Patinage artistique : Papadakis/Cizeron, Valieva, quadruple axel… la rétro 2022
PATINAGE ARTISTIQUE – L’année 2022 touchant à sa fin, la rédaction de Dicodusport vous propose un retour sur les moments forts de cette année en patinage artistique. Et qui dit année olympique dit moments forcément particuliers, alors on fait le tour de tout ce qui a marqué 2022 !
L’année dorée de Papadakis/Cizeron
Bien sûr, comment ne pas commencer par une des plus belles performances françaises de l’année, tous sports confondus ? Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont connu une olympiade contrastée. Très dominants au début, ils ont ensuite souffert de la pandémie et ont fait une saison blanche en 2020-2021. Alors, au début de la saison olympique, ils devaient répondre présent, ce qu’ils ont fait dès leurs Grands Prix.
À l’approche des Jeux, ils n’ont pris aucun risque sanitaire en faisant l’impasse sur les championnats d’Europe. Déterminés à effacer la déception de 2018, ils ont tout bonnement battu leur propre record du monde lors de la danse rythmique. Les Clermontois ont pu ensuite patiner libérés leur danse libre pour enfin compléter leur immense palmarès de l’or olympique (cinq titres mondiaux et cinq titres européens, ainsi qu’une médaille d’argent olympique). Un mois plus tard, ils ont remporté l’or à domicile lors de Mondiaux faisant office de jubilé à Montpellier. Ils ont annoncé faire une pause pour cette saison, sans statuer définitivement sur la suite de leur carrière.

JO Pékin 2022 – Danse sur glace – L’or olympique pour Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron – Photo Icon Sport
L’affaire Kamila Valieva
Si le patinage artistique a été présent médiatiquement cette année, ce n’est pas forcément pour les bonnes raisons. En plein Jeux Olympiques, alors que la jeune Kamila Valieva, 15 ans, venait d’aider la Russie à remporter le titre par équipes avec ses quadruples sauts, le podium est retardé. On apprend finalement que c’est à cause d’un test anti-dopage positif fin décembre de Valieva. Son très jeune âge en faisait une personne protégée. Elle est finalement autorisée à concourir en individuel, mais s’effondre lors du programme libre et termine au pied du podium.
Cette affaire a mis en lumière les dérives d’un sport à maturité précoce, en laissant des adolescentes affronter le tourbillon destructeur que peut représenter une carrière au plus haut niveau. Elle a poussé la fédération internationale à augmenter l’âge requis pour passer en senior. Elle a également masqué le reste du podium féminin, composé des deux compatriotes de Valieva Anna Shcherbakova et Alexandra Trusova, ainsi que de Kaori Sakamoto. Les médaillés de l’épreuve par équipes n’ont toujours pas reçu leurs médailles, car les instances n’ont pas encore statué sur la place que devait occuper l’équipe russe. Aujourd’hui, l’affaire n’est toujours pas résolue, et le Tribunal Arbitral du Sport s’en est saisie, en raison de l’absence de progrès de l’agence antidopage russe.
La revanche olympique pour Nathan Chen et Sui Wenjing/Han Cong
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Pyeongchang n’avait pas été tendre avec l’Américain Nathan Chen. Il s’avançait en Corée du Sud avec le statut de jeune outsider, sur le circuit senior depuis une saison seulement, mais armé de nombreux quadruples sauts. Il avait complètement raté son programme court et n’avait pu remonter qu’à la 5e place finale après le libre, malgré un total de cinq quadruples réussis. Quatre ans plus tard, c’est dans la peau d’archi-favori que Chen est venu à Pékin. Il a dominé de bout en bout la compétition pour remporter le titre et sublimer un palmarès déjà très long.
Pyeongchang avait été tout aussi cruel avec les Chinois Sui Wenjing et Han Cong. Pour 0,43 point, ils avaient perdu l’or face aux Allemands Aljona Savchenko et Bruno Massot. Leur olympiade a été marquée par les blessures, que ce soit pour Sui ou Han. Avec une concurrence très féroce, notamment par les couples russes, même le podium n’était pas garanti à Pékin. Mais ils n’ont pas tremblé pour s’offrir la médaille d’or olympique, à domicile, comme si le destin avait décidé qu’ils devaient être champions chez eux.
Le quadruple axel
Quatre tours et demi dans les airs. Voici la description d’un quadruple axel, saut extrêmement difficile jusqu’alors jamais réussi en compétition. L’année 2022 a été marquée d’abord par l’essai malheureux de la légende japonaise Yuzuru Hanyu, aux Jeux Olympiques, qui travaillait sur ce saut depuis plusieurs années. Cela n’a pas suffi pour accrocher un podium après un programme court en-deçà de ses espérances. Avec la retraite d’Hanyu, on ne pensait pas revoir un quadruple axel de sitôt.
Sous nos yeux ébahis et ravis, l’histoire s’est écrite sur eurosport un peu avant 5h du matin… le quadruple axel du phénomène Ilia Malinin, premier patineur à réussir ce saut impossible en compétition Complètement dingue, absolument magique ! #SkateAmerica2022 #figureskating pic.twitter.com/5imqtvBRG1
— Anne Boyer (@BoyerAnne) October 23, 2022
Pourtant, courant septembre, un Américain nommé Ilia Malinin a repris le flambeau et réalisé l’impensable. Sur une compétition de second rang, de début de saison, il a réussi à ratifier le premier quadruple axel de l’histoire à 18 ans. L’exploit ne s’arrête pas là, car il a réussi le saut à nouveau lors de ses deux Grands Prix et à la finale. Évidemment, on a hâte de voir Malinin en action lors des grands championnats de 2023, à commencer par les Mondiaux à Saitama.



