Nous suivre

Edito

XV de France : l’art et la manière de se saborder

Nicolas Jacquemard

Publié

le

XV de France : le groupe pour affronter le Pays de Galles
Photo Icon Sport

EDITO – Le XV de France a trouvé un nouveau souffle avec l’arrivée d’un nouveau staff il y a un peu plus d’un an. Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des monde. Oui, mais ça, c’était avant.

Jusqu’ici, tout allait bien

Il était une fois le XV de France, la vitrine du rugby français, en panne sèche de résultats et en désamour avec son public, à l’aube du Tournoi des 6 Nations 2020. La magie est au rendez-vous : Anglais, Gallois et Irlandais en font les frais, les Écossais profitent d’une supériorité numérique pour nous envoyer une petite piqûre de rappel. Cette petite claque derrière la tête semble même faire un bien fou, le cas Haouas est géré à merveille pour le XV de France. Le conte de fée est en marche, mais les premières embûches arrivent à l’été 2020 avec la crise sanitaire toujours présente et un conflit latent entre la LNR et la FFR.

Finalement, un accord est trouvé et ces errements loin du groupe ne laissent aucune trace. Les Bleus se retrouvent et la magie continue d’opérer. Si les Fidji déclarent forfait, toutes les équipes passent à la casserole, et même les Anglais tremblent malgré une équipe très largement remaniée. Le rêve éveillé se poursuit car même si le XV de France n’a gagné aucune des deux compétitions, les certitudes sont là : un groupe soudé, un pack solide et un petit génie surnommé premier ministre en chef d’orchestre, ce type de joueur qui fait gagner les grands matchs.

Quand les Bleus se retrouvent en 2021, c’est d’ailleurs Antoine Dupont qui donne la mesure contre l’Italie pour la première victoire de l’année. Le déplacement en Irlande qui s’en suit est la confirmation, avec une nouvelle victoire, première depuis 2011 en terres irlandaises. Il n’y a plus de doute, nous sommes en plein rêve bleu. Le XV de France est sur son tapis volant qui doit le mener jusqu’à la prochaine Coupe du monde, à la maison. Si dans le dessin animé, Jafar est un ennemi désigné d’Aladdin, l’équipe de France n’aura eu besoin de personne pour redescendre de son petit nuage. Une chute du tapis volant qui peut faire mal.

Un lien de confiance rompu ?

Fabien Galthié n’a pas respecté la bulle, Bernard Laporte l’a finalement reconnu dimanche soir sur la plateau de Stade 2, après avoir d’abord affirmé l’inverse sur RMC Sport deux jours auparavant, en venant même à se prendre le bec avec son ancien collègue Eric Di Meco. L’erreur du sélectionneur est regrettable car elle brise un contrat de confiance. Et si l’on peut comprendre que de tenir deux mois dans une bulle peut être contraignant, c’est le prix à payer pour pouvoir continuer de vivre sa passion, alors que le cinéma, les théâtres ou les festivals sont eux à l’arrêt.

La NRL, championnat australien de rugby à XIII, a imposé sept mois de bulle sanitaire aux joueurs et au staff des sept équipes en 2020, cela a été respecté et la saison s’est terminée sans aucun report. La NBA a vécu aussi de nombreuses semaines sous cloche pour finir sa saison. Fabien Galthié a donc rompu un lien de confiance avec ses joueurs, et c’est bien celui-ci qui semblait être la clé du renouveau des Bleus : une équipe soudée qui irait à la guerre sans poser la moindre question à son sélectionneur, tellement la confiance était aveugle.

Et ensuite ?

Les futurs dommages sont pour le moment difficiles à quantifier, et ce n’est pas parce que les Bleus gagneront ou perdront leurs prochains matchs qu’il faudra tirer des conclusions hâtives, dans un sens ou dans l’autre. Seul le temps sera juge de paix. Au-delà de l’erreur d’un homme, on peut s’interroger aussi sur la communication du président Laporte qui, au lieu de faire preuve de transparence, s’emporte pour tenter de défendre des hommes, Serge Simon et Fabien Galthié, et peut-être bien au détriment des joueurs du XV de France, si on en croit les révélations de L’Équipe.

Le XV de France a maintenant 15 jours pour préparer un déplacement en Angleterre. La reprise de la marche en avant aiderait à faire oublier cet accroc qui rappelle malgré tout que l’on n’a besoin de personne pour se mettre des bâtons dans les roues.

Dicodusport


Passionné de sport et entrepreneur depuis mes 18 ans, la création de Dicodusport m'a semblé évidente pour participer à la médiatisation d'un plus grand nombre de sports. Le chemin est long mais avec une équipe des plus motivées et les Jeux Olympiques de Paris 2024 en point de mire, nous y arriverons !

Clique pour commenter

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des

Fil Info

Actus à la une

Nous suivre sur Facebook

Sondage

Peter Sagan, une bonne pioche pour la Deceuninck-Quick Step ?