ATP : Le blocage psychologique d’Hugo Gaston
Challenger – Ce week-end, Hugo Gaston a perdu sa quatrième finale d’affilée, lors du Challenger de Tulln. Un record sur le circuit masculin en 2021. À chaque fois qu’il atteint le match du titre, le Toulousain se décompose et ne joue plus à son niveau. Après avoir longtemps peiné à confirmer son excellent Roland-Garros 2020, il peine aujourd’hui à transformer ses belles semaines en titres. Le mental y est pour beaucoup.
Le Challenger de Rome en Italie, le Challenger d’Iasi en Roumanie, l’ATP 250 de Gstaad en Suisse et maintenant le Challenger de Tulln en Autriche. Voilà les quatre tournois dans lesquels Hugo Gaston a atteint la finale cette année. Tous sur terre battue, sa surface favorite. Résultat des courses : aucun titre et 4 finales perdues. C’est simple, cette saison, aucun autre joueur n’a perdu autant de finales chez les hommes, circuits ATP et Challenger confondus. Un bien triste record pour le Toulousain. À chacun de ces tournois, il a pourtant montré de très belles choses. Il a notamment battu trois top 100 et six joueurs mieux classés que lui.
Contre-performances et attitude sur le court
À chaque fois, le même scénario. Un tournoi dominé de la tête et des épaules puis un craquage au moment de la finale. Et ce contre des adversaires pourtant bien inférieurs. À part sa défaite face à Casper Ruud à Gstaad, Gaston a à chaque fois perdu ses finales contre des joueurs au-delà du 220ème rang mondial. Alors que lui-même a figuré toute l’année entre la 120ème et 170ème place. Des contre-performances difficilement explicables pour celui qui est aujourd’hui parmi les meilleurs joueurs de terre battue du circuit Challenger.
Au-delà des résultats, le problème de ces défaites est l’attitude affichée sur le court. On a vu le Toulousain plusieurs fois s’énerver contre lui, ou pire, se résigner. Sa défaite à Tulln samedi en est le parfait exemple. Contre l’Allemand Moraing, il n’a pas existé. Il n’aura fallu que 47 minutes à son adversaire pour se débarrasser du Français. 6/2 6/1, 44% de points gagnés sur sa mise en jeu et seulement 4 points remportés sur le service de son adversaire : voilà les chiffres faméliques du Haut-Garonnais sur ce match. Il a très vite laissé tomber le match. Et ce alors qu’il sortait d’une excellente performance la veille face au Polonais Majchrzak, très bon joueur de terre battue. Là encore, le mental a énormément joué.
[#ATPChallenger] Hugo #Gaston (n°127) 🇨🇵 s’est incliné ce samedi en finale à #Tullin (Autriche, Challenger 100, terre battue) ! Tête de série n°8, il a perdu face à Mats #Moraing (n°242) 🇩🇪 en deux sets 6-2, 6-1.
— Jeu, Set Et Match (@jeu_set_etmatch) September 11, 2021
Beaucoup de pression pour un jeune joueur
La carrière d’Hugo Gaston est faite d’exploits. D’abord, sa victoire à l’Orange Bowl en 2017, tournoi annuel chez les Juniors qui a vu des gagnants comme Andy Roddick, Roger Federer ou Dominic Thiem. C’est là que les connaisseurs ont fait du Toulousain un grand espoir du tennis mondial. L’année suivante, il a remporté le titre olympique lors des J.O de la Jeunesse, rien que ça. Ensuite, c’est chez les professionnels, lors de l’édition 2020 de Roland-Garros, qu’il s’est fait connaître du grand public. Sa victoire face à Stan Wawrinka et son exceptionnel match contre Dominic Thiem sont encore dans toutes les mémoires.
À tout juste 20 ans, Hugo Gaston s’est retrouvé avec un énorme palmarès à (déjà) confirmer. Les caméras se sont toutes tournées vers lui. Après Roland-Garros, le public attendait de lui qu’il devienne la nouvelle star du tennis français. Un statut qu’il a encore beaucoup de mal à assumer. Et dont il ne veut pas.
On me parlait beaucoup de [mon 8ème de finale à Roland-Garros 2020] dans n’importe quelle presse que je faisais. C’était pesant, même si je ne le disais pas clairement. Je suis déjà passé à autre chose depuis longtemps. J’aimerais qu’on arrête ça, j’ai envie de me concentrer sur le futur et pas le passé. À chaque fois que je suis sur un tournoi, les gens ne vont me parler que de ce que j’ai fait à Roland-Garros l’année dernière. Ce sont des bons souvenirs, mais je n’ai pas envie de penser à ça : c’est du passé. – Hugo Gaston, dans un entretien à l’Équipe en juin dernier
Le choix qu’il a fait de se faire les dents sur la terre battue des circuits secondaires est probablement le bon. Le tout est qu’il apprenne en progressant à son rythme. Son premier titre devrait pouvoir le débloquer. Pour cela, il faudra continuer à travailler dur et afficher une meilleure attitude sur le court. Il a d’ailleurs engagé depuis quelques mois un préparateur mental pour pallier ce problème. L’avenir est encore devant lui.
« Je ne vais pas me mettre + de pression que ça. Evidemment, si je parviens à gagner des matches comme l’an dernier, je ne vais pas m’en priver. Mais je suis dans une logique de plaisir. Ce qui s’est passé en 2020 ne m’offre aucune garantie. »
Hugo Gaston
(via @ladepechedumidi) pic.twitter.com/xak4mII793
— We Are Tennis France (@WeAreTennisFR) May 25, 2021


