Nous suivre
Championnat du monde de handball

Mondial Handball féminin 2025 : les Bleues ont-elles les moyens de rester championnes du monde ?

Etienne Goursaud

Publié le

Mondial Handball féminin 2025 les Bleues ont-elles les moyens de rester championnes du monde
Photo Icon Sport

HANDBALL – Championnes du monde en titre, les Bleues abordent le Mondial dans un costume d’outsider. Sont-elles armées pour défendre leur couronne ? On fait le point.

Le Mondial, la compétition qui réussit le mieux aux Bleues

Si le passé reste le passé, il convient de rappeler que les Bleues s’apprêtent à débuter une compétition qui leur réussit historiquement très bien. Au-delà du titre de championne du monde décroché au terme d’un match homérique contre la Norvège il y a deux ans, l’équipe de France affiche une remarquable régularité. Depuis 1999, date de leur toute première finale à ce niveau, perdue 24-22 après prolongations face à la Norvège, les Bleues ont disputé six finales (1999 inclus) en 13 championnats du monde. Hormis l’élimination historique au premier tour en 2019, elles ne sont sorties du Top 5 qu’à deux reprises (12èmes en 2005 et 7èmes en 2015). Mieux encore, elles restent sur trois finales lors des quatre dernières éditions, dont deux titres (2017 et 2023).

Les Bleues privées de cadres majeures, mais un vivier prometteur

Cette année, la France devra composer sans certaines de ses joueuses majeures. Estelle Nze Minko, Chloé Valentini et Laura Flippes sont actuellement en congé maternité. Si les deux dernières ont déjà accouché, elles n’ont pas encore repris la compétition. Les Bleues devront ainsi faire sans deux cadres de la base arrière et sans l’une des meilleures — si ce n’est la meilleure — ailières gauches du monde. Trois piliers du sacre en 2023. À cette liste s’ajoute le forfait de dernière minute de la gardienne Laura Glauser, autre joueuse clé du titre mondial. Même pour une Équipe de France, cela fait beaucoup.

Mais inutile de céder au pessimisme : les Bleues peuvent compter sur des leaders solides. Pauletta Foppa est parfaitement remise de sa blessure de début de saison. Hatadou Sako réalise un début d’exercice exceptionnel à Györ (demandez aux Messines ce qu’elles en pensent), tout comme Léna Grandveau, héroïne de la finale en 2023 et désormais cadre au niveau international. Il en va de même pour sa coéquipière en club Lucie Granier.

Des postes occupés par des joueuses encore peu expérimentées

D’autres talents ont également franchi un cap. On pense notamment aux trois Brestoises. Floriane André, ultra-régulière, est devenue l’une des meilleures gardiennes de Ligue des Champions. Clarisse Mairot pourrait assumer la difficile mission de remplacer Estelle Nze Minko. Sans oublier Oriane Ondono, désormais pivot de référence au niveau mondial. Le poste de pivot reste d’ailleurs l’un des plus solides : Pauletta Foppa, Sarah Bouktit et Oriane Ondono forment un trio redoutable.

Cependant, les Bleues devront aussi composer avec des joueuses inexpérimentées au niveau international. Au poste d’ailière gauche, ni Nina Dury ni Suzanne Wajoka ne possèdent encore de vécu en compétition majeure. Marine Dupuis n’a disputé que l’Euro 2024, dans un rôle de remplaçante. (À l’heure où nous écrivons ces lignes, les 16 joueuses retenues pour le Mondial ne sont pas encore connues.) Même constat au poste d’arrière droite pour Emma Jacques et Marie-Hélène Sajka. Toutes devront se hisser à la hauteur de l’événement.



La Norvège favorite naturelle ? D’autres nations en menace pour la France

Si l’on doit citer une favorite, la Norvège s’impose d’elle-même. Nation phare du handball féminin, elle a croisé la route des Bleues lors de leurs trois dernières finales mondiales. Les Norvégiennes ont également privé la France du titre olympique en 2024. Elles sont aussi tenantes du titre européen. Sur les dix dernières années, elles n’ont manqué que quatre finales toutes compétitions confondues. Une régularité exceptionnelle.



La Norvège possède également une capacité unique à renverser des matchs mal engagés. Ce fut le cas lors de la finale du Mondial 2021 face aux Bleues, ou encore lors de la demi-finale du Mondial 2023, dominée longtemps par le Danemark avant la performance monstrueuse d’Henny Reistad (15 des 29 buts de son équipe ce jour-là).

La Hongrie, nouvelle menace

Le Danemark, souvent proche du sacre sans jamais parvenir à l’obtenir, reste un outsider majeur, au même titre que la France. Ses gardiennes impressionnent, notamment Anna Kristensen, élue meilleure joueuse de l’Euro 2024 et brillante en demi-finale face aux Bleues. Mais la Hongrie s’impose désormais comme une menace sérieuse, 3ème du dernier Euro et devant les Françaises. Petra Vamos et la jeune Petra Simon ont franchi un cap, cette dernière ayant été exceptionnelle contre Brest (voir ici). À ce duo s’ajoute Katrin Klujber, meilleure buteuse du dernier Euro.

Un tirage favorable pour les Bleues

Avec un groupe largement remanié, la France aura besoin de temps pour trouver ses repères. Le Tournoi de France a servi de laboratoire, et les ajustements se poursuivront durant le Mondial. Heureusement, le premier tour semble très abordable : Pologne, Tunisie et Chine. Trois adversaires à la portée des Bleues, qui pourront monter en puissance, tester différentes configurations et offrir du temps de jeu à la majorité du groupe. Sauf énorme surprise, elles aborderont ensuite le tour principal avec l’objectif clair d’atteindre les quarts de finale.

Conclusion : Les Bleues peuvent-elles conserver leur titre ?

Malgré les absences de cadres majeures, l’équipe de France aborde le Mondial avec un mélange intéressant d’expérience et de jeunesse prometteuse. Si la Norvège reste la favorite naturelle et que la concurrence se renforce — notamment du côté du Danemark et de la Hongrie — les Bleues ont prouvé par le passé qu’elles savaient se transcender lors des grands rendez-vous. Un début de compétition abordable pourrait leur permettre de monter en puissance et de se frayer un chemin jusqu’aux matchs couperets. Avec une défense toujours aussi solide et des individualités capables d’exploits, la France n’a clairement pas dit son dernier mot dans la course au titre mondial.

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *