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Coupe du monde de rugby

Coupe du monde de rugby 2025 : Manae Feleu, Carla Arbez, Taïna Maka, les 5 Bleues à suivre

Aurélien Torreilles

Publié le

Coupe du monde de rugby 2025 Tanae Feleu, Carla Arbez, Taïna Maka, les 5 Bleues à suivre
Photo Icon Sport

COUPE DU MONDE FEMMES DE RUGBY 2025 – Elles sont jeunes, parfois encore inconnues du grand public, mais déjà indispensables au XV de France féminin. À l’aube de la Coupe du monde 2025, ces joueuses incarnent l’énergie, la puissance et l’avenir des Bleues. Qu’elles soient explosivité sur les ailes, stratèges à l’ouverture ou leaders dans le pack, toutes apportent une arme décisive. Certaines ont déjà fait parler d’elles sur la scène internationale quand d’autres s’apprêtent à y briller. Mais toutes partagent la même volonté : porter haut les couleurs françaises. Portraits croisés de cinq visages dont on risque de parler au cours de cette Coupe du monde.

Le rugby féminin français vit un moment charnière. Depuis plusieurs saisons, le XV de France féminin se hisse parmi les meilleures nations, s’appuyant sur des générations successives de joueuses talentueuses. Mais à l’aube de la Coupe du monde 2025, une nouvelle vague frappe à la porte, déterminée à écrire sa propre histoire. Les Bleues, emmenées par des leaders confirmées comme Manae Feleu, s’appuient désormais sur une jeunesse décomplexée. Ces joueuses, venues de clubs phares comme Toulouse, Grenoble, Bordeaux ou Lyon, apportent chacune leur style, entre vitesse, puissance et créativité.

Elles n’ont pas toutes le même vécu, ni le même nombre de sélections, mais partagent une ambition commune : démontrer que le rugby français possède une relève solide. Leur parcours raconte aussi l’évolution d’un sport en pleine croissance, à présent mieux structuré et davantage médiatisé. De l’explosivité d’une ailière à la rigueur d’une ouvreuse, de la puissance d’une troisième ligne à la fraîcheur d’une jeune pépite, ces profils incarnent la diversité et la richesse du vivier tricolore.

C’est dans ce mélange d’expérience naissante et de fougue que se forgera l’identité de cette équipe de France, avec pourquoi pas, au bout du tunnel, la lumière d’un premier titre mondial.

Kelly Arbey, la fusée toulousaine

Kelly Arbey, 20 ans, s’est imposée comme l’ailière la plus explosive à surveiller lors de cette Coupe du monde. Formée à Castres avant de rejoindre le Stade toulousain en 2022, elle cumule déjà six capes internationales, avec un essai marquant face à l’Angleterre à Twickenham. Un exploit individuel qui a confirmé son ascension fulgurante. Sa vitesse et sa maîtrise des espaces, affinée lors de ses passages en rugby à sept, font d’elle une finisseuse hors pair et un poison pour les défenses près des lignes.

Elle incarne une nouvelle génération, nourrie par la pratique de plusieurs sports en simultanés (judo, football, tennis), qui allaite sa compréhension du jeu, son agilité, mais aussi sa polyvalence. Avec seulement une sélection début 2024, elle est devenue titulaire grâce à un début de tournoi des 6 Nations canon et une finition redoutable. Ses qualités techniques ajoutées à ses qualités athlétiques offrent aux Bleues une solution décisive dans les couloirs et un atout de poids dans les matches indécis.





Mais Kelly Arbey apporte avant tout une fraîcheur tactique sur l’aile. Son premier essai en équipe de France n’a pas tardé à arriver, elle qui a célébré sa première cape par un premier voyage en terre promise. À seulement 20 ans, et à l’aube de sa première coupe du monde, l’ancienne septiste représente parfaitement l’alchimie rare entre vivacité, audace et rigueur, et pourrait bien être l’étincelle qui déclenche la hargne collective face aux Anglaises ou aux Néo-Zélandaises lors de la Coupe du monde.

Manae Feleu, le pilier du leadership 

À 25 ans, Manae Feleu est la référence incontestée en deuxième et troisième ligne du XV de France. Originaire de Mâcon et formée à Futuna puis en Nouvelle-Zélande, elle évolue au FC Grenoble et totalise plus de 21 sélections pour 10 points marqués. Désignée capitaine du XV de France pour le Tournoi des Six Nations féminin, elle incarne un leadership posé, puissant et fédérateur. Tant par la voix que par l’attitude sur le terrain, la Grenobloise est un exemple pour ses coéquipières.

Sa présence au sein de l’effectif du XV de France féminin est essentielle. Elle combine puissance en conquête, stabilité en touche et intelligence de jeu. Son parcours unique, entre études de médecine et carrière de rugbywoman, la rend évidemment exemplaire. Au milieu de joueuses inexpérimentées ou moins calmes, Manae Feleu sait gérer les moments clés avec sérénité, et son influence dépasse le terrain, inspirant les coéquipières plus jeunes.

Avec un sens de l’écoute dont on ne peut se passer, son calme naturel et sa capacité à se placer au bon moment, elle agit comme une colonne vertébrale du collectif, en plus d’être celle du paquet d’avants en mêlée. Sa fougue tempérée par la réflexion est précieuse pour structurer l’équipe, surtout dans les moments de tension extrême.

Carla Arbez, la métronome bordelaise

Carla Arbez évolue au poste d’ouvreuse et a déjà 12 capes, avec 19 points cumulés pour l’équipe de France depuis 2023. En club, elle est triple championne de France avec le Stade Bordelais (2023, 2024, 2025), un palmarès qui atteste de sa régularité, de son talent, mais surtout de son impact sur le haut niveau français.

La Lionne apporte un sens tactique aigu, une précision de jeu, et une gestion du tempo indispensable lors des moments clés. Joueuse à la vision de jeu affutée, ses coups de pied, notamment depuis son camp, permettent aux Bleues de basculer la pression vers l’adversaire et de gagner de précieux mètres dans la course à la domination territoriale. Constante sous les couleurs des Lionnes, sa régularité en club se retrouve souvent sur la scène internationale.

Les connaisseurs de l’Élite 1 savent à quel point Carla Arbez symbolise l’équilibre nécessaire entre agressivité offensive et stratégie. Sa vision du jeu, sa réflexion, son calme sous pression et sa capacité à éclairer le jeu font logiquement d’elle une pièce maîtresse du collectif, notamment contre des défenses denses comme celles des favorites néo-zélandaises et anglaises, contre lesquelles l’ouvreuse devra faire preuve de beaucoup de créativité pour défaire le loquet ennemi.

Séraphine Okemba, la puissance et le spectacle

Séraphine Okemba, 29 ans, est une joueuse polyvalente (3e ligne, centre ou ailier) au profil athlétique hors norme. Évoluant sous les couleurs rouge et noire du LOU, elle compte quatre capes en équipe de France, en plus d’une carrière remarquable en rugby à sept (médaille d’argent aux JO de Tokyo et participation aux JO de Paris 2024).

Ses performances en Sevens, notamment un quadruplé contre les États-Unis, en ont fait une star du French Flair dans tout ce qu’il a de plus spectaculaire. Après avoir traversé la passerelle jusqu’au code voisin, elle amène au XV une puissance physique rare, capable de percuter dans les passages serrés, d’imposer un impact défensif, mais également d’apporter de la densité physique là où les gabarits sont parfois un peu plus fragiles.

Arsenal redoutable dans le jeu de rupture, Séraphine Okemba complète parfaitement le pack. Son dynamisme, son explosivité et sa générosité en défense en font une force de dissuasion incontournable, et une arme redoutable, surtout face à des équipes aux paquets d’avants puissantes et mobiles.

Taïna Maka, le diamant brut des Alpes

Jeune pépite de 20 ans, Taïna Maka est la dernière Bleue que l’on a envie de voir éclore pendant cette Coupe du monde féminine. Elle évolue à la fois en deuxième ligne et troisième ligne centre pour le FC Grenoble et célèbre ses premières sélections en équipe de France sénior en 2025 après avoir brillé en U20. Aucun doute, dans le sillage de Taïna Maka, la relève du XV de France féminin est assuré.

Rapide, agile, techniquement solide, elle combine puissance et mobilité, qualités rares à son âge. En parallèle de sa formation de haut niveau, elle prépare un diplôme d’infirmière, preuve d’une maturité hors norme pour son profil, mais aussi d’une polyvalence et d’une détermination sans faille. Taïna Maka incarne le futur du rugby féminin comme on espère le voir évoluer, entre modernité athlétique et engagement personnel. Une joueuse dont la carrière commence à peine, mais qui est déjà à la croisée des chemins entre l’enthousiasme de la jeunesse et la rigueur du monde du rugby professionnel, une évolution symbolique de l’identité du groupe.

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