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Championnats du monde d'athlétisme

Mondiaux d’athlétisme en salle 2026 : ces Français qui peuvent viser une médaille

Etienne Goursaud

Publié le

Mondiaux d’athlétisme en salle 2026 ces Français qui peuvent viser une médaille
Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS DU MONDE D’ATHÉTISME EN SALLE 2026 – Focus sur les chances de médailles des Tricolores, lors du rendez-vous à Torun.

Yann Schrub, meilleur performeur des engagés sur 3000 m

Un Français qui arrive dans un championnat du monde avec la meilleure performance des engagés, cela n’arrive pas souvent ces dernières années, et il faut le souligner. Yann Schrub a encore pris une nouvelle dimension cet hiver et figure parmi les Français les plus en forme de la saison hivernale.

Recordman de France du 3000 m, il est devenu le premier Tricolore à descendre sous les 7:30, avec un chrono de 7:29.38. En parallèle, il s’est emparé du record d’Europe du 10 km (26:43). De très solides références.

En championnat, il a déjà prouvé au niveau européen qu’il était capable d’aller chercher des médailles, avec deux podiums sur 10 000 m : le bronze à Munich en 2022 et l’argent à Rome en 2024. Au niveau mondial, il est également en progrès.

Derrière la médaille de bronze de Jimmy Gressier aux championnats du monde de Tokyo sur 5000 m, il a pris la 9e place de la course. Aux portes du statut de finaliste, avec un top 8, mais il s’agit tout de même de son meilleur résultat au niveau mondial.

À Toruń, il n’y aura pas la même concurrence qu’à Tokyo. D’abord parce que Jimmy Gressier ne sera pas là. Au vu de son hiver et d’une concurrence moins dense, le statut de Yann Schrub va forcément changer. La pression sera plus forte que les autres années. Comment le Mosellan va-t-il gérer cela ? Seul lui a la réponse à l’heure où nous écrivons ces lignes. Autre donnée importante : quelle sera sa capacité à finir fort ?



Lors de son record de France comme de son record d’Europe, il a couru sur des allures élevées, mais au train. Pour être champion du monde — et ce n’est pas Jimmy Gressier qui dira le contraire — il faudra être capable de changements de rythme. Il a su le faire au niveau européen, mais pas à Tokyo, où il avait coincé dans l’emballage final.



Agathe Guillemot a franchi un cap au-delà du chrono

On parlait de cap : Agathe Guillemot en a franchi plusieurs cet hiver. D’abord un cap chronométrique. En réalisant 4:00.64… à Toruń, la Française a pulvérisé son propre record de France. De 4:05.53 en 2025, elle l’a porté, en deux courses, à près de cinq secondes de mieux. S’approchant ainsi de la barrière mythique des quatre minutes en salle, si difficile à faire tomber : elles ne sont que 17 à l’avoir franchie dans l’histoire de l’athlétisme.

Au-delà du chrono, c’est surtout la manière dont ces 4:00.64 ont été réalisés qui est porteuse d’espoir. La Bretonne de 26 ans a su accélérer dans le dernier tour pour remporter la course, en s’offrant notamment le scalp de Birke Haylom. Un “kick” qui sera une arme précieuse dans une course de grand championnat, où il faut souvent produire un très gros dernier 400 m, voire un dernier 200 m. Elle a montré qu’elle en était capable, y compris sur une course menée sur des bases élevées.

Mais, comme pour Yann Schrub, elle va devoir gérer une attente nouvelle. Elle arrive en Pologne avec la troisième performance mondiale des engagées. Au niveau mondial, sa meilleure référence reste pour l’heure sa 7e place aux Mondiaux en salle en 2024.

Comment aura récupéré Jonathan Seremes de son enchaînement universitaire

Un troisième Tricolore figure dans le top 3 des meilleures performances des engagés : le triple sauteur Jonathan Seremes. Il a impressionné le week-end dernier en explosant son record personnel absolu. Il a remporté la finale NCAA, les championnats universitaires aux États-Unis, avec un bond mesuré à 17,25 m. Cela le place en deuxième position des bilans à Toruń. Une marque qui symbolise parfaitement ses progrès.

La question est désormais de savoir comment il a récupéré. Un concours digne d’un grand championnat — le circuit universitaire américain étant désormais d’une densité exceptionnelle —, et sans doute un gros lot d’émotions après sa victoire. Rares sont les Français vainqueurs en NCAA. Autre paramètre à gérer : le décalage horaire. Un concours disputé aux USA, avant d’enchaîner, une semaine plus tard, avec une finale directe en Pologne. Il va falloir encaisser le choc pour arriver avec de la fraîcheur à Toruń.

De plus, il a déjà disputé cinq concours cet hiver, plus un sixième conclu par trois essais mordus. Ces paramètres invitent forcément à une certaine prudence. Néanmoins, ils ne doivent pas occulter les gros progrès amorcés depuis 2025, année où il a franchi pour la première fois les 17 mètres, avec 17,09 m. Tout en réalisant quatre concours à 17 mètres ou plus. Les 17,25 m n’arrivent pas par hasard.

D’autres Français outsiders

D’autres Tricolores arrivent à Toruń en embuscade. Azeddine Habz a moins fait la chasse au chrono cet hiver, contrairement à son habitude. Il a renoncé au 3000 m pour se consacrer au 1500 m. Une relative discrétion pour tout miser sur un championnat. Cela peut être la bonne stratégie pour le multiple recordman de France.

Les deux médaillés mondiaux en salle en 2025 seront également de la partie, eux aussi en embuscade. En Chine, Marie-Julie Bonnin avait créé l’énorme surprise en remportant le titre de championne du monde à la perche, avec un record de France égalé à 4,75 m. Depuis, elle s’est approprié seule ce record à Clermont (4,76 m). Elle est en forme, débarrassée de ses soucis de dos, et toutes les cadors de la perche ne seront pas présentes à Toruń. Wilhem Belocian, médaillé d’argent sur 60 m haies, tentera lui de défendre son podium mondial. Pour l’heure un peu moins saignant qu’en 2025, le hurdleur peut trouver le déclic face à une grosse concurrence.

Chez les hommes, du côté de la perche, on a envie d’y croire pour Baptiste Thiery et Thibaut Collet. Mais face à l’extraterrestre Armand Duplantis, qui a encore battu un record du monde, et au Grec Emmanouil Karalis, devenu le deuxième performeur de tous les temps avec 6,17 m, la troisième place sera très chère. Il se pourrait bien qu’elle se joue à plus de 6 mètres, une barre qu’aucun des deux Tricolores n’a encore franchie. Makenson Gletty, sur l’heptathlon, Muhammad Kounta sur 400 m et Laëticia Bapté sur 60 m haies peuvent également nourrir de belles ambitions en outsiders.

 

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