Le Baron, Minard, Petit… 5 athlètes français qui peuvent se révéler en 2026
ATHLÉTISME – Focus sur cinq athlètes français susceptibles d’exploser au niveau international lors de la saison 2026.
Maëlle Porcher – 5 000 m
La liste des prétendantes françaises sur 5 000 m aux championnats d’Europe de Birmingham pourrait être particulièrement dense en 2026. L’Angoumoisine Maëlle Porcher peut clairement en faire partie. Depuis son départ aux États-Unis en 2023, elle ne cesse de progresser, au point de réaliser 9:01.17 sur 3 000 m en salle en décembre 2024, soit la deuxième meilleure performance française de l’hiver, derrière les 8:48.39 de Sarah Madeleine.
Maëlle Porcher a également battu son record personnel sur 5 000 m, avec un chrono de 15:32.59 réalisé le 17 mai 2025, soit la quatrième performance française de l’année. Les minima d’European Athletics (et de la FFA) pour les championnats d’Europe 2026 ne sont pas encore connus à l’heure où nous écrivons ces lignes. À titre de comparaison, ceux fixés pour Rome en 2024 étaient de 15:15.00.
Si Sarah Madeleine et Alessia Zarbo, toutes deux passées sous les 15 minutes en 2025, semblent intouchables, une troisième place pourrait s’ouvrir si Aude Clavier (15:05.19 en 2025) fait le choix du 3 000 m steeple, comme ce fut le cas en 2024 à Rome. Il faudra alors réaliser les minima – probablement plus exigeants qu’à Rome – et terminer dans les trois premières aux Championnats de France Élite.
Une médaille de bronze, Maëlle Porcher en connaît déjà la saveur, avec une troisième place décrochée à Angers en 2024. Les premiers indicateurs de forme cet hiver sont encourageants : elle a déjà couru un 5 000 m indoor en décembre dernier, en 15:58.54, son record en salle, une marque encore perfectible.

Luc Le Baron – 3 000 m steeple
Ce serait une récompense méritée pour le demi-fondeur, qui frôle la sélection en équipe de France depuis deux saisons sans encore toucher le Graal. On le sait, le 3 000 m steeple est l’une des disciplines les plus concurrentielles en France. L’exemple de Djilali Bedrani, vice-champion d’Europe à Rome mais non qualifié pour les Jeux olympiques quelques semaines plus tard, en est l’illustration parfaite.
Luc Le Baron a lui aussi caressé le rêve de Tokyo en portant son record personnel à 8:13.70, à seulement quatre centièmes des minima FFA pour le rendez-vous japonais. À 23 ans, le niveau international, il l’a déjà.
Il ne lui manque désormais qu’un soupçon de réussite. Une réussite qui pourrait bien arriver en 2026, tant l’Amiénois tourne autour. Les progrès observés cet hiver sur le long sont encourageants, avec notamment un record amélioré de 13 secondes sur 10 km, porté à 28:26 lors de la Corrida de Houilles. Un indicateur positif avant la suite de la saison, après être passé par la case cross.
Bérénice Petit – Perche
Elle a frappé fort dès le début de la saison hivernale. Avec un saut à 4,51 m, Bérénice Petit est passée à seulement trois centimètres de son record personnel établi la saison précédente. Au-delà de cette barre franchie, la perchiste s’est attaquée à 4,76 m, hauteur synonyme de record de France. Des tentatives encore exploratoires, mais loin d’être anodines à de telles hauteurs.
C’est sans doute là l’information majeure : Bérénice Petit semble capable de franchir rapidement des barres à 4,60 m et au-delà. Dans un saut à la perche féminin décomplexé par les performances de Ninon Chapelle, Margot Chevrier ou encore Marie-Julie Bonnin, plus rien ne semble impossible.
Cette rentrée hivernale s’inscrit dans la continuité d’une saison 2025 déjà très aboutie, marquée par un record amélioré de 20 centimètres par rapport à 2024, porté à 4,54 m, ainsi que trois concours à 4,50 m ou plus. À 28 ans, l’Orléanaise présente la particularité de n’avoir encore jamais été sélectionnée en équipe de France A, hors cadre universitaire, y compris chez les jeunes. Les minima pour Rome étaient fixés à 4,50 m en 2024 et devraient être légèrement relevés en 2026, sans pour autant paraître inaccessibles. Un passage par le podium aux Championnats de France Élite sera sans doute nécessaire, ce qui tombe bien pour la vice-championne de France en titre en plein air.
Alizée Minard – Javelot
Dans une liste de qualifiées pour Tokyo globalement encourageante du côté de la FFA, Alizée Minard fait figure d’exception. Qualifiable au ranking, elle aurait sans doute mérité de participer au rendez-vous japonais. Pour la première fois de sa carrière, elle a franchi la barre des 60 mètres avec un jet à 60,65 m, réalisé au meilleur des moments, lors des Championnats de France Élite.
Une preuve de sa capacité à répondre présent lors des grands rendez-vous et à gérer son pic de forme. Après une révélation en 2021, cette performance marque une nouvelle étape majeure dans sa carrière, faisant d’elle la cinquième Française de l’histoire à dépasser les 60 mètres au javelot.
Les disciplines de lancer récompensent souvent une certaine maturité. À l’aube de ses 29 ans, Alizée Minard semble arriver au bon moment pour découvrir un premier grand championnat international. Déjà familière de l’équipe de France A via la Coupe d’Europe par équipes et la Coupe d’Europe des lancers, elle pourrait viser un Top 8 continental en cas de qualification. À Rome, les minima étaient fixés à 60,50 m et, dans une discipline relativement stable au niveau européen, ils ne devraient pas être beaucoup plus élevés en 2026.
Théo Schaub – 200 m
À 25 ans, le sprinter a signé une saison 2025 pleine de promesses. Il a explosé ses records personnels sur 60 m (de 6.90 à 6.78), sur 100 m (de 10.47 à 10.33) et surtout sur 200 m (de 20.96 à 20.64). C’est sur le demi-tour de piste que son profil devient particulièrement intéressant, avec la quatrième performance française de l’année.
Au-delà du chrono brut, c’est sa régularité sous les 20.70 qui a marqué sa saison, avec notamment une finale des Championnats de France Élite courue en 20.66, preuve de sa solidité dans un contexte de pression. Vice-champion de France du 200 m, Théo Schaub a montré qu’il savait répondre présent dans les grands rendez-vous.
En 2024, les minima européens étaient fixés à 20.45 sur la distance. Un écart de deux dixièmes, à la fois minime et conséquent sur 200 m. Pour franchir ce cap, une progression supplémentaire sur 100 m sera sans doute nécessaire, avec un objectif compris entre 10.20 et 10.25. L’Alsacien n’a pas encore effectué de sortie cet hiver, mais ses performances sur 60 m pourraient rapidement devenir un indicateur clé. Alors que la France cherche un deuxième sprinter de référence sur 200 m derrière Ryan Zézé, Théo Schaub possède clairement les cartes pour franchir un palier.


