6 Nations 2023 : Le XV de France deuxième, est-ce si grave ?
TOURNOI DES 6 NATIONS 2023 – La France a abandonné sa couronne au profit de l’Irlande lors de ce Tournoi des 6 Natons 2023. Est-ce inquiétant à six mois de la Coupe du monde en France ? Éléments de réponse.
L’Irlande a pris l’ascendant
L’enseignement majeur de ce Tournoi, c’est que l’Irlande a pris l’ascendant sur les autres nations européennes. Au-delà du Grand Chelem et du record de points, c’est cette impression de maîtrise qui a émané du XV du Trèfle et qui a impressionné tout le monde. Ce n’est pas forcément spectaculaire, et ne vous attendez pas à voir du French Flair du côté de l’Irlande. Mais une machine implacable qui use ses adversaires. Des adversaires, comme les Anglais et les Écossais, qui sont dans le coup jusqu’à l’heure de jeu. Mais qui craquent physiquement sous les coups de butoir des avants verts, qui permettent de libérer des espaces aux arrières.
Dont certains, comme l’ailier James Lowe, qui ont martyrisé la défense. À 30 ans, le joueur du Leinster a réalisé un tournoi plein, tant sur le plan défensif qu’offensif, avec trois essais inscrits et de nombreuses interventions déterminantes sur le plan défensif. Ajoutez y la science d’un Jonathan Sexton, avec un jeu au pied toujours très juste, pour remettre la pression, et vous avez là un cocktail parfait pour faire exploser la défense adverse. Les Anglais n’étaient qu’à un point de retard à l’heure de jeu (10-9), les Ecossais à égalité à la 57ème (10-10) et les Français à six points de retard à la 62e (25-19). Tous ont concédé au minimum un essai dans le money time.
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L’Irlande décroche le 4e Grand Chelem de son histoire après 1948, 2009 et 2018 !#SixNations | #SixNations2023 pic.twitter.com/msE0ma7qIa
— Six Nations (FR) (@SixNations_FR) March 18, 2023
Les Bleus ont globalement moins maîtrisé qu’en 2022
Du côté des Bleus, il a vraiment fallu attendre la démonstration à Twickenham, lors du 4ème match contre les Anglais (10-53), pour retrouver cette impression de maîtrise, qui a fait la force de ce XV de France tout au long de l’année 2022 et de ses 14 victoires consécutives. Auparavant, les Tricolores ont dû passer par un match décousu contre l’Italie à Rome, où les Bleus ont été bousculés par une équipe italienne qui a joué crânement sa chance, et qui ne s’est inclinée que de cinq points (29-24).
Les Bleus sont ensuite tombés face à la machine irlandaise, non sans combattre. Si les hommes de Fabien Galthié n’ont pas démérité, tout au long du match, on a senti la maîtrise qui avait changé de camp, pour la première fois face aux Irlandais depuis que l’ancien demi de mêlée est arrivé à la tête des Bleus (32-19). Et le match contre l’Écosse, marqué par deux cartons rouges, n’a pas été marqué par une grande maîtrise. L’issue du match étant incertaine jusqu’à l’essai de la délivrance de Gaël Fickou (32-21).
La vérité du tournoi n’est pas celle du Mondial
Maintenant, faut-il s’alarmer d’avoir perdu le leadership européen à six mois du Mondial ? Non, clairement pas. Les Bleus n’ont pas fait un mauvais Tournoi, loin de là, avec quatre victoires en cinq rencontres. Surtout, ils l’ont conclu avec deux succès probants contre l’Angleterre (10-53) et le Pays de Galles (41-28). Surtout, les Bleus, vainqueurs du Tournoi en 2022, n’avaient pas fait de l’édition 2023 l’objectif prioritaire. L’objectif, tout le monde le sait, est à l’automne, avec une Coupe du monde à la maison, pour laquelle les Bleus sont parmi les grands favoris. Sans les empêcher de faire de très beaux mouvements de rugby durant ce Tournoi.
Messieurs-dames, le XV de France. pic.twitter.com/wU6MhDyt7P
— Gauthier Baudin (@GauthierBaudin) March 18, 2023
Et l’histoire montre que briller au Tournoi des 6 Nations, l’année du Mondial, est loin d’être un gage de réussite pour ce dernier. Les Irlandais sont bien placés pour le savoir. Ils se sont imposés en 2015, sans faire le Grand Chelem, avant d’être éjectés en quarts de finale par l’Argentine (20-43). À l’inverse, les Bleus, tenants du titre, avaient pris une piteuse dernière place du Tournoi des 5 Nations 1999. La suite, on la connaît, avec cette épopée lors du Mondial et de cette incroyable victoire en demies contre la Nouvelle-Zélande (43-31). En 2011, malgré la deuxième place, le XV de France, également vainqueur sortant, n’avait guère rassuré, avec deux défaites, dont une en Italie (22-21). Avant de se hisser en finale de la Coupe du monde, chez et face aux Blacks (défaite 8-7).
Les équipes européennes ont pris le leadership
Ce qui doit rassurer les Bleus, c’est qu’ils ont certes perdu leur couronne, mais ils l’ont cédée dans un Tournoi d’une immense qualité. Le nombre de grands matchs, disputés à haute intensité dans ce Tournoi est faramineux. L’incroyable victoire de l’Écosse en Angleterre, au terme d’un match fou (23-29) lors de la première journée. La qualité de cet Irlande-France était également digne d’une finale de Coupe du monde, avec 46 minutes de temps de jeu effectif. La dernière journée a accouché de trois très beaux matchs. Même l’Italie et sa cuillère de bois ont fait honneur au Tournoi. En vendant chèrement sa peau face aux Français, Irlandais ou même Écossais.
C’est un constat depuis 2022 : renforcé par le 6 Nations 2023, les nations européennes ont pris l’ascendant sur celles du sud. C’est un constat à l’instant T, et rien ne dit que Néo-Zélandais, Australiens ou Sud-Africains – sans oublier les Argentins – ne sont pas capables de rattraper leur retard. Mais l’Europe a pris le dessus, que ce soit sur le plan rugbystique ou physique. On a vu des Français faire plier les Australiens et des Sud-Africains en fin de match. On a vu une Irlande donner la leçon aux Néo-Zélandais chez eux (22-32) l’été dernier.
Voir la France deuxième des Six Nations voudrait-il tout simplement dire que les Bleus s’affirment a minima comme les numéro 2 mondiaux ? On va évidemment éviter de tirer des conclusions hâtives, mais les motifs d’espoirs restent nombreux.
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