Cyclisme sur route : Une Française peut-elle gagner une grande course en 2025 ?
CYCLISME SUR ROUTE – Grands Tours, Monuments et autres classiques de renom : l’une de ces courses peut-elle s’offrir à une Tricolore en 2025 ? Éléments de réponse.
- À ce sujet – L’actualité du cyclisme sur route
Tour de France, Tour d’Italie, Tour d’Espagne, Paris-Roubaix ou encore Tour des Flandres et même la Flèche Wallonne. Des courses qui ont forgé leur légende depuis près d’un siècle chez les hommes. Et qui font désormais vibrer le cyclisme féminin depuis des années. Des courses qui se refusent, pour le moment, aux coureuses françaises, ces dernières années. Mais plus que jamais, les Tricolores ont des armes à faire valoir en 2025. Une année qui peut être la bonne pour les Bleues. Pourquoi pas rêver en grand, en cette nouvelle année.
Une progression palpable et spectaculaire des Françaises
C’est un peu le fil rouge de la progression du cyclisme féminin qui a pris son envol depuis le début des années 2020. De très belles victoires. On pense à Évita Muzic et Juliette Labous, victorieuses en échappées sur les routes du Tour d’Italie, respectivement en 2021 et 2022. On pense à Juliette Labous, vainqueure du classement général du Tour de Burgos en 2022. On pense de nouveau à Évita Muzic, vainqueur à la pédale sur les routes de la Vuelta, l’an passé. Et que dire de Cédrine Kerbaol, première vainqueure française d’étape sur le Tour de France new look, depuis son retour en 2022. C’était aussi l’an passé. Une victoire, là aussi, à la pure pédale. Avant d’enchaîner, en fin de saison, avec les Trois Vallées Varésines. De quoi regretter l’absence d’une Tour de Lombardie chez les femmes.

Cette progression qui a permis de belles victoires d’étapes et sur de belles courses, a aussi permis aux Françaises de se placer sur les grandes courses. Juliette Labous, encore elle, est devenue en 2023, avec sa 2e place sur le Tour d’Italie, la première française à monter sur le podium d’un Grand Tour, depuis Pauline Ferrand-Prévot en 2014. C’était déjà sur les routes italiennes, mais à une époque où le cyclisme féminin n’était pas encore aussi structuré qu’aujourd’hui. Et où la multiple championne du monde était aussi l’arbre qui cachait la forêt en France. Labous a également signé deux Top 5 sur le Tour de France (2022-2023) et un sur la Vuelta (4e en 2024). Évita Muzic a terminé 4e du dernier Tour de France et 5e de la Vuelta où une bordure l’a sans doute privée de la 2e marche du podium.
Une progression qui s’est aussi vue sur certaines classiques. On peut parler de Paris-Roubaix 2023, avec cette fugue qui est allée au bout, au nez et à la barbe des favorites. Eugénie Duval et Marion Borras, 4ème et 5ème, étaient toutes proches d’une incroyable victoire. L’an passé, cela s’est joué à la pure pédale. Victoire Berteau y a pris une prometteuse 8e place, signant des progrès incessants sur les classiques pavés. On peut de nouveau citer la tellement polyvalente Juliette Labous, 6e du Tour des Flandres 2023, plusieurs fois dans le Top 10 de Liège-Bastogne-Liège.
FDJ-Suez, une progression dans l’effectif et dans la technique
Forcément, beaucoup de regards vont être tournés vers la formation FDJ-Suez. L’équipe française a attiré Demi Vollering, la meilleure coureuse au monde depuis 2023 (avec son ancienne coéquipière Lotte Kopecky). Mais la Néerlandaise n’est pas arrivée toute seule. Outre le directeur sportif Lars Boom, transfuge lui aussi de SD-Worx, elle amène dans ses bagages les marques Specialized et Nike. Des moyens financiers, techniques et humains pour la formation française. Or, il n’est plus à prouver que le gain technologique peut être une grosse clé dans une progression collective. Demandez à la formation Decathlon AG2R La Mondiale, auteure d’une saison 2024 remarquable chez les hommes, avec un nouveau matériel. Ce sont entre 20 et 30 watts qui peuvent être gagnés.
Et cela peut profiter aux Françaises. Juliette Labous a rejoint la formation française. Évita Muzic aura 26 ans cette année. Les deux, avec ces fameux watts en plus, peuvent transformer les places d’honneurs en grandes victoires. D’autant que la Néerlandaise ne peut pas chasser sur tous les terrains. Il y aura forcément de la place pour les deux autres leaders d’une formation qui s’est séparée de Marta Cavalli et Cecilie Uttrup Ludwig. Et si Demi Vollering est observée, comme elle l’était en 2024, qui nous dit que cela ne peut pas profiter à ses lieutenantes ? Après tout, Grace Brown n’a-t-elle pas levé les bras sur Liège-Bastogne-Liège, alors que tout le monde était focus sur la vainqueure du Tour 2023 ?

Le cas Pauline Ferrand-Prévot
Et comment ne pas évoquer Pauline Ferrand-Prévot ? La Française, auréolée d’un titre olympique en VTT, l’été dernier à domicile, lors des Jeux de Paris 2024, a sans doute glané la dernière grande médaille qui manquait à son palmarès. Événement, terminé le VTT pour elle. Elle a des envies de route. Celle qui aura 33 ans le 10 février prochain a fait son retour au sein de la formation Visma-Lease a bike. Ambition ? Gagner le Tour de France. Ambition élevée, quand on connaît le niveau du peloton féminin en 2024. Mais on parle là d’une femme hors normes, la seule de l’histoire à avoir détenu en même temps les titres mondiaux sur route, VTT et cyclo-cross, femmes et hommes confondus. C’était en 2015. En 2014, elle levait les bras sur la Flèche Wallonne. Le dernier grand succès (hors championnat du monde) d’une Bleue.

Une femme qui a infligé une correction à ses adversaires à Paris. Avant de participer aux Mondiaux sur route, à la fin de la saison. Difficile de prévoir ses limites sur la route. Mais elle aura près de neuf mois (trois écoulés) pour se préparer pour le Tour de France. On aura peut-être des premières grandes indications, sur les courses du printemps. Où elle peut être aussi une sacrée cliente. Pauline Ferrand-Prévot est forcément une énigme, en cette année 2025. Mais on ne peut pas l’oublier, bien au contraire. Après tout, c’est bien elle qui a remporté les plus grands titres du cyclisme féminin français au 21e siècle.


