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Clarisse Mairot : « Je suis impatiente de disputer l’Euro »

Etienne Goursaud

Publié le

Clarisse Mairot : "Je suis impatiente de disputer l'Euro"
Photo Icon Sport

HANDBALL – Entretien avec Clarisse Mairot, arrière gauche de l’équipe de France de handball et du Brest Bretagne Handball. À 23 ans, elle va découvrir son premier grand championnat avec les Bleues, avec un Euro qui débute ce soir pour les Françaises. Elle évoque son impatience de faire ses débuts et revient sur son début de saison, avec ses nouvelles couleurs de Brest. Après des débuts à Besançon. Elle espère continuer sur sa lancée, elle qui réalise un début de saison très solide avec Brest.

Clarisse Mairot : « Pas mal de nouvelles choses qui s’offrent à moi cette année »

Tu vas disputer ta première grande compétition avec les Bleues, est-ce qu’il y a de l’impatience ?

Clarisse Mairot : Oui, forcément. Je suis très contente de disputer ce premier Euro avec cette équipe et les filles. Je suis impatiente de découvrir la compétition et de jouer mes premiers matchs. Et de faire au mieux, voir comment cela se passe, comment on s’exprime. Si j’ai du temps de jeu et si on arrive à produire quelque chose de bien, collectivement.

C’est une année de découverte. Tu découvres la Ligue des Champions et la lutte pour le titre en France, avec Brest. Ce sont des choses qui peuvent t’aider à appréhender cet Euro ?

C’est sûr que ce sont des étapes qui me permettent de voir les choses différemment. Oui, j’ai pas mal de nouvelles choses qui s’offrent à moi cette année. Le fait d’avoir découvert la Ligue des Champions, cela met directement dans le bain. Tu joues tous les week-ends face aux meilleures joueuses, à leurs postes et face aux meilleures équipes. C’est vraiment bien. Et arriver à s’exprimer à ce niveau-là, cela montre qu’on est capable de jouer contre ces joueuses. Et c’est vraiment top. Le fait d’être à la lutte pour la victoire en championnat, c’est quelque chose de différent pour moi.

Ce n’est pas le rôle que j’avais à Besançon. Cela fait parfois bizarre d’être l’équipe qu’on veut battre. Même si on veut gagner contre tout le monde, on est contre des équipes qui sont sur-motivées de vouloir nous battre. C’est assez marrant d’être de ce côté-là. C’est réellement top de jouer ces compétitions-là. Le fait d’être prise à l’Euro, c’est super et ce sera une nouvelle chose. Mais il n’y a pas de raisons que cela ne fonctionne pas. On va tout donner pour que cela se passe bien.

Clarisse Mairot : « Un entraîneur ne peut pas te promettre du temps de jeu »

Est-ce que le niveau sélection est plus élevé que le niveau Ligue des Champions ?

Il faudra que je te le dise après avoir fait quelques matchs. Je ne sais pas vraiment et je sais juste que, par connaissance, l’avantage de la Ligue des Champions, c’est que tu peux prendre, dans une équipe, toutes les meilleures joueuses, quelles que soient leurs nationalités. Alors qu’en sélection, c’est par rapport à la nationalité. On va voir ce que cela donne, mais il y a pas mal d’équipes qui regroupent d’excellentes joueuses et qui sont d’excellentes équipes. L’Euro est un des championnats les plus difficiles. Dans le sens où beaucoup d’équipes européennes sont très fortes dans le contexte international. Avec beaucoup de joueuses qui jouent en Ligue des Champions. Cela va être une compétition difficile.

Tu évoquais la perspective du temps de jeu. As-tu pu échanger avec Sébastien Gardillou sur ses attentes et sur les tiennes ?

Un entraîneur ne peut pas te promettre du temps de jeu ou des choses similaires. Cela va dépendre des matchs. Il attend de moi de développer le jeu que je suis capable de développer et que j’ai montré en Ligue des Champions avec Brest. Que je donne tout ce que je peux donner, avec le temps de jeu qui me sera consacré. Après, on verra par rapport à la compétition et commence cela se passe. Une place, cela se gagne tous les jours à l’entraînement. Mais c’est déjà incroyable d’être là, avec le groupe des 19. Je vais tout donner chaque jour, pour montrer mes points forts. On verra la suite.

Clarisse Mairot : « Les joueuses m’ont très bien intégrée au groupe »

Tu as un profil qui peut être complémentaire à ceux d’Orlane Kanor et Estelle Nze-Minko, cela peut être une force, sur certains matchs.

C’est sûr. Après, c’est aussi le but des rotations, d’essayer de changer les joueuses, quand elles sont un peu plus en difficulté et mettre des profils de jeu différents. J’ai un profil différent d’Orlane et qui ressemble un peu plus à celui d’Estelle. Même si on a des différences. Et c’est intéressant.





Tu es aussi un des nouveaux visages de cette équipe de France. Est-ce que tu peux raconter comment s’est passé ton intégration ?

Cela s’est très bien passé. J’avais fait plusieurs stages avec cette équipe, sur quelques jours. J’ai commencé à connaitre certaines joueuses. Il y a pas mal de joueuses avec qui je joue à Brest et le fait d’avoir découvert les filles aide. On est six Brestoises, sept si Méline Nocandy (blessée) avait pu être là. C’est bien, car je connais ces joueuses et je sais comment jouer avec elles. Je les côtoie au quotidien, donc j’ai appris à les connaitre. J’ai également joué avec Chloé Valentini et Lucie Granier, du côté de Besançon, donc je les connaissais aussi. Je suis allée au pôle avec Léna Grandveau. Il me restait moins de monde à découvrir. L’intégration s’est super bien passée. Il ne manque plus que les entraînements, pour se connecter et être bien ensemble. Mais les joueuses m’ont très bien intégrée au groupe.

Clarisse Mairot : « Quand on change de club, on doit tout recommencer de zéro »

Est-ce que tu ressens une puissance dans ce collectif Bleue ?

Le collectif de cette équipe de France, c’est une grande équipe, avec de grandes forces. Même si on a eu des débuts un peu plus compliqués, avec des matchs perdus, je sens que tout le monde est concerné et que le groupe monte en puissance. Et que tout le monde commence à se responsabiliser, par rapport à ses points forts. Que ce soit offensivement ou défensivement. Et c’est bien. Je pense qu’on va être prête à jouer demain, contre la Pologne. (interview réalisée le mercredi 27 novembre)

Si tu es dans ce groupe, c’est grâce à ton gros début de saison avec Brest. T’attendais-tu à être à ce niveau, aussi vite après ton arrivée ?

Je ne m’attendais à rien. Je suis partie du principe que c’était quelque chose de complètement nouveau. Et que, tous les jours, il fallait que je me donne à 100 % aux entraînements, pour développer mon jeu. Pour pouvoir m’exprimer et gagner ma place petit à petit. Quand on change de club, on doit tout recommencer de zéro. Je ne me prenais pas la tête. Et je savais ce qui marchait et j’ai eu la chance d’être dans une équipe, avec des coachs qui sont vraiment sur le fait d’oser, d’avoir du plaisir.

Et c’est quelque chose qu’on arrive bien à retrouver dans notre équipe, où on se fait plaisir et où on tente beaucoup de choses à l’entraînement. On trouve des choses à deux, à trois. Et derrière, on arrive à les exprimer sur le terrain. On se fait réellement plaisir. Je ne pensais pas que le début de saison allait se passer aussi bien. Mais c’est super et il faut que cela continue comme cela. Le but, c’est de continuer pour aller le plus loin possible. On ne s’imagine jamais réellement comment on peut arriver et comment une compétition va se passer. Et on ne se projette là-dessus pour éviter certaines déceptions. Je suis contente de ce que j’ai fait ce début de saison et je veux que progresser sur la suite.

Clarisse Mairot : « J’ai eu la chance d’avoir un bon club directement chez moi »

Avoir retrouvé deux entraîneurs que tu connaissais, cela aide à l’intégration ?

Forcément, car je les connais et je sais comment elles fonctionnent et c’est bien. Par contre, ce n’est pas pour autant que je ne doive pas tout remontrer. Ce que je suis capable de faire dans tous les domaines. C’est un plus de savoir ce qu’elles aiment ou n’aiment pas. Mais je me suis remise au même niveau que tout le monde. Celle d’une fille nouvelle et qui s’intègre dans un nouveau projet et un nouveau club. Il faut quand même travailler tous les jours à l’entraînement.

On parle beaucoup de club formateur. Mais pour toi, Besançon est plus qu’un club formateur, c’était quasiment ta deuxième famille.

Oui. Car j’habitais à 30 minutes de Besançon. Au-delà du handball, il y avait ma vie qui se passait là-bas. J’ai eu la chance d’avoir un bon club directement chez moi et de ne pas avoir eu besoin de partir dans un centre de formation n’importe où en France. Une grande chance pour moi. Mon club formateur, de cœur et de ma région, m’a permis de jouer au plus haut niveau en première division. J’ai une chance d’avoir pu avoir ça. C’est un club qui restera toujours dans mon cœur.

Est-ce que tu as vu ce départ comme celui d’une personne qui quitte le cocon familial ?

Oui si tu veux. Mais les gens savaient que, si je voulais avoir une progression dans ma carrière, je n’allais pas rester toute ma vie à Besançon. C’était aussi le discours que j’avais, même si j’ai adoré mes années à Besançon. J’ai pu jouer en première division à 18 ans. Mais aussi de jouer la Ligue Européenne en étant jeune. C’est une grande chance, je pense. Dans tous les cas, je voulais bouger dans ma vie, voir d’autres choses à d’autres endroits et dans d’autres clubs.

Clarisse Mairot : « On joue aussi pour jouer dans des salles pleines et avec de l’ambiance »

L’équipe de France va avoir des matchs corsés d’entrée de jeu. C’est important d’avoir ce genre de rencontres tôt dans l’Euro ?

Je pense que oui. Il faut se confronter à ces matchs compliqués, avec des équipes comme l’Espagne, qui accrochent. C’est bien qu’elles aient pu nous mettre en difficulté. J’aurais préféré qu’on gagne, mais c’est toujours bien. Cela permet de se reconcentrer et de s’investir peut-être encore plus, inconsciemment. Même si on doit l’être à 100 %. Cela montre aussi sur quoi ces équipes ont pu nous mettre en difficulté. Et sur quoi on doit s’améliorer, pour ne plus rencontrer ces difficultés-là. On avait besoin de ces équipes qui nous châtient quelque peu.

Tu intègres une équipe de France, qui est très populaire actuellement. As-tu pu échanger avec des joueuses là depuis plus longtemps, sur l’évolution de cette médiatisation des Bleues ?

Je parle beaucoup avec les filles, mais on ne parle pas forcément de cela. Mais on le voit. L’équipe de France a énormément évoluée avec ses succès. Les médias ont évolué aussi sur le handball féminin. C’est grâce à cela et grâce aussi aux garçons auparavant. Tout ce qui a été mis en place et les victoires. On sait que les médias font partie de nos vies, mais on essaye de rester dans nos bulles. On se concentre sur nous et on essaye de faire du mieux. Pour le reste, on voit. On n’est pas stressée et inhibée dans notre sport, par les médias.

Et d’un point de vue populaire et de l’engouement. On l’a encore vu sur vos matchs, avec des salles pleines.

Complètement et c’est super. Le handball fait de plus en plus parler et cela fait plaisir. On joue aussi pour cela, je n’ai pas envie de jouer dans une salle vide. On se rend compte que l’équipe de France et le handball est de plus en plus populaire et cela nous fait plaisir.

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