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Rugby à XIII

Comment les parcours des Dragons Catalans et du TO peuvent-ils faire avancer le XIII français ?

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Rugby à XIII - Comment les parcours des Dragons Catalans et du TO peuvent-ils faire avancer le XIII français
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RUGBY À XIII – Avec les deux finales des Dragons Catalans et du TO, le rugby à XIII français vient de vivre une semaine riche en émotions. Comment capitaliser sur ces réussites ? Éléments de réponse.

Le rugby à 13 français a récemment vécu un week-end historique, avec la première grande finale de l’histoire des Dragons Catalans et la montée en Super League du Toulouse Olympique. Ces belles réussites étant désormais derrière nous, c’est tout un mouvement qui va devoir s’en servir pour, sans mauvais jeu de mots, transformer l’essai. Mais comment s’y prendre ? Voici quelques pistes.

Remettre l’équipe de France au centre du projet

Le 23 octobre, l’équipe de France recevra l’Angleterre à Perpignan. Cette date marquera le premier matchs des Bleus depuis… 2 ans ! Le 25 octobre 2019, les Français s’étaient alors lourdement inclinés contre les U23 Australiens (62-4). Et pour ne rien arranger, le capitaine Jason Baitieri avait quitté la tournée avant la fin, portant ensuite de lourdes accusations (propos racistes, gestion financière opaque…) contre le président de la fédération à l’époque, Marc Palanques.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. La fédération a changé de présidence, et les clubs professionnels ont réussi de belles performances, avec plusieurs joueurs français dans leur effectif. Il faut donc repartir d’une page blanche. Améliorer l’entente entre la FF XIII d’un côté, et les Dragons Catalans et le TO XIII de l’autre. Et surtout, remettre l’équipe de France au centre du projet. Ça passe par l’organisation de matchs de façon régulière, contre des équipes compétitives, pour permettre aux joueurs de progresser. Et aussi faire en sorte que les clubs professionnels jouent le jeu à fond en libérant autant que possible leurs joueurs pour ces échéances. Ce qui n’a pas toujours été le cas ces dernières années.

C’est factuel. Une équipe de France qui gagne permet de faire progresser la popularité d’une discipline. La progression fulgurante du handball en est le parfait exemple. Même si la concurrence est rude, un beau parcours lors de la prochaine Coupe du monde, en 2022, pourrait être un beau levier de progression pour le 13 en France.

Relancer le championnat de France

Même si les deux clubs cités précédemment sont expatriés en Angleterre, il existe un championnat de France de rugby à 13. Celui-ci reprendra ce week-end du 16-17 octobre, avec 9 équipes sur la ligne de départ. Faute de télévisions et de public présent l’an passé, les clubs ont décidé de diffuser eux-mêmes leurs matchs sur YouTube. Bonne nouvelle, cette initiative va perdurer cette année et permettre au championnat Élite 1 d’être visible. Ce qui est un bon début.

Mais il faudra proposer autre chose pour gagner en spectateurs dans les stades et sur YouTube. Le niveau des matchs a plutôt tendance à progresser. Mais autour des matchs, il ne se passe rien ! On vient, on s’assoit, on boit un verre à la mi-temps, et on repart à l’issue des rencontres. Les clubs gagneraient à travailler sur l’enveloppe autour des matchs, et proposer des animations et des jeux en lien avec le public. Par exemple, organiser à la mi-temps un concours de drops, avec une récompense à gagner (maillot, bon d’achat chez un sponsor, entrées gratuites pour le prochain match…). Ce genre de d’animations permettrait d’améliorer l’attractivité et d’inciter les familles à revenir dans les stades.

Deuxième point, redéfinir la notion d’intérêt général. Dans le milieu, cette notion si importante n’existe quasiment pas. Chacun fait sa tambouille dans son coin et adapte les règlements en fonction de son intérêt. Même si le championnat de France de première division est encore amateur, il faut se préparer au professionnalisme au plus vite. Et ça commence par être professionnel dans le comportement, et dans le respect des règles, notamment la notion essentielle de respect des arbitres. Respect qui s’est un peu perdu ces derniers temps.

Autre étape essentielle pour tendre vers le professionnalisme, la création d’une ligue. Dans un monde idéal, les clubs d’Élite 1 et 2 devraient se réunir et œuvrer à la création d’une ligue professionnelle, comme il en existe dans tous les sports majeurs en France. La création de cette ligue permettrait la mise en commun de moyens financiers, la nomination d’hommes et de femmes pour la diriger et des discussions avec la fédération pour qu’elle cède certaines de ses prérogatives. Ce qui ne ferait pas de mal à cette dernière, qui dirige tout un mouvement, avec des moyens relativement réduits. Existe-t-il, en ce moment, une volonté commune d’avancer vers cela ? Pour rester poli, on va dire qu’on en doute. Pourtant, cet outil parait indispensable en 2021 pour avancer et tendre vers le professionnalisme.

Il y a un dernier point important. Commencer à préparer l’expansion, et sortir de la région Occitanie, qui accueille actuellement 7 clubs d’Élite 1 sur 9. Mais les mises en sommeil de Toulon et Lyon (qui évoluaient en Élite 2) montrent que l’arrivée dans les grandes villes ne sera pas un long fleuve tranquille. Et que l’implantation du XIII dans certaines d’entre-elles prendra du temps. Mais même si cela rime avec un travail de longue haleine, le développement global du XIII en France passera par la conquête de certaines de ces grandes villes.

Accueillir et réussir la Coupe du monde 2025

C’est l’un des grands projets du nouveau président de la FF XIII, Luc Lacoste. La France s’est portée candidate à l’organisation de la Coupe du monde 2025. Le dossier doit être finalisé, mais il ne devrait pas coûter bien cher au contribuable vu que la plupart des stades à même d’accueillir l’événement sont déjà prêts. Aussi bien dans le bastion occitan, qui compte déjà des stades à Perpignan, Toulouse, Albi et qui sera renforcé par le futur stade Louis Nicollin de Montpellier, dont l’inauguration est attendue pour 2024, que dans le reste de la France. Les stades et la plupart des infrastructures annexes pour accueillir les fans étrangers et les joueurs sont là. Le retour sur investissement est possible.

Cet événement pourrait être l’occasion de rajouter de la lumière sur ce sport en France. Et aussi d’essayer de faire découvrir le rugby à XIII à un public non-initié dans les villes où le tournoi passera. Découverte qui pourrait permettre de gagner des fans d’abord, et pourquoi pas des pratiquants ou dirigeants ensuite. 2025, c’est demain. La mobilisation doit donc commencer dès aujourd’hui pour que cet événement soit une réussite. Et qu’il puisse être un élément important du nouveau départ du rugby à 13 en France.


Passionné de sport depuis toujours, c’est tout naturellement qu’après avoir compris que je n’avais pas le niveau pour jouer à Manchester United, et pas la force nécessaire pour combattre à l’UFC que je me suis tourné vers le journalisme pour raconter les exploits et les histoires de ceux qui en sont capables. Le football, surtout quand il est joué en Angleterre, reste mon premier amour. Mais j’aime aussi veiller la nuit pour vous parler de KO et de victoires unanimes à l’UFC ou sur les rings de boxe. Mon côté fan de Wayne Rooney m’a également poussé à devenir polyvalent et à parler aussi de rugby (à XIII comme à XV) et occasionnellement de cyclisme. C’est donc logiquement que j’ai rejoint Dicodusport, pour pouvoir parler de l’actualité, sur tous les terrains.

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