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Athlétisme

Yann Chaussinand : « Je vais arriver plus serein à Budapest »

Etienne Goursaud

Publié le

Yann Chaussinand : "Je vais arriver plus serein à Budapest"
Crédit DR

ATHLÉTISME – Yann Chaussinand a remporté le titre de champion de France du marteau au mois de juillet. Le lanceur sera aux Mondiaux de Budapest. Il raconte son concours et ses ambitions pour ces championnats du monde. Où il espère décrocher les minima pour les JO de Paris en 2024.

Yann Chaussinand : « Un concours où j’ai pu prendre du plaisir »

Est-ce que tu es satisfait de ton concours à Albi ?

Yann Chaussinand : Je suis content de moi. C’est un concours où j’ai pu prendre du plaisir. J’essaie des choses, j’essaie de construire mon concours. Bien sûr, j’ai tenté et fait des choses qui ont plus ou moins marché. Je reste sur ma faim. Cela reste de bon augure pour préparer les championnats du monde. Je commence à prendre des risques à partir du troisième essai. En mettant un peu plus. Il y a de bonnes choses à chaque jet. Le tout étant de mettre bout à bout. Pour aller chercher un gros jet.

En termes de régularité, on n’est pas loin du meilleur concours de ta carrière.

J’ai rarement mesuré autant de jets lors d’un championnat de France. Je commence à bien travailler techniquement. Tout n’est pas encore mis en place, mais cela va dans le bon sens. Il faudra être bon à Budapest. On va bien s’entraîner, pour être prêt.

Tu vas participer à tes deuxièmes championnats du monde. Il y a des choses qui ont changé depuis Eugene ?

À Eugene, c’est mon premier championnat. Maintenant, je sais comment cela se passe. Je vais pouvoir y arriver plus serein. Pour mieux gérer le concours et être vraiment bon et aller chercher une finale et les tops mondiaux.

« Mon père ne m’a jamais poussé à faire du marteau »

Tu es en train de construire une régularité au-delà de 76 mètres. La grosse performance peut vraiment sortir.

Bien sûr. De toute manière, l’objectif sera de réaliser 78.20 m, pour me qualifier directement pour les JO. Mais à terme, j’ai envie d’aller au-delà des 80 mètres. Il faut s’entraîner et tout mettre en place pour aller au niveau de ces performances.

Tu es à la fois jeune, mais aussi un athlète qui commence à avoir de l’expérience. Tu sais désormais aborder les grandes compétitions ?

Il faut avoir confiance en soi, faire ce qu’on sait faire, sans vouloir trop en faire d’un coup. Normalement, il ne devrait pas y avoir de souci.



Cette passion pour le marteau, tu l’as toujours eue ?

J’ai essayé pas mal de sport. Au final, je suis arrivé à l’athlétisme. J’ai fait du javelot. Mon père est ancien international au marteau (NDLR : David Chaussinand, 3e performeur français de tous les temps, avec 80.99 m et 14 sélections en séniors). Pour la petite histoire, il a gagné les Élites il y a 23 ans. Maintenant, c’est moi qui gagne. De fil en aiguille, je me suis pris de passion pour le lancer de marteau. Mon père ne m’a jamais poussé à en faire. Presque au contraire, car il connait les bons et les mauvais côtés. Il sait que le sport est ingrat. On prend beaucoup de plaisir, mais c’est aussi très compliqué. C’est plutôt moi qui vais aller le chercher, que l’inverse.



Le niveau mondial a considérablement augmenté. Tu vois comment les choses et ta discipline ?

On voit quand même que dans tous les championnats, cela passe relativement à la même performance. La performance de pointe peut monter ou diminuer selon les années. Mais la densité reste la même.

Yann Chaussinand : « Je suis attaché à mes terres et à ma ville »

Est-ce que tu penses à Paris 2024 ?

C’est déjà dans un coin de ma tête depuis un bout de temps. Je veux y aller et pas pour regarder les autres. Je veux être acteur et aller chercher quelque chose de beau.

Tu arbores un nouveau maillot, mais toujours au club de Clermont. C’est une fierté de représenter ton club formateur ?

Bien sûr. Je suis attaché à mes terres et à ma ville et donc à mon maillot de mes débuts. C’est une chose à laquelle j’attache beaucoup d’importances.

Les lancers n’ont pas la même considération que d’autres disciplines en France. Tu arrives à vivre de ton sport ?

Non justement. Je travaille dans une entreprise d’Eiffage, spécialisé dans le terrassement. Je bosse à mi-temps, mais payé à temps plein, via CIP. J’ai une source de revenus fixe, tout en travaillant à côté. C’était une volonté de ma part. Je voulais faire autre chose, en plus de l’athlétisme, pour me vider la tête. Quand je suis au travail, je ne pense pas à l’athlétisme. Quand je suis dans l’entreprise, tous les salariés sont derrière moi. Le lundi, si je n’ai pas fait une bonne performance, j’en prends plein les dents (il rigole). Si je fais une bonne performance, ils sont tous derrière moi. Cela me motive de voir des gens derrière moi.

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