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NBA : Pourquoi un tel écart entre les conférences Est et Ouest ?

Sophie Clapier

Publié le

NBA Pourquoi un tel écart entre les conférences Est et Ouest
Photo Icon Sport

SAISON NBA 2024/2025 – Si les Spurs étaient une franchise de l’Est, ils seraient actuellement en course pour un accès direct au playoffs. Oui mais voilà, les Spurs appartiennent à l’Ouest, et doivent donc batailler pour intégrer ne serait-ce que le play-in. Un bilan à l’équilibre ne suffit pas lorsque l’on fait partie de la conférence la plus relevée. Mais pourquoi existe-t-il un tel déséquilibre entre l’Est et l’Ouest ?

En ce 17 décembre 2024, l’Ouest compte 57 victoires face à l’Est cette saison pour 42 défaites. Un avantage qui n’est pas nouveau dans la Grande Ligue mais qui gâche parfois un peu le spectacle, privant certaines franchises bien mieux classées à l’Ouest que leurs homologues de l’Est de jouer le titre lors des playoffs. Non, ce n’est pas juste, mais c’est comme ça. À la NBA de trouver les solutions pour pallier ce déséquilibre, qui n’a pas toujours été.

Un peu d’Histoire

À la création de la NBA, on était loin des 30 franchises actuellement présentes dans le championnat américain. En effet, seulement 17 équipes constituaient la Ligue, passant même à 11 puis 8. Parmi elles notamment, les Warriors de Philadelphie représentait l’Est lors de la saison 1961-1962. Mais l’année suivante, direction la Californie. Les Warriors posent bagages à San Francisco et basculent à l’Ouest. Les Royals de Cincinnati, une des équipes les plus à l’Est sur la carte, prennent le virage inverse.

Un an plus tard, la NBA se perd un peu. Oubliés les Chicago Packers (puis Chicago Zephyrs), renommés les Bullets…de Baltimore (aujourd’hui Washington Wizards). Tout ça en restant dans le tableau de l’Ouest alors que Cincinnati, géographiquement bien plus à l’Ouest, reste à l’Est. Vous suivez ? Il faudra attendre l’arrivée des Chicago Bulls pour que Baltimore change logiquement de conférence. Non, toujours pas pour les Royals d’Oscar Robertson qui se heurteront les dents à maintes reprises sur les Celtics en finales de conférence.

Source : basket-retro.com

Branlebas de combat au milieu des années 70. Houston se retrouve à l’Est et avec la fusion entre l’ABA et la NBA, quatre nouvelles équipes débarquent (22 en 1977). Mais alors que San Antonio est désignée équipe de l’Est, Indiana s’installe à l’Ouest, aux côtés… de Detroit, avant de retrouver un peu de cohérence au fil des ans avec l’arrivée de toutes les franchises. Les Charlotte Hornets étant la dernière en date (2004) après avoir déjà existé, puis changer de lieu et de nom. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…

Tous ces changements ont coûté à l’Est qui a notamment perdu les Spurs et les Warriors qui ont fait -et font encore- les beaux jours de l’Ouest. Tout ça pour récupérer Detroit et Indiana, pas de quoi faire grimper les victoires.

Quelques chiffres

Depuis que le All-Star Game est devenu un match d’exhibition, difficile de s’appuyer sur les chiffres, en faveur néanmoins de l’Est. Mais si on regarde dans l’ensemble les différents champions depuis la fusion entre la Basketball Association of America et la National Basketball Ligue, sur les 75 finales jouées, l’Est domine pourtant les débats avec 40 titres contre 35 pour les franchises de l’Ouest. Les 18 sacres de Boston ont bien aidé, tout comme les 6 trophées des Bulls de Michael Jordan. Mais depuis ce dernier titre de Chicago en 1998, l’Est est à la peine avec 9 titres glanés sur les 26 derniers grands rendez-vous.





Globalement, les Spurs et les Lakers se partageaient ensuite le butin, faisaient augmenter le compteur de l’Ouest, avant que la suprématie des Warriors n’en rajoute une couche. Seuls le Heat et les Cavaliers viendront titiller la conférence adverse entre 2009 et 2018, portés par un autre grand nom de la discipline : LeBron James. Car le problème vient aussi de là, la plupart des stars préfèrent vivre à l’Ouest.

Un meilleur environnement à l’Ouest

Et si on allait vivre à Detroit ou Cleveland ? Non merci ! Et si on allait s’installer à Los Angeles ou San Francisco ? Déjà, ça fait plus rêver. Malgré quelques villes qui pourraient en enthousiasmer plus d’un pour les vacances, à l’image de Miami en Floride, la vie à l’Est apporte beaucoup moins de garanties climatiques, déjà, quant à une résidence permanente. Ensuite, chaque état appliquant un taux d’imposition différente, la fiscalité à New York pourrait en arrêter plus d’un par rapport à celle appliquée par le Texas, même s’il faut également mettre la main à la poche en Californie. Plus généralement, l’Est représente les villes les plus pauvres et avec le moins d’animation et lorsque LBJ est revenu à Cleveland pour permettre à la franchise de décrocher son premier titre en 2016, c’est surtout parce que c’était un gamin du coin.

Difficile donc de retrouver des grands noms à l’Est. Giannis Antetokounmpo, Jayson Tatum et Jaylen Brown sont sans doute ceux qui ressortent le plus alors qu’à l’Ouest, le choix est vaste. Stephen Curry, LeBron James, Nikola Jokic, Anthony Davis, Luka Doncic, Kyrie Irving, Kevin Durant et on en passe, difficile de rivaliser. Preuve en est, ce différentiel de victoires évoqué plus haut face à leurs homologues de la conférence Est cette saison. Si les Celtics se détachent comme favoris à l’Est, ça se bagarre bien plus dans la conférence opposée, qui plus est quand deux grands noms se retrouvent dans la même franchise. En même temps quand on gagne, on ne veut plus s’arrêter.

Un objectif à la hauteur des finances

Certaines franchises sont devenues de véritables institutions par leur palmarès ou encore leurs joueurs. C’est le cas des Lakers qui ont pris une place de rang dans le paysage de la NBA, ou bien des Warriors et des Spurs, portés par des effectifs qui se sont perfectionnés dans le temps. À l’Est en revanche, il est bien difficile de faire avec une formation identique d’une année sur l’autre. Les nouveaux joueurs draftés (haut) ne restent plus dans leur franchise initiale autant qu’avant, les stars font des aller-retour, difficile alors de mettre en place des systèmes de jeu permanents et une équipe type sur plusieurs années. Dans une NBA de plus en plus business, les objectifs sont loin d’être les mêmes pour tout le monde.

À performer souvent, on attire évidemment les fans, on fait rentrer l’argent mais on se doit de répondre présent d’une année sur l’autre. Pour cela, il faut parfois mettre la main à la poche pour les dirigeants des franchises afin de conserver leur(s) meilleur(s) joueurs ou encore d’en faire venir d’autres. C’est pourquoi à l’Ouest, fortes de leur renommée et de leur portefeuille, certaines équipes n’ont aucun problème à exploser le salary cap (montant total des salaires à ne pas dépasser) imposé et donc a payé, en plus, une belle luxury tax. Quand on aime, on ne compte pas. Et ça, Phoenix et le Minnesota l’ont bien compris. Pour autant, ça ne définit donc pas la capacité d’une franchise à se placer au plus haut.

Plus riche ne veut pas dire plus fort

À titre d’exemple, OKC a la troisième plus petite masse salariale de l’Ouest et trône en tête de sa conférence. Une belle gestion pour une équipe qui devrait voir ses jeunes joueurs continuer d’évoluer ensemble un long moment. Les Rockets ne possèdent pas les meilleurs joueurs et sont aussi très loin de dépenser sans compter, mais la mayonnaise a pris dans ce groupe qui a su mettre en place son jeu, s’appuyant sur une grosse défense. Résultat : une troisième place actuelle, playoffs en vue.

Des gestions loin de celle de Philadelphie, quatrième masse salariale à l’Est mais plombée par les blessures à répétition de ses stars. Les Knicks ont quant à eux passé le premier palier de la Luxury Tax et peuvent remercier Jalen Brunson. Le meneur, qui pouvait prétendre à un contrat maximum en 2025 (265 millions sur 5 ans), a prolongé plus tôt (pour 156.5 millions sur 4 ans, player option la dernière année), permettant ainsi à New York de garder un peu de marge pour peaufiner l’effectif et pourquoi pas voir sur le long terme. Mais avec Anunoby et Bridges, les Knicks ont du mal à rivaliser. Alors que faire pour limiter l’écart entre l’Est et l’Ouest ?

Le casse-tête des Divisions

Aujourd’hui, au-delà des deux conférences, les franchises sont réparties dans 6 divisions : Nord-Ouest, Pacifique et Sud-Ouest à l’Ouest donc, et Atlantique, Centrale et Sud-Est à l’Est. Et le calendrier des rencontres ne met que peu en opposition les deux conférences. En effet, chacune des 30 franchises affrontent 4 fois celles de sa division et 3 ou 4 fois les autres franchises des autres divisions mais de la même conférence pour 2 seulement contre chacune des équipes de l’Est. Au total, l’Ouest joue ainsi 52 matchs contre l’Ouest et 30 contre l’Est. Les chiffres sont les mêmes à l’intérieur de l’Est.

Dans une Ligue déjà déséquilibrée dans ce rapport de force Ouest – Est, l’idée serait de modifier le calendrier pour que les équipes de l’Est se confrontent davantage à celles de l’Ouest. Au risque de créer un plus grand écart, à force d’affronter les meilleurs, on le devient. Et pourquoi pas dans une Ligue unique qui permettrait d’avoir une finale entre les « vraies » deux meilleures franchises de la NBA.

Vers une Ligue unique en NBA ?

Actuellement à l’Ouest, vous n’entrez pas en play-in avec un bilan à l’équilibre. Au contraire à l’Est, avec un bilan quelque peu négatif vous êtes presque assurés d’y participer. C’est ce qui s’est passé l’année dernière. Chicago (39-43) a joué le play-in grâce à une 9ème position alors que les Rockets ne passaient pas leurs portes malgré 41 victoires et 41 défaites. Aujourd’hui, les Pacers sont 8èmes à l’Est avec un bilan de 12-15, les Spurs 11èmes de l’Ouest avec un 13-13.

Mais de cette solution d’une Ligue unique se posent encore quelques questions. Au-delà de la refonte du calendrier, il faudrait d’abord revoir le nombre de déplacements, l’écologie étant un poids de taille dans la décision finale. En gros une fois d’un côté ou de l’autre des États-Unis, les franchises pourraient voir leur road trip s’étendre. Quid de la multiplication des blessures ? C’est une réponse que les dirigeants de la NBA et Adam Silver n’ont toujours pas trouvé. Et attendez de voir Las Vegas débarquer…

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