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Championnats du monde d'athlétisme

Ces trois Français qui vont vivre leur premier grand championnat aux Mondiaux en salle 2026

Etienne Goursaud

Publié le

Ces Bleus qui vont découvrir leur premier grand championnat aux mondiaux d'athlétisme en salle de Torun 2026
Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS DU MONDE D’ATHÉTISME EN SALLE 2026 – Focus sur trois athlètes qui vont découvrir leur premier grand championnat à Torun.

Quand on pense championnats du monde, on pense chances de médaille, titres et podiums. Mais comme à chaque grande compétition, c’est aussi l’occasion, pour certains athlètes, de découvrir leur premier grand rendez-vous international. À l’occasion des championnats du monde en salle d’athlétisme à Toruń, trois athlètes de l’équipe de France vont ainsi vivre une grande première. On vous propose d’en découvrir davantage sur eux.

Jordan Terrasse (800 m)

Dans l’une des disciplines fortes de l’athlétisme français, Jordan Terrasse est devenu l’un des gros clients tricolores de cette saison hivernale. On peut toujours invoquer les absences de Gabriel Tual et Yanis Meziane. Mais la réalité, ce sont surtout les énormes progrès du Clermontois. Dans la foulée d’un très bel été 2025, durant lequel il a porté son record personnel à 1:44.42, tout en montant sur le podium des Élites à Talence, sur la troisième marche, il a confirmé son changement de dimension. Cela récompense son passage définitif sur 800 m en 2024, après avoir usé ses pointes sur le tour de piste, avec un record à 47.36 en salle, puis sur 400 m haies, avec un record à 50.17 en 2023.

Des progrès qui l’ont incité à revenir vers la salle sur 800 m, six ans après. S’il avait déjà franchi un cap l’été dernier, cet hiver l’a installé parmi les meilleurs coureurs de 800 m au monde. Avec son chrono de 1:45.57, il a réalisé les minima pour les championnats du monde en salle. Mieux encore, il est devenu champion de France Élite en salle cet hiver, chez lui à Aubière, au terme d’une course folle conclue en 1:46.37. Son tout premier titre chez les Élites. À Toruń, il abordera la compétition avec le 17e chrono des athlètes qualifiés — en attendant d’éventuels forfaits non annoncés — et en position d’outsider pour franchir des tours en Pologne.

En plus de découvrir un grand championnat, Jordan Terrasse retrouve le maillot de l’équipe de France, presque sept ans après sa dernière sélection. C’était à l’occasion des championnats d’Europe U20 à Borås, en Suède. Il s’était alors qualifié pour les demi-finales du 400 m haies.

« Je ne m’attendais pas à atteindre un tel niveau »

Jordan Terrasse : « Non, je ne m’attendais pas à une telle progression, surtout que j’ai commencé l’hiver avec une petite blessure au pied qui m’a retardé pendant bien un mois. Au final, avec le coach et le kiné, on a réussi à vite me remettre en selle et à reprendre la préparation comme il faut. Au fur et à mesure des courses, je sentais que la forme montait, jusqu’à Metz où je réalise les minima, ce qui était quand même assez inattendu pour moi. Je ne m’attendais pas à atteindre un tel niveau. Cela m’a vraiment mis en confiance pour la suite de la saison, et notamment pour les Élites, où j’ai su montrer ma forme actuelle, et c’était vraiment très agréable. »



Je ne vois pas spécialement le championnat comme une récompense, parce que si on l’aborde de cette manière, je ne pense pas que ce soit très bénéfique pour la performance. En plus, pour quelqu’un de 25 ans, cela fait peut-être un peu tard pour intégrer l’équipe de France A. Donc je n’ai pas trop le temps d’apprendre et de faire des erreurs : je dois apprendre les choses le plus vite possible pour pouvoir performer au mieux, tout de suite, sur ce type de grand championnat. C’est sûr que cela va me donner beaucoup d’enseignements pour la suite de ma carrière.

« Les championnats de France élite m’ont donné beaucoup de confiance sur la manière d’aborder un championnat »

Les championnats de France élite m’ont donné beaucoup de confiance sur la manière d’aborder un championnat, notamment en salle, parce que c’était mon premier championnat de France en salle sur 800 m depuis mes années juniors. Je sais qu’aux championnats du monde, le niveau est quand même totalement différent. Donc je ne vais pas me reposer sur ce que j’ai fait aux Élites pour les Mondiaux, parce que je sais que cela va être une expérience totalement différente. Mon ambition pour ces championnats, ça va être d’apprendre vite et d’aborder les tours au fur et à mesure comme si c’était le dernier, pour faire à chaque fois la meilleure course possible et pouvoir passer au tour suivant.
C’est vraiment très stimulant d’être dans une épreuve aussi dense, parce qu’au final, cela pousse tout le monde à se tirer vers le haut. Et de l’autre côté, cela permet à la discipline d’être médiatisée et donc à l’athlétisme, plus globalement, de se faire connaître du grand public, ce qui est très bien. Forcément, la concurrence est rude, mais je pense que cela permet à tout le monde de donner le meilleur de soi-même. »

Adèle Gay (1500 m)

Derrière Agathe Guillemot, qui s’est taillé un costume de candidate à la médaille sur 1500 m avec son record de France de la spécialité en 4:00.64, Adèle Gay réalise une magnifique saison hivernale. Elle a amélioré à plusieurs reprises le record de France U23 du 1500 m en salle, pour le porter à 4:05.27 lors du meeting de Liévin ! Un chrono synonyme de minima pour les Mondiaux en salle de Toruń.



À 21 ans, la demi-fondeuse a franchi un cap gigantesque en 2025. Une année marquée par le choix définitif de se consacrer au 1500 m, après avoir fait ses armes sur 800 m. Un choix qui ne l’a pas empêchée de porter son record à 2:02.76 l’été dernier. Mais ce n’est rien comparé à ses progrès sur 1500 m. Elle est passée de 4:13.38 à 4:03.44, là encore un record de France U23. Elle était même passée tout près d’être sélectionnée pour les championnats du monde 2025 à Tokyo. Avant de réaliser ce gros chrono, elle avait pris l’argent lors des championnats d’Europe U23, au mois de juillet dernier, avant de battre Agathe Guillemot lors des France Élite à Talence.

Troisième des championnats de France Élite cet hiver, après avoir tenté de suivre Agathe Guillemot, Adèle Gay n’aura pas grand-chose à perdre en Pologne. Habituée des grands rendez-vous chez les jeunes, elle va sans doute vivre une grosse expérience, utile pour la suite de sa carrière.

« J’aborde ces championnats avec beaucoup d’envie »

Adèle Gay : « J’aborde ces championnats avec beaucoup d’envie : l’envie de prendre un maximum d’expérience et de voir ce que je vaux dans un grand championnat comme celui-là. Depuis l’année dernière, je me consacre exclusivement au 1500 m. C’est un choix qui s’est fait naturellement, parce que je commençais à être limitée sur 800 m. Mais j’aime quand même en refaire de temps en temps et, avec tout ce que j’ai pu acquérir sur 1500 m, cela m’aide aussi beaucoup sur 800 m.

Depuis un an, le 1500 m féminin en France est en pleine progression et je suis contente de pouvoir en faire partie. Courir avec des filles comme Agathe Guillemot, Sarah Madeleine ou Bérénice Cleyet-Merle, qui ont l’expérience des grands championnats, ça aide et ça forge beaucoup pour les compétitions internationales. L’objectif à Toruń est d’aller prendre un maximum d’expérience et surtout de ne pas se laisser impressionner : être actrice de sa course et n’avoir aucun regret. Ces championnats ne sont pas un but dans ma carrière, loin de là, mais une étape par laquelle il faut passer pour apprendre et être mieux préparée pour les prochains. »

Titouan Le Grix (1500 m)

On parlait de cap franchi : Titouan Le Grix fait partie de ces athlètes qui ont explosé en 2025. Cette année-là, il a pulvérisé son record sur 1500 m, passant de 3:47.18 à 3:32.81. Tout en progressant également sur les distances supérieures, que ce soit sur 3000 m, 5000 m ou encore sur 3000 m steeple, avec un record à 8:29.02. Et même sur 10 km route, avec un gros chrono cet hiver à Houilles en 28:20. Mais c’est bien sur 1500 m qu’il a pris une stature internationale en 2025, en s’approchant à moins d’une seconde des minima pour les championnats du monde de Tokyo.

Au pied du podium à Talence, lors des Élites, il a montré qu’il était entré dans le cercle des tout meilleurs Français. Un cap encore confirmé durant cet hiver 2026. Même s’il manque les minima de 16 centièmes sur 1500 m, avec 3:36.16 contre 3:36.00, la FFA a décidé de lui faire confiance et de l’emmener en Pologne. Conformément à la stratégie fédérale — qui porte ses fruits — d’ouvrir la sélection aux athlètes qualifiables parmi ceux qui n’ont pas réalisé les minima.

Il faut dire que Titouan Le Grix a montré qu’il pouvait briller en championnat. En devenant, pour la toute première fois, champion de France Élite en salle sur 1500 m à Aubière. On peut invoquer des absences, mais c’est surtout le Montpelliérain qui a encore progressé cet hiver. De quoi aborder ces Mondiaux avec fraîcheur et envie. Il retrouve le maillot de l’équipe de France, deux ans et demi après sa dernière sélection.

« J’essaye d’être le plus décomplexé possible »

Titouan Le Grix : « Je suis très content et très fier que ma première sélection chez les A se fasse sur des championnats du monde. J’ai orienté et préparé toute ma saison sur cet objectif, donc je suis fin prêt à courir là-bas. En commençant la saison d’hiver, avec mon coach, on avait pour objectif de focaliser davantage le 3000 m que le 1500 m, après un bon 3000 m en 7’40, dans une course pas forcément la plus optimale.

J’ai eu l’opportunité de courir un gros mile deux semaines plus tard, où je réalise 3:51, la deuxième meilleure performance française de tous les temps. Suite à ça, je décide de rentrer à Liévin pour tenter les minima sur 1500 m. Malheureusement, j’échoue à 0.16 s. J’ai vraiment l’impression d’avoir franchi un gros cap depuis un peu plus d’un an et j’arrive avec des ambitions franches pour Toruń.

Pour être honnête, je ne me fixe aucune limite et j’essaye d’être le plus décomplexé possible à l’approche de cette compétition. Je ne surestime ni ne sous-estime personne. Je vois cette compétition comme une étape pour la suite de ma carrière. Une première en grand championnat, ça me donne beaucoup de confiance pour la suite. »

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