Nous suivre
Endurance

WEC 2024 : Calendrier, engagés, nouveautés, le guide de la saison

Antoine Ancien

Publié le

WEC 2024 Calendrier, engagés, nouveautés, le guide de la saison
Photo Icon Sport

WEC 2024 – À quelques jours de la manche d’ouverture, sur la tracé de Losail pour les 1812 km du Qatar, la rédaction de Dicodusport évoque les enjeux de la 12e saison du championnat du monde d’endurance.

Nous y sommes. À l’issue d’une campagne 2023 pleine de rebondissements, une saison historique marquée par le retour des grands constructeurs, le championnat du monde d’endurance 2024 pose sa caravane à Losail, pour le prologue et les 1812 km du Qatar. Un tout nouveau tracé pour une toute nouvelle saison qui voit le plateau de la grille se renforcer. En Hypercar comme en LM GT3, les interrogations sont multiples à l’aube du coup d’envoi de la première des huit manches du cru 2024. Faites vos jeux.

Hypercar : vers un duel Toyota-Ferrari ?

Principal adversaire de Toyota en 2023, la Scuderia Ferrari a réussi son retour dans la catégorie reine de l’endurance. Avec 6 podiums en 7 courses et surtout la victoire aux 24 Heures du Mans, la 499 P, qui répond à la réglementation LMH (Le Mans Hypercar) a affiché un gros niveau de performance. En dépit de sa déconvenue dans la Sarthe, Toyota a malgré tout fait parler son expérience pour rafler sans trop de soucis un nouveau titre pilotes et constructeur. Cela risque d’être plus compliqué en 2024, avec la venue d’Alpine, de BMW, de Lamborghini et d’Isotta Fraschini.

Cela dit, la GRO10, qui se pare de nouvelles couleurs, pourra compter sur deux solides équipages. Mike Conway et Kamui Kobayashi, accompagnés de la jeune recrue Nyck de Vries se partageront le volant de la n°7, quand la n°8 des champions du monde reste inchangé (Buemi-Hartley-Hirakawa). Du côté de la firme de Maranello, la nouveauté ne provient pas des deux line-up, identiques à 2023. Mais à la présence d’une troisième 499 P. Exploitée par AF Corse, mais engagée à titre privé, Robert Kubica, Robert Shwartzman et Yifei Ye ont été officialisés comme pilotes titulaires. Un équipage à fière allure pour une auto qui concourra pour la Coupe du Monde des équipes Hypercar de la FIA (seuls deux autos par constructeur se disputent le trophée constructeurs).

Porsche veut retrouver les sommets

Le constructeur de Stuttgart a connu un apprentissage difficile l’an dernier. Trahi à de trop nombreuses reprises par son manque de fiabilité, la 963 espère jouer à l’avant du peloton cette saison. Et les motifs d’espoir sont permis. En s’imposant aux 24 Heures de Daytona en janvier dernier, Porsche a idéalement lancé sa saison d’endurance. Même si le championnat nord-américain (IMSA) est réputé difficile, ce le sera bien davantage en WEC.

Pour s’assurer toutes chances de victoires, les Allemands alignent sur la grille un contingent de 5 autos (6 aux 24h du Mans). Les officielles sont rejointes par la présence du team privé Jota, qui engage deux autos et le team Proton Compétition étrennera sa seule Porsche. Peu de changement du côté des pilotes, si ce n’est la présence de Matt Campbell qui remplace Dane Cameron dans la n°5. Jensen Button sera quant à lui l’un des représentants du team Jota.





Peugeot et Alpine, espoirs tricolores

Le Lion sort d’un exercice 2023 quelque peu compliqué, c’est le moins que l’on puisse dire. Si l’équipe dirigée par Olivier Jansonnie a progressé au fil des courses, les résultats n’ont clairement pas été au rendez-vous. Avec un seul podium obtenu à l’occasion des 6 Heures de Monza, il faudra faire beaucoup mieux en 2024, sous peine de voir Peugeot claquer la porte de manière prématurée. Si c’est la même auto qui s’élancera lors des 1812 km du Qatar, une nouvelle version de la 9X8 se présentera au départ des 6 Heures d’Imola, au mois d’avril. Et cette fois, avec un aileron ! Afin de compenser jusque-là un manque d’appui aérodynamique, puisque Peugeot adopte des pneus plus étroits à l’avant (29 cm) et plus large à l’arrière (34 cm), comme sur les Toyota et Ferrari. Seul Stoffel Vandoorne remplace Gustavo Menezes. Nico Muller, dans la #93 inverse son baquet avec Paul Di Resta, qui grimpe dans la #94.

Au côté de Peugeot, Alpine portera les espoirs français. Après une parenthèse d’un an en LMP2, la marque au A fléché revient dans la cour des grands avec un tout nouveau prototype, qui répond à la réglementation LMDh. Deux voitures aux couleurs bleu-blanc-rouge sont attendues. L’Alpine A424, toujours préparée par Signatech sera équipée d’un châssis Oreca et d’un moteur V6 3,4L. Ferdinand Habsburg, Paul-Loup Chatin et Charles Milesi défendront les intérêts de la #35. Nicolas Lapierre, Matthieu Vaxiviere et Mick Schumacher dans la #36, feront office d’équipage référence.

Cadillac, repartir de l’avant

Comme en 2023, Cadillac sera toujours de la partie. Mais avec une seule auto, le constructeur américain risque de manquer de ressources face à ses adversaires. Après un début de saison convaincant l’an passé, traduit par un podium lors du double tour d’horloge, la V-Series.R a traversé dans l’ombre les trois dernières épreuves. L’écurie ne devrait s’appuyer que sur deux pilotes sur les manches de 6 Heures. Mais on sait déjà que Sébastien Bourdais viendra prêter main forte aux titulaires Earl Bamber et Alex Lynn au Qatar. Pour le Mans, Cadillac portera son contingent à trois autos.

BMW et Lamborghini, la grande inconnue

Pour BMW, c’est un retour dans la grande catégorie pour la première fois depuis 25 ans. Cette année-là, en 1999 la marque bavaroise avait remporté son unique succès dans la Sarthe. Après s’être préparé en IMSA en 2023, BMW arrive en WEC avec la ferme intention de jouer les trouble-fêtes. Même si on se veut pragmatique chez Sheldon Van der Linde, pilote sud-africain officialisé dans la #20 avec René Rast et Robin Frijns : « On doit être réaliste quant à nos objectifs. On ne peut pas s’attendre à commencer en battant Ferrari ou Toyota, on doit vraiment construire la voiture étape par étape, s’assurer de disposer d’une bonne plateforme avec laquelle débuter au Qatar » déclarait ce dernier en janvier dans les colonnes de Motorsport.com. La M Hybrid V8, malgré des résultats peu convaincants aux États-Unis, a le soutien, en WEC, du team WRT qui exploite l’auto, une référence du LMP2 ces dernières années. La seconde BMW, frappée du numéro 15, sera confiée à Raffaele Marciello, Marco Wittmann et Dries Vanthoor.

Place à Lamborghini. La firme de Sant’Agata Bolognese n’alignera qu’une seule auto. La SC63, exploitée par Iron Lynx, est le premier prototype à concourir en endurance. Vêtue de verte, la machine en découdra en IMSA et en WEC. L’équipage du WEC mêlera expérience en F1 et en endurance. Danill Kvyat, Edoardo Morata et Mirko Bortoloti auront la lourde tâche de mener à bien le programme usine du constructeur italien. Romain Grosjean est attendu sur la deuxième SC63 aux 24h du Mans.

La catégorie Hypercar sera garnie d’un autre constructeur, un petit nouveau en la présence et lieu d’Isotta Fraschini. Le team privé italien a développé une LMH avec un système hybride. La Tipo6 LMH-C est préparée par l’équipe française Team Duqueine. Jean-Karl Vernay, Antonio Serravalle et Carl Bennet formeront le trio de la firme italienne.

LM GT3 : Corvette remet son titre en jeu

Exit les GTE, le LM GT3 devient la nouvelle et seule catégorie de GT en championnat du monde d’endurance. Déjà habitués des séries ELMS, IMSA et ALMS, les GT3 viennent remplacer les GTE, très performantes, mais trop coûteuses pour les constructeurs. Reposant sur le principe de la compétition client, neuf marques se disputeront la gagne cette année : aux expérimentés Corvette, Porsche, Ferrari et Aston Martin, viennent se greffer Ford, BMW, Lamborghini, McLaren et Lexus.

Championne en titre, Corvette remet son titre en jeu avec sa nouvelle Z06, inspirée de la dernière C8.R. TF Sport, traditionnel bras droit d’Aston Martin, exploitera les deux autos qui porteront les numéros 81 et 82. Charlie Eastwood et Rui Andrade piloteront notamment la première, le Français Sébastien Baud est annoncé sur la deuxième.

Ferrari avec la 296 GT3, Porsche avec sa 911

Qui dit nouvelle catégorie dit nouvelle voiture. Vista AF Corse engage deux Ferrari 296 GT3, héritières des anciennes 488 GTE qui ont tout gagné en course. En soi, la 296 GT3 n’est pas tout à fait nouvelle puisqu’elle a disputé la saison IMSA 2023, dans les catégories GTD et GTD Pro. Pour des résultats très mitigés même si elle s’est imposée avec le Risi Competizione à Daytona au mois de janvier. La première course au Qatar donnera de premières indications à un team qui fait confiance à des pilotes aguerris de la discipline : Thomas Flohr, Francesco Castellacci et Davide Rigon seront sur la #54, Alessio Rovera, François Hériau et Simon Mann sur la #55.

Les teams Manthey EMA et PureXcing engagent tous deux des Porsche 911 GT3, traditionnelles voitures de série déjà vues en compétition. Richard Lietz, sur la #91, fait office de capitaine de route d’une équipe qui cherchera à retrouver les sommets du GT. Pour rappel, le dernier titre de Porsche en WEC remonte à la super saison 2018-2019, à l’époque de la 911 RSR.

BMW et Ford de retour

Les deux emblématiques constructeurs avaient quitté le GTE fin 2019. Les voilà de retour en LM GT3. Comme en Hypercar, BMW pourra compter sur le soutien de WRT pour l’exploitation de la M4 GT3. Une voiture qui a concouru en IMSA l’an dernier. La principale arme du team sera sans aucun doute son line-up de pilotes très prometteurs. Augusto Farfus, Sean Gelael, Maxime Martin ou encore le multiple champion du monde de moto GP Valentino Rossi pourraient bien faire des étincelles.

Pour succéder à la mythique Ford GT, revenue en WEC en 2016, 50 ans après sa première victoire aux 24h du Mans, Proton Compétition alignera sur la grille deux Ford Mustang GT3. Pour le coup, l’Américaine qui développe un V8 atmosphérique de 5,4L n’a fait ses débuts en compétition qu’à l’occasion des dernières 24 Heures de Daytona. Les deux autos porteront les numéros 77 et 88.

United Autosports avec McLaren, Akkodis ASP Team avec Lexus

Ce n’est pas un hasard si United Autosports, l’un des acteurs principaux du LMP2 ces dernières années, s’est associé à McLaren. Le patron du constructeur britannique, Zack Brown détient United Autosports. Le rapprochement était donc de toute évidence entre les deux parties. La 720S, parée d’orange et noir, espère faire merveille dès ses débuts. Clin d’œil à l’histoire, l’une des deux autos est auréolée du numéro 59 qui rappelle la victoire au général de McLaren aux 24 Heures du Mans 1995.

Si Lexus arrive en WEC, la marque nippone n’en est pas à ses premiers tours de roue en GT. Championne du monde en titre (pilotes et constructeurs) IMSA en 2023, il y a des chances de retrouver Akkodis ASP Team, son équipe d’exploitation, aux avant-postes. D’autant plus quand vous comptez dans vos rangs José Maria Lopez, vainqueur des 24 Heures du Mans au scratch avec Toyota en 2021, et Arnold Robin, vainqueur de la dernière Michelin Le Mans Cup.

Mais aussi…

Aston Martin, associé au Heart Racing Team et D’Station Racing étrennera son AMR Vantage GT3. Champion du monde GTE avec l’entité britannique en 2016 et 2019-2020, Marco Sorensen est toujours là et sévira dans la #777.

Enfin, Lamborghini se présentera avec sa Huracan GTE EVO2. Les deux équipes d’exploitation, Iron Lynx et Iron Dames sont chargées du programme de la firme italienne. Doriane Pin, qui remplace Rahel Frey composera le trio des Iron Dames aux côtés de Michelle Gatting et Sarah Bovy.

24 Heures du Mans : vers un nouveau record d’affluence

La billetterie à peine ouverte, les places pour obtenir le fameux sésame se sont envolées à prix d’or. Oui, l’endurance et les 24h du Mans attirent ou réatterrirent du monde, des passionnés bien sûr comme de simples curieux. Après un centenaire fêté en grande pompe et en présence de 325 000 spectateurs, le soufflet ne devrait pas retomber, bien au contraire. Sur la piste, 62 voitures se mêleront à la lutte pour la victoire. Plus acceptées en WEC, les LMP2 feront leur retour dans la Sarthe. 23 Hypercars, 16 LMP2 et 23 LM GT3, la bataille s’annonce âpre et le suspense garanti.

Le calendrier de la saison 2024

Signe du regain d’intérêt pour le championnat, le WEC porte à 8 son nombre de courses. Portimão et Monza remplacés, Austin et São Paulo font leur retour au calendrier. La nouvelle ère de l’endurance amorcée l’année dernière, il n’y a plus qu’à espérer que ce chiffre augmente pour les prochaines saisons.

Samedi 02/03 : 1812 km du Qatar (Qatar)

Dimanche 21/04 : 6 Heures d’Imola (Italie)

Samedi 11/05 : 6 Heures de Spa-Francorchamps (Belgique)

Samedi et dimanche 15 et 16/06 : 24 Heures du Mans (France)

Dimanche 14/07 : 6 Heures de São Paulo (Brésil)

Dimanche 01/09 : 6 Heures d’Austin (États-Unis)

Dimanche 15/09 : 6 Heures de Fuji (Japon)

Samedi 02/11 : 8 Heures de Bahreïn (Bahreïn)

 

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *