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Cyclisme sur route

Philippe Gilbert s’en va aujourd’hui, la dernière course d’un géant du cyclisme mondial

Sébastien Gente

Publié le

Philippe Gilbert s'en va aujourd'hui, la dernière course d'un géant du cyclisme mondial
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE 2022 – Ce week-end est l’occasion de dire au revoir à des grands noms du cyclisme. Aujourd’hui, c’est Philippe Gilbert qui va ranger son vélo après Paris-Tours. L’occasion de saluer l’un des meilleurs coureurs des années 2010.

Hier, lors de la victoire de Tadej Pogacar au Tour de Lombardie, on a célébré les adieux de deux coureurs marquants de la dernière décennie, en la personne d’Alejandro Valverde et de Vincenzo Nibali. Aujourd’hui, un troisième immense coureur les rejoint dans la retraite. S’il va disputer une ultime course chez lui, dans un évènement qu’il va lui-même organiser, Philippe Gilbert fera bien sa dernière apparition officielle lors de cette édition de Paris-Tours avant de s’en aller. Focus sur le plus grand coureur de classiques des années 2010.

Lancé par Madiot

On l’oublie souvent, mais c’est chez Groupama-FDJ, à l’époque Fdjeux.com, que Philippe Gilbert a entamé sa carrière professionnelle. S’il y était un stagiaire prometteur, il va vite devenir un chasseur de courses d’un jour. Sous les ordres de Marc Madiot, il est présent lors de la création de l’UCI Pro Tour, ancêtre du World Tour. Et il va garnir son palmarès avec quelques belles courses, comme la Polynormande, puis des semi-classiques belges : le Het Volk ou le Grand Prix de Fourmies.

En 2008, il signe en milieu de saison pour la Lotto en vue de l’année suivante. Il s’apprête donc à quitter la formation qui l’a vu naître pour rentrer au pays, mais il ne le fera pas sans panache. En effet, il offre à la formation française son deuxième succès sur Paris-Tours, dans son style offensif caractéristique, pour la dernière course sous ce maillot. Le sentiment du travail bien fait, Philippe Gilbert peut partir pour franchir une nouvelle étape dans sa carrière.

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L’irrésistible ascension

Et il ne va pas mettre longtemps à se signaler. Après une bonne campagne de classiques, il explose en fin d’année 2019 en remportant pas moins de quatre courses en dix jours, conservant son titre sur Paris-Tours, mais décrochant surtout son premier Monument au Tour de Lombardie. La machine Gilbert est lancée. Après une Amstel Gold Race et un second Tour de Lombardie en 2010, il devient l’un des plus grands noms du cyclisme l’année suivante.

En 2011, il termine en effet n°1 du classement UCI World Tour. Un titre acquis après une saison incroyable, durant laquelle il devient le second coureur de l’histoire à faire le triplé sur les Ardennaises (Amstel Gold Race, Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège), en plus d’un succès assorti du maillot jaune lors de la première étape du Tour de France, et de la Clasica San Sebastian, parmi ses 23 succès de la saison. Il est le meilleur coureur du monde, et va le confirmer l’année suivante, sous le maillot de la BMC Racing, après la dissolution de son équipe.





Champion du monde !

Avec un tel talent, Philippe Gilbert ne peut que viser un titre de champion du monde sur route. Si en 2011, le parcours était taillé pour les sprinteurs, on va assister à un chef d’œuvre en 2012. À Valkenburg, avec tous les meilleurs coureurs de classiques présents, le Belge va déposer ses rivaux dans le fameux Cauberg de façon magistrale, et enfin revêtir le maillot arc-en-ciel. À 30 ans, il est au sommet de son art.

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Mais il n’échappe pas à la malédiction du maillot irisé. Pour l’une de ses premières courses sous cette tunique, il chute et abandonne en Lombardie. Le prélude d’une saison 2013 pourrie, où il ne décrochera qu’un seul bouquet, une étape de la Vuelta. C’est le début des années compliquées de Philippe Gilbert. S’il enrichit quelque peu son palmarès, avec notamment une troisième Amstel Gold Race ou une Flèche Brabançonne, il n’est pas au niveau vu par le passé. Alors que l’on pense que sa carrière va se finir dans l’anonymat, il renaît de ses cendres en rejoignant la Quick-Step pour la saison 2017.

Le retour du héros

Et le succès ne tarde pas à revenir frapper à sa porte. Le Belge remporte un de ses objectifs de longue date, le Tour des Flandres, son troisième Monument différent. L’image de Philippe Gilbert franchissant la ligne à pied, soulevant son vélo, le maillot de champion de Belgique sur les épaules, est l’une des plus iconiques du vélo au XXIème siècle. Consacré à domicile, il peut entamer sereinement la dernière partie de sa carrière.

Il va nous offrir une autre image iconique, mais plus malheureuse, lors du Tour de France 2018. En tête de la 16ème étape, il est victime d’une chute incroyable dans la descente du Col de Portet d’Aspet. Mais il finira tout de même l’étape devant un public incrédule. Néanmoins, cela lui coûtera sa fin de saison, l’obligeant à se préparer pour son ultime coup d’éclat en 2019.

Paris-Roubaix, un exploit

En effet, Philippe Gilbert, à 36 ans et au crépuscule – le croit-on – de sa carrière, réalise une performance monumentale lors de Paris-Roubaix 2019. Membre d’une échappée royale (Wout van Aert, Peter Sagan) partie à 50 km de l’arrivée, il domine au sprint Nils Pollitt et remporte rien de moins que son quatrième Monument, devenant le premier à réaliser une telle performance depuis Sean Kelly en 1992 ! Seul Milan – San Remo se refusera à lui (deux fois troisième).


Il signe en 2020 pour la Lotto-Soudal, dernière étape de son périple de coureur professionnel. Si les deux premières saisons sont quelque peu anonymes, il tient à finir en beauté après avoir annoncé la fin de sa carrière. En mai, il remporte les Quatre Jours de Dunkerque, avec une étape en prime. La dernière victoire de ses 98 en carrière. À moins d’un nouveau tour de magie cet après-midi dans Paris-Tours, une course où il se sera fait un nom avant de devenir une légende. Bonne retraite, Phil.

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