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Tour de France

Baptiste Veistroffer, prix du combatif et héros solitaire de la 5e étape du Tour de France 2026

Nicolas Grasser

Publié le

Baptiste Veistroffer, prix du combatif et héros solitaire de la 5e étape du Tour de France
Photo via Charly Lopez/ASO

TOUR DE FRANCE 2026 – Baptiste Veistroffer n’a pas remporté la 5e étape du Tour de France 2026, mais son échappée solitaire et son prix du combatif rappellent que le panache a toujours sa place sur la Grande Boucle.

C’est l’occasion de souffler pour les coureurs avant l’étape du Tourmalet, et tous les suiveurs sont à la sieste, persuadés qu’aucun homme ne serait assez fou pour prendre l’échappée. Pourtant, Baptiste Veistroffer va en décider autrement. Au kilomètre zéro, calé dans le sillage de la voiture ouvreuse, le Breton place son attaque et prend l’échappée, seul. Parfaitement posé sur sa machine, il broie ses pédales et maintient une moyenne qui frise les 45 km/h pendant plus de 130 kilomètres avant d’être repris par la meute des sprinteurs, qui se joue, inévitablement, la victoire.

On peut alors se dire : il est naïf, il se fatigue pour rien, c’est une tête de mule, un Breton qui tente de résister aux irréductibles sprinteurs. Pourtant, Baptiste Veistroffer sait qu’il n’a aucune chance. Il n’allait pas l’emporter à Pau, mais il allait rendre honneur à son maillot, remercier le public et perpétuer fièrement une tradition française.

Baptiste Veistroffer, héritier de la grande tradition française des baroudeurs

Ce goût du large n’est pas une nouveauté dans le cyclisme tricolore, il en est presque une marque de fabrique. Jacky Durand en a offert l’un des exemples les plus purs en 1994 : parti dès le départ, il avait résisté à ses compagnons d’échappée puis à un peloton lancé à sa poursuite pour s’imposer en solitaire à Cahors, avec le maillot de champion de France sur les épaules.

Avant lui, en 1947, Albert Bourlon avait signé ce qui reste à ce jour l’échappée la plus folle de l’histoire du Tour : 253 kilomètres en solitaire entre Carcassonne et Luchon, pour 16 minutes et 30 secondes d’avance à l’arrivée sur le deuxième. Un record toujours d’actualité près de quatre-vingts ans plus tard, à une époque où oreillettes et capteurs de puissance ont rendu ce genre d’exploit quasiment impossible à reproduire.

Plus près de nous, Sandy Casar a lui aussi bâti sa légende sur ce registre, avec trois victoires d’étape décrochées après de longues échappées. Sans oublier Thomas Voeckler, vainqueur à Perpignan en 2009 devant les sprinteurs, ou encore Sylvain Chavanel, qui l’avait emporté à Montluçon devant son compagnon d’échappée Jérémy Roy, avec 1 minute d’avance sur le peloton.





Baptiste Veistroffer perpétue cette tradition. Il tente quand cela semble impossible. Et gagne parfois, comme il est parvenu à le faire en partant au kilomètre zéro lors du Tour d’Oman, en début de saison.

Le prix du combatif, l’hommage aux héros qui refusent de renoncer

Le cyclisme a inventé, depuis longtemps, une distinction qui n’existe dans presque aucun autre sport : célébrer celui qui a le plus attaqué, indépendamment du résultat. Le classement du combatif du jour, et son pendant sur la durée du Tour, le Super Combatif décerné à Paris, sont l’aveu que la course ne se résume pas au classement général.

Une récompense qui raconte une autre histoire du Tour de France

Combatif, Baptiste Veistroffer l’a été en ce début de Tour de France. Dévoué à son leader Arnaud De Lie, il a tout donné pour ramener ce dernier, malade, sur la ligne d’arrivée dans les délais lors des premières étapes. Au péril de sa propre course, il a pris le risque d’accompagner son leader dans l’espoir de le sauver d’une fin inéluctable. Après l’abandon du Belge lors de l’étape qui arrivait aux Angles, le Français a obtenu sa carte blanche. Et il s’illustre dès cette 5e étape où, grâce à son échappée en solitaire, il est monté sur le podium pour récupérer le prix du combatif du jour.

Une récompense qui illustre parfaitement sa saison. Entre Lannemezan et Pau, il a franchi la barre des 2 000 kilomètres d’échappée depuis le début de la saison. Une performance rare. En 2024, l’Italien Manuele Tarozzi avait dominé ce classement très particulier avec 1 962 km au terme de la saison…

Baptiste Veistroffer, un chevalier des temps modernes dans le peloton

Il y a quelque chose de romanesque dans la manière dont Baptiste Veistroffer aborde chaque étape sans penser au lendemain. À une époque où les coureurs calculent leurs efforts au watt près, lui semble sorti d’un autre temps : celui où l’on partait à l’assaut sans certitude d’y survivre, par pur goût du panache. Un chevalier des temps modernes, en somme, égaré dans un peloton devenu comptable.

Le classement des autres maillots distinctifs

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