Groupama-FDJ, une saison 2024 en demi-teinte
CYCLISME SUR ROUTE 2024 – Avec 15 victoires dont trois en World Tour, la Groupama-FDJ propose un bilan en demi-teinte avec des leaders pas toujours présents et des jeunes qui tardent à arriver à maturité. De quoi être inquiet pour la suite ?
En 2024, la Groupama-FDJ a largement souffert de la comparaison avec l’autre grosse écurie française, Decathlon – AG2R La Mondiale. Pendant que les Savoyards collectaient 30 victoires, l’équipe au Trèfle en compilait 15. Néanmoins, tout n’est pas à jeter dans le bilan de la formation de Marc Madiot, qui reste dans le top 10 UCI en 2024. Il faut donc nuancer le constat pur et dur des chiffres.
Des leaders pas toujours au rendez-vous
Lors des grands objectifs de l’équipe en 2024, les grands noms se sont régulièrement troués. À commencer par David Gaudu, longtemps décrié par les fans de l’équipe, la faute à un début de saison poussif et à un Tour de France complètement raté, achevé à la 65ème place. Toutefois, le Breton a su se rattraper en fin d’année avec une belle sixième place finale sur la Vuelta et un top 10 en Lombardie. Gaudu achève la saison avec deux succès, sur le Tour du Jura et la 3ème et dernière étape du Tour du Luxembourg.

Pour Stefan Küng, on peut souligner une première victoire en World Tour sur la Vuelta sur le contre-la-montre final. Avec au total trois succès, le Suisse réalise une saison de bonne facture, mais se rate sur le Tour et sur les Championnats du monde de la discipline. On notera une cinquième place sur Paris-Roubaix après une campagne de classiques plutôt décevante.
Concernant Valentin Madouas, son irrégularité et son mauvais placement (récurrent) l’ont grandement pénalisé cette saison. Avec, au mieux, une 6ème place sur l’Amstel Gold Race et une 7ème place sur Liège-Bastogne-Liège. Attendu en forme sur les Flandriennes, il n’a pas pesé sur ces dernières. Sa médaille d’argent sur la course en ligne des JO de Paris sauve quelque peu une saison en deça des deux précédentes en termes de résultats.
Où en-est la génération 2023 ?
Tout le monde se souvient de la génération dorée arrivée en fanfare début 2023 avec pas moins de sept signatures dans l’équipe première. De manière assez surprenante, Laurence Pithie est peut-être le coureur qui s’en sort le mieux avec en point d’orgue sa victoire estampillée World Tour sur la Cadel Evans Great Ocean Road Race en janvier. Solide sur Paris-Nice et porteur du maillot jaune, le Néo-Zélandais a ensuite été plus discret.
VICTOIRE ! 🏆
Laurence Pithie remporte la Cadel Evans Great Ocean Road Race 🫵
𝐶𝑜𝑛𝑔𝑟𝑎𝑡𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝐿𝑎𝑢𝑟𝑒𝑛𝑐𝑒 😍 pic.twitter.com/NQxUwGjRha
— Équipe Cycliste Groupama-FDJ (@GroupamaFDJ) January 28, 2024
En ce qui concerne Romain Grégoire, difficile de parler de déception. Avec lui aussi une première victoire en World Tour, sur le Tour du Pays Basque, le Franc-Comtois a répondu présent. Cependant, en attendre davantage, notamment en termes de régularité, n’est pas interdit. Sa campagne de classiques italiennes a rassuré sur ce point. L’autre grande star de cette génération, Lenny Martinez, a réalisé un début de saison stratosphérique, s’adjugeant cinq classiques dont le Trofeo Laigueglia et le Tour du Doubs par exemple.
Puis, ses velléités de départ chez Bahrain Victorious ont tendu la situation avec son équipe, qui lui a imposé un calendrier peu adapté et une participation forcée au Tour de France. Enfin, Paul Penhoët, longtemps blessé, ne semble pas encore avoir retrouvé son niveau de 2023. Enzo Paleni, Lorenzo Germani et Reuben Thompson se sont montrés quant à eux très discrets.
Un recrutement 2024 qui n’a rien apporté
Faute de moyens, la Groupama-FDJ a tenté des coups lors du précédent mercato en préférant garder ses têtes d’affiche. Malheureusement, la stratégie n’a pas payé. Elle a d’abord tenté de relancer le sprinteur britannique Matthew Walls qui a sorti une saison fantomatique. Sven Erik Bystrom n’a jamais pesé et réalise son pire classement depuis 11 ans. Néanmoins, Cyril Barthe a fait le travail dans les trains et Rémy Rochas s’est régulièrement montré à son avantage. Sans parler du jeune Thibaud Gruel, arrivée en cours de saison, qui a déjà montré son potentiel avec en point d’orgue une huitième place sur la Bretagne Classic.
Avec le départ de Lenny Martinez et de Laurence Pithie en 2025, l’effectif de la Groupama-FDJ risque de perdre en qualité et la saison s’annonce assez difficile, malgré l’apport de Guillaume Martin en montagne et de Rémi Cavagna sur le plat. Espérons qu’une dynamique positive s’instaure de nouveau afin que l’équipe retrouve de son allant et de la régularité.



