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Tour d'Italie

Tour d’Italie 2023 : Le paradis des échappés matinaux ?

Etienne Goursaud

Publié le

Tour d'Italie 2023 Le paradis des échappés matinaux
Photo Icon Sport

TOUR D’ITALIE 2023 – Depuis le début de la saison, aucune échappée matinale n’est allée au bout sur une course World Tour. Le Tour d’Italie, réputé propice aux baroudeurs, peut-il changer la donne ?

2023 : Le cimetière des baroudeurs

C’est un constat terrible ! Il n’y a aucune place pour l’imprévu (sauf pour les cannibales) dans cette année 2023. Les grandes courses accouchent des mêmes scénarios. Que ce soit les courses d’un jour ou les courses à étapes, toutes tombent dans l’escarcelle du peloton. Les sprinteurs sur le plat, les grimpeurs en montagne, les puncheurs sur des profils escarpés, les Flandriens sur les monts et les pavés. Pas de surprises, pas cette histoire romancée d’une échappée qui a résisté au bout au peloton. Un Christophe Agnolutto vainqueur en solitaire sur les routes du Tour de France 2000. Un Thomas De Gendt qui réalise un final de folie à Saint-Étienne, sur la Grande Boucle 2019 !

Le baroudeur, c’est ce coureur romantique qui se propulse à l’avant, dans des entreprises que beaucoup considèrent comme perdues d’avance. On se prend d’amour pour cette personne, qui n’a pas les qualités pour battre les meilleurs à la loyale. Mais qui ose, qui s’y prend différemment, et dont les victoires nous procurent forcément cette émotion de ce petit qui a battu tous les grands. Une sorte de David contre Goliath version cyclisme. Laurent Jalabert est presque devenu plus populaire au travers de ses échappées au long cours, mais perdantes, lors du Tour de France 2002, que lors de son incroyable année 1995. C’est dire.

Des leaders qui cannibalisent tout

On ne va pas revenir en détail sur la surdomination de six coureurs (Remco Evenepoel, Wout Van Aert, Mathieu van der Poel, Primoz Roglic, Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar). Pour ceux qui veulent entrer dans les détails statistiques, tout est expliqué par ici. Mais, quand des coureurs sont aussi voraces au niveau World Tour, cela laisse moins de place aux autres. Et donc aux baroudeurs.

Quand un Tadej Pogacar a envie de rafler trois étapes de Paris-Nice, un baroudeur-grimpeur n’a plus aucune chance de s’exprimer. D’ailleurs, sur la dernière étape de la Course au Soleil, la fugue a été rattrapée très tôt. Déjà, la veille, elle avait rapidement abdiqué au pied du Col de la Couillole. Sur les Monuments, on pense invariablement à Paris-Roubaix et l’échappée revue dès la Trouée d’Arenberg. Dans une course où, pourtant, on sait que traditionnellement, elle peut aller très loin. Voire au bout, comme Matthew Hayman en 2016.

Le Giro a souvent réussi aux baroudeurs

Mais la tendance pourrait enfin s’inverser. Car le Tour d’Italie sourit souvent aux baroudeurs. Comme lors du Giro 2022. Avec 10 échappées matinales qui sont allées au bout. Soit plus de la moitié des étapes en ligne, dans un Giro avec deux contre-la-montre. Dix des dix-neuf étapes qui ont souri aux fuyards. Dont la plupart de montagne. La seule vraie exception étant la 9e étape, sur les pentes du Blockhaus. Remportée par Jai Hindley (Bora-Hansgrohe)





Dès la première arrivée au sommet et alors que le Giro ne s’était pas encore décanté, Lennard Kämna (Bora-Hansgrohe) était allé au bout. Battant Juan Pedro Lopez, qui allait endosser le maillot rose pendant plus d’une semaine. Se montrant héroïque. Surtout, en dernière semaine, toutes les étapes, à l’exception évidemment de la dernière qui était un chrono, ont souri aux baroudeurs matinaux. Y compris la plus dure, la 20e étape, vers la Marmolada. Remportée par Alessandro Covi (UAE Team Emirates).

Et pourtant, le Giro 2022 aura été indécis jusqu’au bout, avec des écarts resserrés et un Jai Hindley qui a renversé le cours des choses dans l’ultime étape de montagne. Chaque favori avait pourtant intérêt de rouler, pour tenter de distancer son adversaire, voire prendre de précieuses bonifications. Mais cela n’a pas été le cas. Et le Giro 2021, avait déjà vu 10 échappées matinales aller au bout. Malgré un suspense et une lutte intense pour le podium. Dans une course remportée par Egan Bernal (INEOS Grenadiers). En bref, sur les routes du Tour d’Italie 2023, les baroudeurs devraient enfin trouver quelques os à ronger.

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