Après un Monument en 2018, Thibaut Pinot attend désormais son Tour


Le leader de l’équipe Groupama-FDJ nourrit de grandes ambitions alors qu’il va lancer sa saison 2019 avec le Tour de La Provence ce jeudi. L’heure de la consécration sur un Grand Tour pour le coureur Haut-Saônois cette saison ?

Il n’y a certainement plus besoin de le présenter. En l’espace de quelques années, il est devenu l’un des chouchous du public français, sa notoriété grandissant parallèlement avec ses succès, mais le coureur originaire de Mélisey en Haute-Saône est également apprécié par rapport à la fraîcheur qu’il dégage, son côté anti « bling-bling », et cela peut-être un paradoxe, par rapport à certaines défaillances dans les Grands Tours qui le rendent encore plus humain, dans un milieu très souvent pointé du doigt par diverses affaires de dopage.

Un Monument en 2018…

Mais si Thibaut Pinot tend à marquer de son empreinte son sport, c’est tout de même avant tout de part ses qualités, lui qui s’est révélé aux yeux du grand public au Tour de France en 2012, en remportant notamment une victoire d’étape et terminant à la 10ème place au général. Cela lui avait valu de rallier les Champs-Élysées avec sur les épaules, le maillot blanc de meilleur jeune. Un véritable exploit car depuis Raymond Impanis en 1947, aucun coureur ne s’était classé dans les 10 premiers du classement général en étant si jeune.

Suite à ce coup d’éclat, il se distinguera notamment en remportant des étapes de prestige dans les Grands Tours comme à l’Alpe d’Huez en 2015 et en se montrant à son avantage lors du Giro en 2017 où il terminera au pied du podium, avec une victoire d’étape à la clé. Un Giro où il brillera encore la saison suivante, mais victime d’une défaillance physique lors de l’avant-dernière étape, il ne pourra conclure ce dernier et prendre part à la Grande Boucle.

La suite de la saison allait se montrer bien plus rose pour le coureur de 28 ans, prenant part à la Vuelta, il y remporta deux étapes pour se classer 6ème au général, mais surtout, il s’imposera sur le Tour de Lombardie, où aucun Français depuis Laurent Jalabert en 1997 n’était monté sur la plus haute marche du podium. Dans le jargon cycliste, on appelle les 5 classiques les plus prestigieuses que sont Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et donc le Tour de Lombardie des Monuments ; il est le seul Français avec Arnaud Démarre en 2016 sur Milan-San Remo à avoir mis un terme à près de 20 ans de disettes pour nos coureurs tricolores. Ajoutons à cela, précédemment, une victoire lors de Milan-Turin, ce qui en faisait le premier coureur à réussir ce doublé transalpin depuis 2002. Il n’en fallait pas plus pour faire nourrir de grands espoirs pour une autre course en 2019.

Thibaut Pinot sur la plus haute marche du podium en Lombardie – La Presse

 

… En attendant son heure sur le Tour en 2019 ?

Cette course est bien entendu le Tour de France, la course cycliste la plus attendue de l’année, où le Français s’était donc révélé. Celui qui a refusé d’aller s’exiler en Suisse et qui a fait construire une maison à deux pas de chez ses parents afin de profiter de bonheurs simples avoue guère se retrouver dans une course comme le Tour de France dans des propos qui avait été relayés par Le Monde : « Le Tour de France, c’est l’opposé de moi. Ce n’est pas la course que je préfère : beaucoup de pression, beaucoup de stress, mais ce sont les trois semaines de l’année où il faut vraiment se faire violence. Tout ce qui entoure la course, cela fait partie des contraintes que j’ai progressivement apprivoisées Le Tour de France, c’est un passage obligé. On n’a le temps pour rien. Le seul moment de détente, c’est quand on prend notre douche dans le bus après l’étape. »

Mais malgré tout, afin de s’affirmer de manière encore plus conséquente dans le monde du cyclisme, le Franc-Comtois sait qu’il doit prouver encore des choses sur un grand Tour, et quoi de mieux que de le faire dans son pays, sur ses terres d’entraînement, avec des étapes de montagne qui emprunteront des routes qu’il connaît par cœur, avec notamment une arrivée à la Planche des Belles-Filles où il termina second en 2014 :  « J’ai l’impression qu’ils ont repris une de mes sorties d’entraînement pour la tracer, c’est vraiment la sortie que je fais quand je veux faire cinq ou six heures de vélo. De plus, l’étape de la veille ne paye pas de mine sur le papier, mais je connais un peu le coin, c’est très dur ! ».

Cette année, il ne prendra pas part au Giro, pour se consacrer au Tour de France qui sera « son second grand objectif » où le premier sera de briller lors des courses d’une semaine comme sur Tirreno-Adriatico et le Tour de Catalogne, où il est engagé, et qui feront offices de préparation avant le Tour de France. L’heure de la confirmation a bel et bien sonné pour Thibaut Pinot qui ne peut plus avancer masqué et qui devra répondre aux attentes cet été.

Le coureur, qui nous a souvent gratifié d’exploits retentissants lors des étapes de montagne, s’élancera donc demain jour de la Saint-Valentin lors de ce Tour de La Provence qui lui permettra « de voir si le travail hivernal a porté ses fruits », lui qui rêve sans doute qu’une très belle histoire d’amour voit le jour pendant la Grande Boucle dans quelques mois…

Julien Corréia

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