Hatadou Sako : « Je dois faire mes preuves avec les Bleues »
HANDBALL – Entretien avec la gardienne internationale française Hatadou Sako, qui va découvrir sa première grande compétition avec les Bleues. Après avoir évolué avec le Sénégal jusqu’en 2019, elle a fait le choix de la France. Un choix payant, car elle est sélectionnée pour les championnats du monde (29 novembre – 17 décembre). Elle se confie sur son début de saison et son envie de briller avec les Bleues.
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Hatadou Sako : « C’est un moment spécial, le fruit de ma décision d’il y a quatre ans »
C’est une première pour vous avec les Bleues, on imagine que c’est un moment spécial.
Hatadou Sako (Gardienne de l’équipe de France de handball) : Oui, c’est un moment spécial. C’est un moment que j’ai attendu depuis quatre ans. Les choix d’il y a quatre ans se concrétisent aujourd’hui. Le fruit de ma décision et de mon travail. Mais j’ai l’habitude de dire que, jusqu’au jour-J, on n’est pas aux championnats du monde. On est actuellement dans la phase de préparation. Mais bien sûr que je suis excitée et que j’ai hâte de commencer cette compétition.
Vous avez disputé de grandes compétitions avec le Sénégal, vous avez cette expérience. Cela peut vous servir ?
Oui, cela peut servir dans des moments clés. J’ai également pu acquérir de l’expérience avec mon club du Metz Handball. On est allé assez loin en Ligue des Champions la saison passée. On joue régulièrement des finales. J’ai réussi à emmagasiner beaucoup d’expérience et j’imagine que cela peut faire la différence. En sachant que l’expérience, pour une gardienne de but, arrive assez tard. J’entre un peu dans cette phase, entre 28 et 30 ans, où on dit qu’une gardienne est expérimentée. Je sens des choses.
Cette expérience, c’est ce qui explique ce cap franchi cette saison ? Notamment sur la régularité ?
Je pense. La maturité aussi. J’arrive à un stade de ma carrière où je prends en maturité. Je me stabilise un peu. Cela fait aussi la stabilité des performances. Je suis au début de tout cela et plus le temps passera, plus j’aurais cette expérience. Cela fait que j’arrive à me stabiliser.
Hatadou Sako : « J’ai été très bien accueillie chez les Bleues »
Et vous avez l’habitude de vous confronter aux meilleures shooteuses du monde.
Oui, avec la Ligue des Champions. Je me dis que je ne serai pas totalement dépaysée lors des championnats du monde. Je vais rencontrer des filles que je rencontre chaque semaine en Ligue des Championnes et je ne serai pas en terrain inconnu. Cela me rassure un peu, car je sais qu’on est mieux dans un environnement qu’on connaît ou qu’on a connu que par rapport à un environnement nouveau qu’on découvre.
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Au-delà de l’objectif collectif, vous vous êtes défini un objectif personnel ?
Je préfère le garder pour moi. Mais je peux dire que je vais essayer de faire la plus belle compétition possible. J’arrive dans une nouvelle équipe et je dois faire mes preuves. J’ai à me montrer. Malgré le fait que je sois performante en club, je dois montrer que je le suis aussi avec les Bleues, dans un autre cadre que celui du club.
Vos premières prestations avec les Bleues ont été solides, cela aide à l’adaptation ?
Bien sûr. Mais je me dis que tout m’a été facilité. Quand je suis arrivée, on m’a très bien accueillie. La chose la plus dure va être de réitérer ces performances. De m’installer dans la durée et garder de la continuité avec l’équipe de France.
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Hatadou Sako : « Il y a une grosse force dans ce groupe »
Arriver dans une équipe qui a beaucoup gagné, cela aide ?
Cela dépend des joueuses. On arrive avec de la pression, dans une équipe composée uniquement de joueuses extraordinaires. On arrive dans une équipe championne olympique et qui a gagné beaucoup de titres. Et on se dit qu’il faut être à la hauteur, et c’est une pression. Mais jouer dans une équipe qui connaît autant le handball, c’est aussi plus facile. On parle le même langage et on arrive toutes ensemble à jouer au handball. Mais c’est un effectif avec que des potentiels, des filles fortes et talentueuses.
De l’intérieur, ressent-on la puissance de ce groupe ?
Il y a une force énorme. J’étais assez surprise dans le bon sens du terme. Je vois que même quand on fait de très bons entraînements, que ce soit offensifs ou défensifs, on arrive quand même à monter d’un cran en match. Monter cette exigence. Et faire preuve d’agressivité en défense. On pourrait se dire qu’on ne met pas la même énergie à l’entraînement que pendant le match, alors que non.
On sent l’expérience dans cette équipe. Avec les titres obtenus, le nombre d’années au haut niveau. Le nombre de fois que cette équipe arrive à se retrouver dans un carré final. De l’expérience engendrée, que j’ai vraiment sentie.
Hatadou Sako : « Je recherche la concurrence, sinon je ne serais pas venue en équipe de France »
Le poste de gardienne est un des plus concurrentiels en France. Comment on gère cette concurrence ?
Je veux même aller plus loin, c’est sûrement un des postes les plus concurrencés dans cette équipe de France. Je me souviens, quand je prends la décision de vouloir jouer pour les Bleues, il y a quatre ans, d’arrêter le Sénégal, car il y a les JO avec les Bleues, il y avait Cléopâtre Darleux et Laura Glauser. Maintenant, il y a Floriane André et Camille Depuiset qui sont aussi là. Je me dis que cela va être dur.
Mais c’est aussi quelque chose qui m’anime et qui me motive à travailler. La concurrence m’anime énormément et je la recherche, sinon je n’aurais pas fait le choix de venir en équipe de France. Plus la concurrence sera là, plus le niveau à ce poste-là sera élevé. Ce n’est que bénéfique pour l’équipe de France.
Vous allez retrouver certaines de vos coéquipières de Metz, c’est aussi un atout pour vous, notamment votre relation avec les ailières Lucie Granier et Chloé Valentini sur les relances.
Oui, cela peut être une bonne arme. J’ai des automatismes, beaucoup d’affinités avec ces ailières. J’en ai encore plus avec Sarah Bouktit au poste 3 en défense. Ces relations créées en club sont bénéfiques et tout le monde dira la même chose. Ce sont des relations que l’on n’aura pas à créer en sélection. C’est un gagne temps d’avoir ces automatismes avec ces joueuses. Et un vrai atout. Sur une prise de balle, je sais que Chloé va se trouver à tel endroit et à tel moment, je sais que Lucie sera là. Je sais qu’à telle situation, Sarah sera là et je peux faire telle chose ou une autre, en fonction.
Hatadou Sako : « On ne veut pas négliger le Mondial »
Quelle est votre définition d’une gardienne ?
Une bonne gardienne, c’est celle qui sait faire un mix entre son instinct et son jeu en lecture. C’est aussi celle qui arrive à être tranquille dans sa tête. Car on est amené à traverser plusieurs moments et à ressentir plusieurs émotions en très peu de temps. Il faut être stable dans la tête et assez agile dans ses cages.
Au moment d’aborder le Mondial, arrivez-vous à faire abstraction des JO ? Ou cela reste dans un coin de votre tête ?
C’est forcément dans un coin de ma tête, et ce, depuis quatre ans. Bien au chaud. Mais je me suis interdit de griller les étapes. Et l’étape, c’est qu’avant les Jeux Olympiques, il y a les championnats du monde. Préparer un bon championnat du monde aidera à préparer une bonne compétition. En faisant un très bon Mondial, ce sera de bon augure pour les JO. Il ne faut pas se tromper et ne pas penser aux JO. Car les Mondiaux sont une compétition importante qu’il ne faut pas négliger. Même si ce n’est pas dans l’ADN de cette équipe de négliger une compétition. Je n’ai pas d’inquiétudes à ce sujet, parce que ce n’est pas sa façon de penser. Chaque compétition disputée l’est à fond par cette équipe de France.


