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Athlétisme : Ces athlètes français qui doivent confirmer en 2025

Victor Clot-Amiot

Publié le

Athlétisme Ces athlètes français qui doivent confirmer en 2025
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ATHLÉTISME – Focus sur ces athlètes français qui devront confirmer en 2025, après une saison 2024 très prometteuse.

La saison 2025 aura une double particularité. D’une part, il s’agira d’une année post olympique et l’histoire a montré qu’il arrivait que ces saisons permettaient à de nouveaux noms de se faire une place dans le panorama de l’athlétisme mondial et que certaines stars pouvaient quelque peu lever le pied à ce moment-là. D’autre part, la saison sera longue puisque les Mondiaux serviront d’épilogue (à Tokyo, du 13 au 21 septembre). À l’instar de la saison 2019 lors de laquelle Doha avait été la ville hôte de l’échéance planétaire, la Ligue de Diamant aura rendu son verdict avant les Championnats du monde.

En laissant la saison en salle de côté, plusieurs athlètes débuteront en plein air dès le mois d’avril. Il faudra ainsi trouver les clés pour rester performant pendant cinq mois. Des raisons qui attisent donc la curiosité à l’aube d’une saison inédite en combinant ces deux facteurs. Ainsi, nous avons dressé une liste de dix noms attendus au tournant pour confirmer après une saison 2024 placée sous le prisme de la révélation.

Les haies à l’honneur

Clément Ducos

Véritable tradition française, il semblait inconcevable de ne pas évoquer les haies tant les Français se sont révélés en 2024. Outre Cyréna Samba-Mayela (vice-championne olympique) qui n’a pas attendu 2024 pour se révéler, mais plutôt pour entrer dans une autre dimension, et Sasha Zhoya, attendu depuis deux ans maintenant et qui semble avoir trouvé un déclic en fin de saison dernière, c’est plutôt sur le tour de piste qu’il fallait avoir l’œil pour trouver les deux athlètes les plus surprenants la saison dernière.

Presque inconnu du grand public avant les Jeux Olympiques, Clément Ducos a réalisé une saison d’une densité ahurissante sur le 400 mètres haies en réalisant pas moins de cinq courses sous les 48 secondes. Une prouesse immense lorsqu’on sait qu’avant lui seuls trois Français y étaient parvenus. On se souviendra peut-être davantage de sa demi-finale olympique que de sa finale. Il avait alors terminé dans le sillage du recordman du monde Karsten Warholm et devant Alison dos Santos, champion du monde 2022. En finale, il lui en avait manqué un petit peu mais il terminait néanmoins à une remarquable quatrième place. Jamais le record de France de Stéphane Diagana (47.37) n’a semblé aussi menacé, et tout semble aligné pour le voir tomber dès 2025.

Louise Maraval

Chez les femmes, on se souvient encore de la ligne droite de folie aux Championnats de France. Louise Maraval s’était imposée de peu devant Shana Grebo, les deux femmes réalisant ni plus ni moins que le 2e et le 3e meilleur temps français de l’histoire sur la distance (53.71 et 53.78). Auparavant, la première avait montré ses belles dispositions dès l’hiver en salle puis au printemps en réalisant les minima olympiques à Marseille en 54.44. En un an, Maraval a ainsi raboté de près de deux secondes son record personnel qui était encore à 55.83 à la fin de la saison 2023. Avec en prime, une deuxième place aux Championnats d’Europe de Rome.

La suite aurait pu être du bonus, tant elle a été active entre janvier et les championnats de France. Pour autant, loin de faire de la figuration, la Vendéenne a réalisé des Jeux Olympiques plus que satisfaisants en se qualifiant en finale (8e). Si Shana Grebo et elle parviennent à nouveau à se tirer vers le haut en 2025, on peut espérer les voir menacer le record de France de Marie-José Pérec (53.21). Un temps encore lointain, mais qui les rapprocheraient encore un petit peu des toutes meilleures mondiales.





Raphaël Mohamed

En revenant à la distance inférieure, il faudra suivre tout particulièrement Raphaël Mohamed sur le 110 mètres haies. Trentième performeur mondial en 2024, Mohamed a abaissé son record personnel de deux dixièmes la saison dernière (13.27 contre 13.49 jusqu’en 2023). Un chrono réalisé dès sa deuxième course de la saison mais qu’il n’a su réitéré ensuite. Tout l’enjeu de la saison 2025 sera ainsi de trouver de la consistance sous les 13.30 et on le souhaite aller chercher un temps sous les 13.20. Sa demi-finale olympique et sa 4e place aux Championnats d’Europe doivent également lui servir d’expérience en prévision des Mondiaux (encore faut-il se qualifier, étant donné la densité en France). Lors des Mondiaux 2023 et des Jeux 2024, la qualification en finale s’était jouée respectivement à 13.25 et 13.26.

Le demi-fond français : une émulation favorable

Corentin Le Clezio

Le demi-fond français a connu une saison historique en termes de densité. On dénombre ainsi 12 hommes sous les 1:46 sur le 800 mètres et 13 sous les 3:36 sur 1500 mètres. Si sur cette distance, les Français n’ont pas convaincu à l’échelle mondiale (aucun sous les 3:30), la donne a été différente sur le 800 mètres. Un Français, certes encore très loin de Gabriel Tual, sixième homme le plus rapide de l’histoire, a notamment pris rendez-vous avec l’avenir. Invité surprise aux Jeux Olympiques, Corentin Le Clezio a d’abord réalisé un temps très prometteur à Vienne au mois de juin. En 1:44.25, minima olympiques à la clé, il validait alors les espoirs placés en lui depuis sa rentrée début mai au meeting national de l’Est Lyonnais. Sa troisième place aux championnats nationaux lui ouvrait ensuite les portes du Stade de France, où il échouait en repêchages.

Pour lui, il faudra avant tout profiter de 2025 pour maintenir sa place dans la hiérarchie française du 800 mètres. La densité est telle que sa qualification pour les Mondiaux est encore loin d’être une évidence. Derrière Tual et Benjamin Robert, les places sont chères. Yanis Meziane aura à cœur de balayer sa non qualification aux Jeux, tandis que d’autres jeunes à l’image de Paul Anselmini ou Anicet Kozar sont en embuscade. Son premier objectif sera donc les championnats de France avant d’espérer poser ses yeux sur le pays du soleil couchant. Dans cette année atypique, il cherchera aussi un gros chrono sous les 1:44 dans des meetings propices à la performance : ça tombe bien, un 800 mètres est au programme sur les Diamond League de Paris et Monaco.

Anaïs Bourgoin

Chez les femmes, Anaïs Bourgoin a été la véritable surprise sur le 800 mètres. La Française est passée pour la première fois sous la barrière des 2 minutes, mais ne s’est pas contentée d’une seule occurence. Elle l’a fait à cinq reprises, portant son record personnel à 1:58.47 en série des Jeux Olympiques. Son parcours s’est arrêté en demi-finale, sans doute pénalisée par un passage énergivore par le tour de repêchages. Pour autant, c’est quelques semaines plus tôt que la policière de la BAC a connu son principal fait d’armes.

Onzième temps des engagées aux Championnats d’Europe de Rome, Bourgoin a créé la surprise en montant sur la 3e marche du podium – en devançant d’ailleurs une autre Française, Léna Kandissounon. Une performance de choix qui lui ouvre de nouvelles perspectives pour 2025 : elle cherchera à entrer dans des meetings plus prestigieux, elle qui n’a disputé pour l’heure aucune Diamond League, et à descendre à nouveau sous les 1:49.00, seuil imposé pour réaliser les minima pour les Mondiaux. En résumé, le demi-fond français a de beaux jours devant lui derrière ses lièvres que sont Gabriel Tual, Benjamin Robert et Azeddine Habz chez les hommes, Rénelle Lamote, Agathe Guillemot et Alice Finot chez les femmes.

Places à prendre au triple saut

Ilionis Guillaume

Le triple saut français se cherche pour sa part ses leaders chez les hommes et chez les femmes. Ilionis Guillaume semble néanmoins être devenue la fer de lance de la discipline. Avec 9 performances achevées au-delà des 14 mètres la saison dernière, elle est la première Française a avoir cassé cette barrière depuis Rouguy Diallo en 2022. Mieux, elle ne pointe plus qu’à 10 centimètres du record de France de Teresa Nzola Meso Ba (14.69 mètres en 2007). Un objectif clair pour celle qui a testé de nombreuses disciplines avant d’arrêter définitivement son choix sur le triple en 2022. Un choix payant puisque son record personnel est ainsi passé de 13.63 mètres en 2022 à 13.90 mètres en 2023 avant d’exploser la saison dernière (14.59 mètres).

Sur le plan international, à l’instar d’Anaïs Bourgoin sur 800 mètres, sa troisième place aux Championnats d’Europe lui a ouvert de nouvelles perspectives. Néanmoins, après des Jeux Olympiques contrastés (7e des qualifications mais 12e et dernière de la finale) il lui manque encore un résultat référence sur le plan mondial. 8e des derniers Mondiaux indoor, 7e et 9e des Diamond League de Chorzow et de Monaco, elle tentera de s’installer durablement dans les meetings labellisés Ligue de Diamant. Cela passera notamment par un Top 5 et un saut à hauteur de son record personnel, puisque les minima pour Tokyo sont placés à 14.55 mètres.

Thomas Gogois

Chez les messieurs, le leadership est plus contesté. La densité est élevée puisqu’ils sont six à avoir bondi au-delà des 16.60 mètres l’an dernier, mais seul Thomas Gogois et Jean-Marc Pontvianne ont franchi le cap des 17 mètres. Le premier n’a pas fait dans la demi-mesure en s’envolant à 17.38 mètres, explosant alors son record personnel (16.87 m en mai à Forbach). Une performance de choix puisqu’elle a été réalisée à Rome, théâtre des Championnats d’Europe, faisant de lui le meilleur des autres derrière Jordan Diaz Fortun et Pedro Pichardo tous deux au-delà des 18 mètres.

Il lui faudra confirmer cette prouesse réalisée sur une piste d’élan propice à la performance, et qui pour l’heure est restée sans suite, puisqu’il n’est pas retombé au-delà des 17 mètres depuis. On attendra ainsi de la régularité autour des 17 – 17.20 mètres pour s’installer comme la tête d’affiche du triple tricolore. Cela sera nécessaire pour entrevoir des Mondiaux, où les minima se situent à 17.22 mètres.

Les concours : une place à se faire

Teuraiterai Tupaia

Il a réalisé l’une des sensations de l’année 2024 chez les Bleus en envoyant son javelot à 86.11 mètres en mai dernier à Fontainebleau. Record de France explosé à la clé puisqu’il s’agissait jusque-là du jet de Pascal Lefevre : 84.90 mètres en 1990. Avant cela, sa meilleure performance en 2024 n’était qu’un petit 68.74 mètres réalisé à Salon-de-Provence en février. Il n’avait pas dépassé les 80 mètres depuis 2021. Restait alors à savoir si cette performance était alors un coup d’éclat ou les prémices une belle série à venir.

Malheureusement la suite a été plus compliquée. Blessé au coude, le Polynésien ne s’est contenté que d’un lancer en finale des Championnats d’Europe. Une tentative mesurée à 82.98 mètres qui confirmait la nouvelle dimension prise par le lanceur et que la performance de Fontainebleau n’était pas un phénomène éphémère. Une cinquième place finale et presque deux mois de repos et préparation pour arriver en forme aux Jeux. Il n’en a rien été. Toujours gêné, le Français n’a validé aucun lancer en qualification. Une fin de saison prématurée donc de sorte de guérir, et aborder 2025 dans les meilleures conditions. On l’espère en mesure de réitérer des lancers au-delà des 85 mètres pour se faire une place de choix dans la hiérarchie européenne, avant peut-être une qualification aux Mondiaux. Jamais depuis 1987, un Français n’a disputé de finale mondiale au lancer du javelot.

Rose Loga

Rose Loga entend bien quant à elle prendre la relève d’Alexandra Tavernier au lancer du marteau. Après avoir franchi la barre des 70 mètres pour la première fois en 2021, l’Eurélienne a enfin trouvé de la régularité à ce niveau en réalisant 10 concours entre 70 mètres et 72.68 mètres, son record personnel. Une performance réalisée une fois de plus à Rome, comme Gogois ou Bourgoin, et qui lui a là encore permis de grimper sur la troisième marche du podium.

22e performeuse mondiale en 2024, Loga a encore du chemin à parcourir avant de prétendre peser au niveau mondial. Sur la pente ascendante, il ne faudra pas l’attendre trop haut en 2025. On lui souhaite de s’approcher (voire plus) du record de France d’Alexandra Tavernier (75.38 mètres), une performance qui lui ouvrirait les portes d’une finale mondiale. En laissant le ranking de côté, il faudra réaliser 74 mètres pour y décrocher sa place.

Robin Emig

Il est devenu le 15 août dernier le 18e Français à franchir 5.80 mètres à la perche. Une densité qui place la France dans les meilleures nations de l’histoire de la discipline. Néanmoins, si une telle barre permettait encore de monter sur le podium mondial en 2009, elle ne permettait même pas de figurer dans le Top 6 olympique cet été. C’est dire l’élévation du niveau ces dernières années à la faveur des performances de Renaud Lavillenie puis d’Armand Duplantis. 28e meilleur performeur mondial en 2024, Robin Emig devra d’abord confirmer à ces hauteurs avant de viser plus haut.

Actuellement sur la pente ascendante comme l’atteste l’évolution de son record personnel (5.50 mètres en 2022, 5.71 en 2023 et 5.80 désormais), il faudra gagner en régularité pour se faire une place sur l’échiquier mondial. L’an passé, il n’a conclu que 5 de ses 20 concours à 5.70 mètres et plus. Les minima pour les Mondiaux s’élèvent à 5.82 mètres : une barre loin d’être infranchissable pour lui. Une finale mondiale serait un bel accomplissement lui qui a échoué au stade des qualifications cet été à Paris.

Mais aussi…

Sprint

D’autres noms auraient pu prétendre à quelques mots, à commencer par Hélène Parisot, qui a attendu ses 31 ans pour émerger au plus haut niveau sur 200 mètres. En 2024, elle a terminé 34e meilleure performeuse mondiale sur 200 mètres, mais devancée par 20 Américaines. À raison de trois athlètes par pays, cela la place dans le Top 20 mondial, synonyme de demi-finale aux Jeux Olympiques (3e de sa demie, 22.55 secondes, record personnel) et potentiellement aux Mondiaux l’an prochain (minima déjà en poche). À condition de confirmer donc.

Chez les hommes, on attendra la confirmation de Pablo Matéo, qui a réalisé une saison pleine de promesses sur 100 et 200 mètres. On suivra également Jeff Erius (9.98 sur 100m). Chez les femmes, Amandine Brossier, présente sur le circuit depuis si longtemps, a enfin réalisé un gros chrono sur 400m en 2024 (50.43) en devenant la 2e meilleure performeuse française de l’histoire derrière Marie-José Pérec (48.25).

Demi-fond

On ne peut pas citer Alexis Miellet comme étant une révélation, mais sa reconversion du 1500 au 3000 mètres steeple a été si éblouissante qu’on attendra également confirmation, avec les Mondiaux en ligne de mire. Un objectif aussi pour Nicolas-Marie Daru, champion de France surprise de la discipline. Sur 800 mètres, Charlotte Pizzo a cassé la barrière des deux minutes pour la première fois en 2024. Elle tentera de reproduire cette performance en 2025. Sur 1500 mètres, Maël Gouyette tentera de se qualifier pour les Mondiaux après une première saison au plus haut niveau et une qualification aux Europe et aux Jeux.

Concours

Tom Reux tentera de reproduire un lancer à la hauteur de ses 67.91 mètres au disque et s’approcher du record de France de Jean-Claude Retel (68.90 mètres). Un objectif difficile, puisqu’il n’a réalisé qu’un seul autre concours au-delà des 60 mètres en 2024. Marie-Julie Bonin n’est plus qu’à 5 centimètres du record de France (4.75 mètres) du saut à la perche détenu par Ninon Guillon-Romarin. Son saut à 4.70 mètres en 2024 doit en appeler d’autres. Amanda Ngandu-Ntumba a lancé son disque au-delà des 60 mètres pour la première fois de sa carrière en 2024. Elle cherchera à être régulière à ce niveau.

Marche

Clémence Beretta avait ouvert la voie en 2022 puis 2023, elle a été imitée par Pauline Stey et Camille Moutard. Elles sont désormais trois à être descendues sous les 1h30 au 20 km marche. Aucune Française ne l’avait fait dans l’histoire, Nora Genebrier étant depuis 2000 l’ancienne recordwoman de France en 1h31:15.

Épreuves combinées

Avec 8606 points à Rome, Makenson Gletty a obtenu le bronze aux Championnats d’Europe. Une performance non rééditée aux Jeux, sans doute fatigué de sa saison (12e, 8309 points). On l’attendra à nouveau en 2025 avec son record personnel en ligne de mire. Il a les minima en poche tout comme Auriana Lazraq-Khlass, qui s’était révélée en 2023, mais qui est entrée dans une nouvelle dimension en 2024 (6e performeuse mondiale de l’année, vice-championne d’Europe).

2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Avatar

    Gemma

    6 janvier 2025 à 16h00

    Vous oubliez souvent le saut en hauteur !!! On a eu une finaliste aux JO quand même !? Cela fait des années que la France n’était pas représentée.

    • Victor Clot-Amiot

      Victor Clot-Amiot

      6 janvier 2025 à 19h32

      En réalité, on estime qu’avec 8 concours à 1.90m ou plus en 2023, l’année 2024 a été celle de la confirmation. Ce n’était pas un oubli mais un choix.

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