé avant. Comment as-tu traversé cette épreuve mentalement ?
Violette Braun : Ce souci (rupture d’un kyste ovarien, NDLR) est arrivé tard dans la soirée. C’était très douloureux. À ce moment-là, on ne pense plus aux Jeux Olympiques, car j’étais en mode survie. C’est le lendemain, quand on m’annonce que les Jeux sont fortement compromis et que j’ai une chance sur deux de passer sur le billard, que cela m’a vraiment mis un coup. Je me suis tout de suite écroulée et je pense que c’est une bonne chose.
Très vite, j’ai rebondi en me disant que j’avais 48 heures de boulot absolu, pendant lesquelles je devais tout mettre en place. J’ai vu ma psychologue les deux jours où j’ai été immobilisée. On a fait beaucoup de travail de visualisation et de relaxation. Cela m’a aidée à relativiser. J’avais dit que je ne serais pas déçue si je ne participais pas aux JO cette année, mais c’est différent quand on a la qualification et qu’on risque de ne pas y aller.
Je savais que j’avais 50 % de chances d’y aller et je me suis raccrochée à ces 50 %, et j’ai bien fait. Mais cela a été une épreuve mentale. J’ai eu du mal à me reposer psychologiquement et je suis sortie de ces 48 heures vraiment épuisée. Cela a joué sur la préparation, par la suite. Mais j’ai réussi à prendre du recul par rapport à cela. C’est sûr que c’est facile quand tout se finit bien. Mais je crois avoir réussi à garder la tête haute dans ces moments où tout était compromis.
Violette Braun : « J’ai eu peur, car je ne savais pas ce qu’il se passait »
Tu évoques un « mode survie », on parle des JO, mais est-ce que tu as eu peur pour toi et peur pour ta santé ?
La crise de douleur a duré quinze minutes. Pendant ces quinze minutes, je ne savais pas ce que c’était. Je dis toujours que la douleur à 10/10, c’est pour les mourants et je ne me permettrais jamais de me donner 10/10. Mais j’étais à 9,99. Je suis relativement résistante à la douleur, mais c’était vraiment horrible, car j’étais pliée en deux, à hurler de douleur. J’ai vraiment eu peur, car j’étais dans l’inconnu et je n’avais aucune connaissance de ce genre de choses. Avec le recul, cela m’a fait plus peur qu’autre chose.
Il n’y a rien de pire que d’avoir mal et de ne pas savoir…
Je savais que c’était forcément quelque chose de grave et de gynécologique. Évidemment, il y a beaucoup plus grave et je ne me place pas en victime. C’est juste que, à ce moment-là, j’ai peur et je ne sais absolument pas ce qu’il se passe. Ne pas savoir tout en ressentant de telles douleurs, ce n’est pas une position confortable. Cela fait partie de la vie d’athlète de gérer ce genre de situations. On va dire que j’ai plus eu peur pour ma santé que pour ma vie. On ne va pas se mentir, je savais que je n’allais pas mourir. Mais j’ai eu peur des conséquences que cela pouvait avoir, et que cela a eues.

Violette Braun : « Dans ma tête, je ne partais pas aux Jeux cette année »
Décrocher un quota était déjà une victoire, mais on peut parler de double victoire, vu les circonstances.
Violette Braun : Oui ! Je ne sais même pas combien il y a eu de victoires dans cette période. Je reviens de très loin et j’ai arraché cette qualification avec la sueur de mon front. J’ai à la fois eu de la chance et pas de chance, avec un bon entourage, un super entraîneur et un super groupe d’entraînement, mais aussi des proches qui me soutiennent dans tout ce que je fais. Cela me redonne de l’énergie quand je suis à plat.
J’ai beaucoup travaillé pour être là, mais arriver à me qualifier, c’était complètement inespéré. Après ce qu’il m’est arrivé, je n’y croyais plus. Cela m’a peut-être permis de me libérer de tous les enjeux et de faire la performance que j’ai faite. Dans ma tête, je ne partais pas aux Jeux cette année.
Cela explique l’émotion forte, une fois le 3 000 m terminé.
C’est une compilation de tout. Passer cette ligne d’arrivée, la retombée de ce stress, la fatigue et ce que j’ai surmonté pour en arriver là : que ce soit le dernier mois avec les soucis de santé, mais aussi avant, avec mes soucis de vie personnelle et de vie sportive. Après ce 3 km et cet effort très intense, quand on se relève, les émotions, les sensations, tout est décuplé. Je suis quelqu’un qui pleure facilement, que ce soit de joie ou de tristesse. Les gens m’ont vue pleurer aux Jeux Olympiques, mais je pleure à l’entraînement au moins une fois par semaine. Cela fait partie du truc.
Violette Braun : « Patiner sur la glace olympique est un énorme privilège »
Tu es dans quel état d’esprit, à froid, quelques jours après les JO ?
Je ne me suis mise aucune pression. Quand j’ai appris ma sélection, j’ai commencé à me fixer des objectifs, pas vraiment de place, mais plutôt en termes de temps. En arrivant sur la ligne de départ, je n’en avais plus trop, car j’avais relativisé. Cela m’a permis de profiter de mon expérience olympique, du moins sur le 3 km. La mass start a été vraiment différente : j’ai attendu longtemps avant de savoir que je patinais cette course, trois jours avant. Une période d’attente compliquée, même s’il y avait cette chance que je patine. L’incertitude est toujours compliquée.
Quand je suis arrivée sur la ligne de départ, j’étais épuisée. Cela faisait quelques jours que je le sentais, que je me battais avec la glace et que je n’avais plus trop envie d’être sur les patins. J’ai tout donné les semaines qui ont précédé les Jeux pour revenir de mon souci dans la meilleure forme possible, car le 3 km était la seule distance que j’étais sûre de patiner. Il ne me restait plus grand-chose pour tenir sur les deux semaines qui ont suivi.
J’ai subi cette mass start du début à la fin et ce n’est pas un bon souvenir. En revanche, patiner sur la glace olympique est un énorme privilège. J’espère que je ferai mieux que cela dans quatre ans.
C’était une descente physique et émotionnelle ?
C’est sûr. Cela m’est déjà arrivé dans le passé d’avoir des périodes compliquées. On s’entraîne, on essaie d’aller jusqu’au bout et, à un moment, on finit par le payer : soit avec une blessure, soit avec une baisse d’énergie. J’ai clairement trop donné pour arriver sur ce 3 km. Si c’était à refaire, je referais 100 %, et je n’ai aucun regret vis-à-vis de cela. Derrière, il fallait assumer et je n’ai pas été en capacité de le faire. Il y a de la déception par rapport à cela et je sais sur quoi travailler ma préparation pour les quatre prochaines années.
Violette Braun : « Je me suis coupée de l’ambiance olympique, jusqu’au départ du 3 000 m »
Est-ce que tu peux raconter ton expérience olympique, en dehors du sport ?
On est arrivées au village olympique le 31 janvier. Je courais sept jours après. J’en ai discuté avec ma psychologue, mon entraîneur et des proches. On avait toutes et tous conclu qu’il était plus raisonnable de se couper de l’ambiance olympique jusqu’au départ de la course. J’ai profité du village le 31, quand on est arrivées. Le lendemain, quand je suis arrivée sur la glace olympique, j’ai ouvert grand les yeux, émerveillée, avant de faire mon premier entraînement.
Après, c’était fini et j’étais entrée dans mon cycle performance. J’ai mis pas mal de choses en place : je me suis coupée des réseaux sociaux et des communications, j’ai essayé de me distraire le plus possible et j’ai continué de travailler pour la fac. Cela fait partie intégrante de mon expérience olympique.
Je n’ai pas eu la chance de voir beaucoup mes proches pendant cette période. Je suis sortie cinq fois du village, ce qui n’est pas énorme. À chaque fois, j’en ai beaucoup profité et c’étaient de vraies respirations, dans une période d’entraînement. J’ai fait le premier et le dernier jour des JO, donc j’ai été au charbon tout le temps. J’ai eu la chance d’être accompagnée par deux amies rencontrées par le passé : Bérénice Comby (short-track) et Lorine Schild (patinage artistique).
« Je pense que je n’aborderai pas les JO de la même manière dans quatre ans »
Cette expérience olympique, partagée à trois, a été géniale. Il faut savoir qu’on s’est rencontrées au stage olympique organisé par le CNOSF au mois de juin 2025. On avait rigolé en se disant qu’on avait très peu de chances de se qualifier individuellement. Le pourcentage de chances de se qualifier toutes les trois était de 1 % (rires). Puis les étoiles se sont alignées et on a pu vivre nos premiers JO ensemble, et c’était magique. Je sais que je me suis construit des souvenirs incroyables avec les deux filles.
En parallèle, le village paraît énorme au début. Mais quand on y reste trois semaines, on commence à tourner en rond. J’ai essayé de varier ce que je faisais : je ne travaillais jamais aux mêmes endroits, je faisais des activités par-ci, par-là. Je pense que je n’aborderai pas les JO de la même manière dans quatre ans, ni la vie olympique. J’aurai la connaissance de ce qu’il s’est passé à Milan. Comme pour beaucoup, je suis arrivée sans aucune expérience olympique et je n’étais pas préparée. Je m’étais préparée psychologiquement à tout ce à quoi j’allais être exposée, mais pas assez. Il faudra me préparer davantage dans quatre ans.
Violette Braun : « J’ai reçu un nombre de messages inquantifiable »
Tu évoques le fait de t’être coupée des réseaux, quand tu y es revenue, ton téléphone a dû “exploser” ?
Violette Braun : Oui (rires), j’ai triplé ou quadruplé le nombre de mes followers, c’était n’importe quoi (rires). Je recevais des notifications de façon surréaliste. J’ai reçu un nombre de messages inquantifiable et je n’ai toujours pas fini de répondre à tous. Je n’ai jamais été exposée à une vague médiatique et communicative aussi importante. Pour le coup, je n’étais pas du tout préparée à cela, ni à passer sur le plateau de France TV. Le CNOSF nous avait dit que les médaillés allaient être exposés à des parcours médiatiques et communicatifs spécifiques. Mais je n’avais aucune chance de médaille, sauf si tout le monde tombait.
C’est assez lunaire et ma vie a changé de dimension en l’espace de 24 heures. Je viens du roller, avec très peu de médiatisation, et très peu soumis à des dispositifs de communication. Je suis passée du rien au tout en quelques heures, sans avoir la mainmise dessus. Cela m’a un peu déstabilisée, mais c’était vraiment cool comme expérience. Je ne savais pas trop comment réagir face à cela.

Tu es la première Française depuis 1988 à être qualifiée, est-ce qu’il y a l’impression d’être une pionnière ?
Oui, vraiment. La dernière Française qualifiée en 1988 ne se qualifie pas dans les mêmes circonstances que moi. À l’époque, il n’y avait pas de minima olympiques à réaliser, ils sont arrivés après. Après, je ne suis pas la seule Française sur la glace en ce moment. Julia Nizan n’est pas passée loin de la qualification, à une place près. Je me sens pionnière d’être à Milan. Mais, fondamentalement, quand je vais retourner en équipe de France l’an prochain, on sera toutes de nouveau au même niveau. C’est un sentiment partagé.
Violette Braun : « On s’entraîne 30 heures par semaine, c’est un métier à plein temps »
Tu es une jeune athlète et jeune dans ta pratique du patinage de vitesse. Est-ce que ces Jeux t’ouvrent de nouvelles perspectives pour l’avenir ?
Violette Braun : Forcément, je me suis mise à rêver. Je me suis mise à rêver des JO quand j’ai commencé la glace ; là, je me suis mise à rêver d’un peu plus. Mais je ne veux pas me mettre de pression. Je ne veux pas que les personnes me mettent de la pression. S’il y a quelqu’un qui doit avoir envie de faire quelque chose, c’est juste moi. J’ai les Alpes 2030 en tête et je vais tout faire pour arriver à ce moment-là la plus forte possible. Le but de tout sportif, c’est de se préparer au mieux pour les grandes échéances de sa carrière.
J’ai de la chance : j’ai 19 ans, j’ai commencé la glace il y a 18 mois et je pense avoir une marge de progression. C’est à moi de trouver les leviers pour enclencher la progression et faire en sorte de rivaliser dans quatre ans. Peut-être que ce sera dans quatre, peut-être dans huit, ou peut-être jamais. Mais j’ai envie de travailler pour ce que la vie me réserve.
Peux-tu parler de ta discipline, de comment on s’y entraîne et comment on fait pour performer sur ta distance ?
On passe vraiment beaucoup de temps sur le vélo. Il y a un volume énorme quand on est patineur. En période d’entraînement, on s’entraîne 25 heures effectives : ça veut dire qu’on bouge pendant 25 heures, et on passe plus de 30 heures autour de l’entraînement. C’est un métier à plein temps. On y rajoute la récupération, l’optimisation liée au sommeil et au reste. C’est chronophage.
À partir de cette base foncière, on va pouvoir construire tout ce qui est spécifique. On est quatre à cinq fois par semaine sur la glace. Quand on y est, on s’échauffe une heure avant, avant de passer 1h30 sur la glace. Puis on déroule après, pour une récupération active. Ce sont de longs entraînements, souvent très durs.
Pour le contenu, c’est plus dur à préciser, car cela dépend des périodes. Plus on se rapproche des échéances, plus le volume diminue et l’intensité augmente, et inversement. Avec les garçons, on fait souvent trois séries de 25 tours. On ne se rend pas compte, mais c’est très long : 30 km sur la glace. Quand on patine, on est quasiment en position chaise. La tenir pendant 10 km, c’est compliqué. On fait ça pendant 15 minutes et c’est très long.
Violette Braun aux JO d’hiver 2023 – Photo Icon Sport
« Je peux monter à 190-195 pulsations/minute, sans m’en rendre compte tellement j’ai mal aux jambes »
Il y a également la préparation spécifique du 3 et du 5 km. Sur le 3 km, on va avoir des intervalles assez standardisés : quatre tours à l’allure, deux tours où on se relève, puis quatre tours à l’allure, un bloc répété trois à quatre fois par séance. Mais quand on se relève, ce n’est pas comme en course à pied : on ne perd pas son allure. Ce qui fait que le temps de récupération est nettement inférieur à celui de l’effort. Pour le 5 km, ce sera quatre tours, deux tours, quatre tours, deux tours, quatre tours. C’est la base de notre entraînement.
De mon côté, j’aime beaucoup courir, donc je rajoute beaucoup de footing. On fait également des intervalles sur le vélo en plus de notre base foncière. On fait de la musculation une à deux fois par semaine : beaucoup de force max, de la puissance et de l’explosivité avec les sauts. On fait beaucoup de bas du corps, mais aussi du gainage, pour résister à la force centrifuge dans les virages.
Sur la glace, on va avoir mal aux jambes, mais mal à un point qu’il n’est pas possible d’atteindre en course à pied ou à vélo. C’est vraiment comme faire la chaise, mais en bougeant. Il faut continuer de bouger même quand les jambes tremblent, sinon on termine par terre. Je peux monter à 190-195 pulsations/minute sans m’en rendre compte tellement j’ai mal aux jambes. On me pose souvent la question de savoir si c’est similaire à la course à pied ou au vélo.
Violette Braun : « On a eu la chance d’avoir autant de visibilité aux JO »
Votre discipline est passée il y a peu au sein de la Fédération de roller et skateboard. Ce changement a été un déclic pour l’investissement autour de votre discipline ?
Oh oui, cela a changé du tout au tout. Je ne suis même pas la meilleure personne pour en parler. Il faudrait se tourner vers Timothy Loubineaud. Je ne suis pas vraiment témoin de cela et je ne rapporte que des “on-dit”. Mais je sais qu’on est passés de rien avec la FFSG à des mécanismes super, avec des transitions engagées chez les jeunes, plein de stages dont j’ai bénéficié. Je trouve cela formidable. C’est un sport peu accessible, car onéreux. La fédération nous le rend accessible. C’est une grande chance de pouvoir faire cela.
C’était une discipline assez confidentielle et qui s’est offert une belle visibilité. Partages-tu ce sentiment ?
Forcément. On avait plus de visibilité que le roller, mais c’était très confidentiel. Si j’allais dans la rue et que je demandais à quelqu’un ce qu’était la piste longue, neuf personnes sur dix me répondraient non. Aujourd’hui, c’est peut-être “seulement” huit personnes sur dix (rires). On a eu la chance d’avoir autant de visibilité et j’ai trouvé cela génial d’être médiatisée à ce point-là. Cela donnait vraiment un point de vue top pour notre sport, un point de vue interne.
Timothy Loubineaud a également participé à cela et c’était super cool de le voir éclore et devenir excellent dans sa discipline. Ce n’est que le début, à mon avis. Je ne pense pas que cette explosion dure très longtemps, mais on en a bien profité.
Violette Braun : « Timothy Loubineaud est un mentor et un grand frère »
Tu évoques le cas de Timothy, tu le vois comme un exemple et un moteur pour toi ?
C’est plus que cela. C’est devenu un mentor et un grand frère, qui m’a absolument tout appris. Quand j’arrive sur le circuit Coupe du monde l’an dernier, j’avais cinq semaines de glace dans ma vie et je n’y connaissais rien. Je ne connaissais pas les règles, pas comment entretenir mes patins, ni affûter mes lames — ce n’est toujours pas ça d’ailleurs — et il m’a tout expliqué. Il m’a très longtemps affûté mes lames avant les compétitions.
Il a eu ce rôle d’instructeur, il m’a prise sous son aile et j’ai eu de la chance d’être à ses côtés ces six derniers mois de préparation olympique. Quand il était blessé cet été, j’essayais de l’appeler régulièrement. Il est complètement fou (rires), il fait des heures de home-trainer et je ne comprends pas comment il fait. Je l’appelais, il me disait qu’il était sur le vélo depuis plus de six heures. Je l’ai vu évoluer sur la dernière, et c’était une super expérience à vivre.
Lors des JO 2030, vous n’allez pas patiner à domicile, comment tu le vis ?
Violette Braun : Je dirais que ma réponse a changé par rapport à il y a quelques jours. J’ai eu la chance de faire partie d’un groupe d’athlètes qui a eu l’occasion de rencontrer le comité d’organisation des Alpes 2030. On a pu échanger avec les personnes concernées et on m’a apporté de la visibilité sur la construction d’un anneau en France. Je savais que c’était cher, mais je ne savais pas toutes les conséquences que cela pouvait avoir.
Forcément, je me sentais un peu trahie avant cela. Ce sont des JO à la maison qui ne seront pas à la maison pour nous. On sera les seuls dans ce cas. On sera dans le pays du patin (les Pays-Bas, NDLR), avec peu de Français dans les gradins. Cela me faisait mal au cœur. Depuis que j’ai été éclairée sur l’aspect institutionnel, politique et financier, je ne le prends plus du tout de la même manière. Je me dis que je ne serai pas là-bas pour profiter de l’ambiance olympique : j’aurai plus d’ambitions et d’envie de me consacrer à l’aspect performance des JO.
Ce ne sera pas une mauvaise chose d’être “exilée”. Aujourd’hui, je prends plus de recul qu’avant. Mais, au fond de moi, je garde espoir que, avec la visibilité et ce qu’il peut se passer en quatre ans, la vie fera bien les choses.
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