Vollering, Reusser, Ferrand-Prévot… les favorites et outsiders du Tour de France Femmes 2025
TOUR DE FRANCE FEMMES 2025 – Battue par Katarzyna Niewiadoma en 2024, Demi Vollering (FDJ-Suez) reste la grande favorite du Tour 2025. Mais dans un cyclisme féminin en constant progrès, les prétendantes au podium seront nombreuses. Le Tour 2024 a montré qu’aucune hiérarchie ne pouvait être définie à l’avance.
- À ce sujet – L’actualité du cyclisme sur route
Demi Vollering revancharde
Vaincue pour quatre petites secondes en 2024, nul doute que le scénario du Tour de France Femmes reste encore en travers de la gorge de Demi Vollering. La Néerlandaise, passée cette saison chez la formation française FDJ-Suez, sera la candidate numéro un pour la Grande Boucle. Qu’elle a remportée en 2023 haut-la-main. Pas de contre-la-montre en 2025 (exercice où elle avait triomphé sur le Tour 2024), mais de la montagne de façon historiquement copieuse sur cette édition. Une grande arrivée au Col de la Madeleine au milieu de quatre étapes avec de vrais cols, qui vont favoriser Demi Vollering. Qui, il ne faut pas l’oublier, sans sa chute qui lui fait perdre plus d’une minute à Amnéville, viendrait défendre une double couronne, sur ce Tour 2025.
Demi Vollering réalise un presque sans faute sur les courses à étapes en 2025. Victoire sur le Tour de la Communauté de Valence, victoire sur le Tour d’Espagne (son deuxième consécutif), victoire sur le Tour du Pays Basque et victoire sur le Tour de Catalogne. Seul le Tour de Suisse lui a résisté, quand elle est tombée sur une très grande Marlen Reusser (Movistar). Son ancienne coéquipière, chez la Team SD Worx-Protime, qui la prive du Grand Chelem de début de saison. Absente des routes du Giro, remporté par Elisa Longo Borghini (Team UAE-ADQ), la Néerlandaise se prépare pour le Tour. Et aura une belle équipe autour d’elle, avec les deux Tricolores, Évita Muzic et Juliette Labous.

« Kasia » Niewiadoma sans les mêmes certitudes qu’en 2024
Sa joie avait été un vrai contraste avec la détresse de Demi Vollering. Si les circonstances ont aidé Kasia Niewiadoma (Canyon/SRAM-Zondacrypto), il ne faut pas oublier qu’elle est allée se chercher elle-même sa victoire, lors de l’arrivée vers l’Alpe d’Huez, juge de paix du Tour 2024. Lâchée dès le Col du Glandon par Demi Vollering, beaucoup auraient sombré mentalement. Au contraire, la Polonaise s’est remobilisée par la suite. Pour résister dans les pentes de la station mythique et garder son maillot jaune. Pour ce qui est peut-être la plus belle course de l’année, hommes et femmes confondus.
Néanmoins, Kasia Niewiadoma semble avoir un petit coup de retard cette année. Avec un Tour de France à digérer. On ne prendra pas en compte sa 11ème place sur la Vuelta. En 2024, elle n’y avait pas été davantage performante (abandon). Ce sont surtout ses classiques ardennaises qui laissent dubitatif. Avec au mieux une 4ème place lors de la Flèche Wallonne, dont elle était la tenante du titre. Et une 9ème place sur Liège-Bastogne-Liège. Attention à ne pas enterrer la coureuse de 30 ans. Qui a terminé troisième du dernier Tour de Suisse, derrière Marlen Reusser… et Demi Vollering. Et qui n’a été réellement mise en difficulté que lors d’une descente, lors de la première étape (troisième à 1:42 du duo Reusser/Vollering). À la pédale, elle a su répondre présent. Elle ne sera pas sur le Tour de France pour y faire de la figuration.

Incertitudes chez les autres leaders
Kasia Niewiadoma n’est pas la seule à arriver sur le Tour avec des incertitudes. C’est le cas de la Belge Lotte Kopecky (Team SD Worx-Protime). La championne du monde, malgré sa victoire sur le Tour des Flandres, réalise une année 2025 plutôt délicate. Notamment dans la montagne, où elle n’a absolument rien montré de probant cette année. Ce qui n’a pas été le cas de 2024 (victoire sur le Tour de Romandie, deuxième du Tour d’Italie et vainqueur de l’UAE Tour). Et même de 2023, où elle a pris la 2ème place du Tour de France, en se montrant très étonnante dans le Tourmalet, en soutien de Demi Vollering (6ème de l’étape). Son objectif est de briller sur le Tour de France. Elle va devoir élever le curseur. Comme sa coéquipière Anna van der Breggen, seulement 6ème du dernier Tour d’Italie et en souffrance dans la montagne.
Interrogations autour de Marlen Reusser (Movistar). Qui a affiché des faiblesses sur les routes du Tour d’Italie, dont elle termine deuxième du général, alors qu’elle a longtemps porté le maillot rose et qu’elle était la favorite. L’absence de chrono, sur ce Tour de France, n’est pas en sa faveur. La Suissesse a beaucoup couru depuis sa 2ème place sur la Vuelta. La fatigue l’a peut-être rattrapée en Italie. Si c’est le cas, le Tour risque d’être compliqué. Son bourreau en Italie, Elisa Longo Borghini (Team UAE-ADQ) revient sur le Tour de France pour la première fois depuis 2022 (6ème du général). Elle a moins couru cette saison. La championne d’Italie a brillé chez elle, mais a-t-elle l’envergure pour gagner le Tour ? C’est une excellente question.
Troisième du Tour 2024 (à 10 secondes de la gagne), Pauliena Rooijakkers (Fenix-Deceuninck) monte en puissance au fil des courses. Elle sort d’une quatrième place sur le Tour d’Italie. Mais sans vraiment être capable de jouer mieux (elle est à 1:44 du podium). Son année 2025 n’est guère enthousiasmante pour l’heure.

Les potentielles surprises
À l’inverse, le Tour de France peut permettre à certaines coureuses de continuer de se révéler. Comme ce fut le cas, d’une Pauliena Rooijakkers l’an passé. On pense à la Mauricienne Kimberley Le Court (AG Insurance-Soudal Team). Qui a remporté Liège-Bastogne-Liège à la surprise générale. En faisant preuve d’une belle capacité d’endurance. D’abord en difficulté, elle est revenue dans le jeu. Difficile de cerner les limites de celle qui a remporté en échappée une étape du Tour d’Italie 2024. Quelles sont ses capacités de récupération ? Quand on pense surprise, on pense aussi à Pauline Ferrand-Prévot (Visma-Lease a Bike). Dont l’ambition de son retour sur route est de remporter le Tour de France… D’ici à trois ans. Elle a remporté Paris-Roubaix à la surprise générale cette année.

Quid des Françaises ?
On a évoqué le cas de Pauline Ferrand-Prévot, mais à l’instant T, c’est sans doute Cédrine Kerbaol (EF Education-Oatly) qui offre le plus de garanties. Après un début de saison compliqué, la Française est en forme en ce printemps. Quatrième du dernier Liège-Bastogne-Liège, en ayant un temps entrevu la victoire. Encore quatrième du Tour d’Espagne, en ayant franchi un cap en montagne : la Bretonne a progressé partout. Même s’il n’y a pas de contre-la-montre, sa force en plaine, malgré son petit gabarit, peut-être un atout pour être bien placée sur les étapes piégeuses. Sixième la saison passée, il faudra voir ce qu’est capable de faire Kerbaol, alors que la startlist sera très solide cette année. Un Top 5 serait une très belle performance et une confirmation de ses capacités sur les courses à étapes.



