Les 4 Mousquetaires : « On n’est pas tombés dans la bonne génération »
Jeudi soir, Richard Gasquet, Gilles Simon, Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils se sont retrouvés en visio-conférence sur la chaîne Twitch de ce dernier. Au cours d’une table ronde de presque 3 heures, les 4 Mousquetaires ont évoqué leurs carrières, leurs fiertés, leurs regrets, leurs meilleurs souvenirs… Avec un invité surprise à la fin.
Gaël Monfils, qui s’est reconverti streamer depuis quelques semaines, l’avait annoncé sur ses réseaux sociaux. À 18h30 jeudi soir, les 4 Mousquetaires allaient pour la première fois se réunir (à distance) « pour débattre sur le tennis passé, actuel et futur ». Une table ronde avec un casting alléchant qui a tenu toutes ses promesses. Sans journalistes, sans langue de bois, avec une interactivité décuplée avec les internautes : le principe-même de Twitch correspondait parfaitement au concept.
Les Mousquetaires
Le sujet au centre du live a été le lien qui unit les 4 Mousquetaires. Et dès le début, les vérités sont lancées sur le ton de la rigolade : « ce nom des 4 Mousquetaires, on l’a jamais demandé, à force ça nous fait ch*er. » Ce surnom leur colle en effet à la peau depuis la fin des années 2000, époque où les quatre figuraient dans le Top 20 ATP. On a ainsi voulu donner un nom cette génération dorée du tennis tricolore. Une génération qui a grandi ensemble sous le giron de la Fédération et des Équipes de France.
« Richard est le premier à avoir franchi la marche vers le circuit pro » se souvient Jo-Wilfried Tsonga. À 15 ans, il remporte déjà son premier match de Masters 1000, ce qui constitue encore aujourd’hui un record. Ses trois comparses suivront deux ans plus tard, de quoi soulager le Biterrois de la pression. « Je suis arrivé très jeune, on a beaucoup parlé de moi. Ça n’a pas toujours été évident. J’étais le précurseur. » Une fois tous bien installés dans le Top 100, la concurrence des quatre a finalement été bénéfique : « Nous quatre, on s’est poussés vers le haut, ça nous a fait du bien. »
« On n’est pas tombés dans la bonne génération »
Seulement voilà, à 34 ans passés, la fin de carrière s’approche de plus en plus pour eux. Et les titres du Grand Chelem sont toujours la pièce manquante de leur palmarès. Jo-Wilfried Tsonga est celui qui en est passé le plus proche, lors de sa finale à l’Open d’Australie en 2008. Il avait alors perdu contre un certain Novak Djokovic. Avec Roger Federer et Rafael Nadal, ces trois-là ont raflé 53 des 63 tournois du Grand Chelem depuis 2005. « Les trois meilleurs joueurs de tous les temps ont joué en même temps que nous », résume Tsonga. Difficile alors de trouver une place sur le palmarès des Grands Chelems : « on n’a pas eu beaucoup d’occasions. On n’est pas tombés dans la bonne génération. » Juan Martin Del Potro, Andy Murray, Stan Wawrinka, Marin Cilic et plus récemment Dominic Thiem ont eux saisi leur chance. Sur les quinze dernières années, ce sont les seuls.
C’est cette absence de titre majeur qui est reprochée aux 4 Mousquetaires. Sûrement trop. « Le public et les médias ont été trop durs avec nous » pointe Gaël Monfils. Gilles Simon le rejoint : « Est-ce qu’on aurait pu gagner 1 ou 2 Grands Chelems ? Peut-être. Mais à l’arrivée ça s’est pas fait, et on a pas à rougir de ça. » Malgré tout, les Mousquetaires restent parmi les joueurs qui ont donné le plus de fil à retordre aux trois légendes que sont Djokovic, Federer et Nadal. Et de cette expérience, les quatre veulent se servir pour transmettre à la nouvelle génération. « Les Humbert, Moutet ou Gaston… On veut qu’ils aient le soutien des anciens joueurs que nous on n’a pas eu » décrit Gasquet.
Invité surprise de la fin du live, Benoît Paire s’est joint aux remerciements des internautes pour résumer la carrière des Mousquetaires : « Ce que vous avez fait, on est pas prêts de le revoir de sitôt. Vous avez énormément apporté au sport français et au tennis, merci pour ça. On a eu de la chance de vous avoir eu. »


