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Betclic Élite 2021-2022

Finales Betclic Élite : Mike James, héros ou fossoyeur de l’ASM ?

Maxime Cazenave

Publié le

Finales Betclic Élite  Mike James, héros ou fossoyeur de l’ASM 
Photo Icon Sport

Finales Betclic Élite 2021-2022 – A l’heure d’aborder un match 5 décisif à Lyon, l’AS Monaco sait qu’elle va devoir compter sur un Mike James de gala pour aller décrocher le titre. Problème, la superstar américaine alterne le chaud et surtout le très froid depuis le début de la série. Lors de la dernière rencontre, son jeu excessif en isolation a coûté cher puisque ses coéquipiers n’ont jamais été mis en rythme. Joueur frisson par excellence, il est plus que jamais attendu au tournant pour l’un des matchs les plus importants de l’histoire de l’ASM.

Ce samedi, l’AS Monaco va de nouveau avoir l’occasion de décrocher son premier titre de champion de France. Mais après avoir laissé passer une première opportunité à domicile, les hommes de Sasa Obradovic vont devoir aller l’emporter sur le parquet de l’ASVEL. En soi, cela n’a rien d’insurmontable, puisqu’ils l’ont déjà fait à trois reprises cette saison, notamment lors du match 1 de ces finales. Mais pour cela, il faudra compter sur un Mike James moins omnipotent.

Des playoffs sur courant alternatif

Effectivement, si le talent du joueur ne sera jamais remis en cause, l’influence qu’il possède sur son équipe n’a pas forcément porté bonheur à l’ASM jusque-là. S’il s’était montré critique sur le calendrier des playoffs proposé par la LNB, le meneur américain est pour le moment plutôt décevant dans un contexte où il doit dominer le jeu. Afin d’arriver jusqu’aux finales, la Roca Team n’a pas fait preuve de l’autorité attendue. En quarts de finale, elle est passée à deux doigts de se faire attraper par la SIG, puis en demi-finales, l’Élan Béarnais a accroché les Monégasques en arrachant une victoire. Bref, cela est totalement insuffisant pour l’équipe qui a fait rêver le basket français il y a quelques semaines, dans un duel épique face à l’Olympiakos en Euroleague.

Au milieu de tout cela, Mike James est forcément le premier à être pointé du doigt. S’il a fourni quelques masterclass face à la SIG et l’Élan, ses finales sont pour le moment décevantes. Il suffit simplement de s’attarder sur ses chiffres pour s’en rendre compte. S’il cumule plus de 18 points de moyenne, cela se fait à des pourcentages catastrophiques : 35 % en global dont 18,5 % derrière l’arc ! Un réel problème, puisque le joueur dispose d’un énorme volume.

Mike James en retrait, l’ASM patauge

Toutefois, sa capacité à lire le jeu et à faire participer ses coéquipiers lui permettent en général d’avoir un impact déterminant quand son adresse flanche. C’est clairement ce qu’il s’est passé à l’occasion du match 3. Suite à l’humiliation subie à l’Astroballe, l’ancien MVP de l’Euroleague avait remis les choses en ordre en distillant 10 passes décisives, ce qui a largement compensé sa maladresse (4/18). Lors de la première victoire, il s’était également illustré, tout en se mettant en retrait (17 points, 6 rebonds, 5 passes), afin de laisser notamment Alpha Diallo s’exprimer.

Malheureusement, Mike James a également montré son autre visage, plus détestable. Celui d’un croqueur insatiable capable de mettre en péril son équipe en raison de sa frustration personnelle. Si l’effectif de l’ASM dispose de CV clinquants et de joueurs de renom, cette équipe a été bâtie autour du meneur américain. Quand il n’est pas dans le flow, le collectif semble ainsi perdu. Lors du terrible match 2 perdu dans des propensions humiliantes, il s’est ainsi totalement effacé. Sorti au bout de trois minutes en raison de deux fautes, il ne passe que 17 minutes sur le parquet, totalement impuissant face à une machine lyonnaise bien huilée. Sa production est alors indigne de son statut : 6 points à 1/9 au shoot, 2 passes, et… 1 d’évaluation !

Un collectif flingué par des isolations incessantes

Durant le match 4 disputé mercredi, l’impression a été la même. Son équipe s’est fait marcher dessus. Certes, le joueur termine avec 34 points et une évaluation de 28. Très solides sur le papier, ces chiffres ne représentent absolument pas son impact, puisqu’il a profité d’un dernier quart sans réel intérêt pour faire gonfler ses stats. Avant d’aborder ce dernier, il restait ainsi sur un triste 0/4 derrière l’arc. On ne peut pas lui reprocher de s’être tourné les pouces, puisqu’il est allé chercher de nombreux points sur la ligne (12/15).

Cependant, il a fait cela en cumulant seulement deux passes décisives. Au vu du potentiel de cette équipe, difficile de ne pas être frustré par le jeu en isolation à outrance proposé, au détriment de systèmes simples et efficaces pour créer des brèches. Face à une ASVEL qui faisait face à la mort et qui possède une grosse expérience, l’ASM a été d’une médiocrité collective indigne d’un candidat au titre.

L’histoire ne retenant que les gagnants, Mike James peut faire oublier ses quelques égarements ce samedi. La scène est idéale pour un joueur de son envergure, particulièrement avide des moments chauds. À l’Astroballe, le meneur américain fera face à un public totalement hostile, pour la conquête d’un titre. Tous les éléments sont donc réunis pour que le grand pote de Kevin Durant marque de manière indélébile son passage en France en offrant un premier titre de champion à Monaco. La Principauté n’attend que ça, et mise sur son messie.


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a été une transition naturelle. Suiveur assidu de basket et de hockey sur glace, je garde toujours un peu de place pour suivre le cyclisme, le football et le maximum de performances françaises.

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