Coupe du monde féminine de basket 2022 : Les adversaires des Bleues
La Coupe du monde féminine de basket 2022 débute ce jeudi en Australie. Présentation des adversaires des Bleues.
Les 4 premières équipes de chaque groupe se qualifient pour les quarts de finale. Et l’équipe de France est tombée dans le groupe de la mort. Pas le droit à l’erreur pour les Françaises qui vont d’entrée de jeu débuter par un gros match.
Australie : le doublé à domicile ?
La Coupe du monde se déroule en Australie, et forcément, son équipe aura à cœur de réaliser une performance solide. Sur le podium de la Coupe du monde depuis 1998 sauf en 2010 (5e), les Australiennes tenteront d’obtenir leur deuxième titre après celui remporté en 2006.
Match de gala en clôture de la première journée, les Bleues devront donc déjà être en place dès leur premier match. Et elles devront probablement ôter de leur tête une stat qui fait mal. En effet, en Coupe du monde, les deux équipes se sont affrontées à 5 reprises, pour 5 victoires de l’Australie !
Équipe homogène, l’équipe d’Australie manque d’une joueuse comme Liz Cambage, capable de prendre le jeu à son compte dans les moments décisifs. Elle pourra cependant compter sur une certaine Lauren Jackson. À 41 ans, la joueuse emblématique australienne est de retour ! En 2016, elle avait mis un terme à sa carrière, en raison d’une blessure persistante au genou droit. En préparation pour participer à sa 5e Olympiade à Rio, elle avait finalement décidé d’arrêter, estimant ne pas avoir la condition physique pour le tournoi olympique. Entre-temps, elle a eu deux enfants et sorti une autobiographie. En avril dernier, elle est sortie de sa retraite pour jouer pour le club des Albury Wodonga Bandits. Et en août dernier, elle a obtenu sa sélection pour la Coupe du monde. Les objectifs seront donc fixés sur elle. Elle était du premier titre obtenu face à la Russie en 2006. Elle avait dominé la compétition avec 21.3 points en moyenne et avait inscrit 16 points et pris 11 rebonds en finale.
L’Australie pourra également compter sur Ezi Magbegor. L’intérieure de 23 ans qui a hâte de participer à la compétition avec la légende Jackson qu’elle considère comme « la plus grande basketteuse – femme ou homme – australienne de tous les temps« , veut s’inspirer d’autres championnes qui ont brillé à l’échelle internationale comme Cathy Freeman ou Ashleigh Barty.
La France est donc prévenue. Elle pourra s’inspirer de son match lors du TQO de Bourges en 2020 au cours duquel elle avait battu l’Australie 72-63, malgré les 15 points de Magbebor. Cependant, en match de préparation vendredi dernier, l’équipe de France s’est inclinée 88-92.

Le Canada, équipe solide
Pour leur deuxième match, les Françaises affronteront le Canada. Si le bilan en Coupe du monde est un peu plus équilibré (4 victoires pour le Canada contre 2 pour la France), le Canada a remporté leurs deux derniers affrontements en 2014 et 2018. Dans le top 8 des deux dernières Coupes du monde, le Canada n’est pas une équipe à sous-estimer.
L’équipe canadienne pourra compter sur Bridget Carleton. La meneuse s’est révélée lors des JO de Tokyo et a confirmé lors du Tournoi de qualification à la Coupe du monde en février dernier. Elle termine d’ailleurs dans le 5 majeur de la compétition. L’interrogation porte en revanche sur Kia Nurse. Figure importante de l’équipe, la Canadienne a subi une rupture du ligament croisé antérieur en octobre dernier lors des playoffs de la WNBA. Elle n’a pas rejoué depuis mais a fait partie du groupe de 15 joueuses réunies à Edmonton pour préparer la compétition et elle fait bien partie des 12 joueuses retenues pour la compétition. L’équipe canadienne est dans une période de transition et a décidé de mêler joueuses d’expérience, vétérans olympiques et néophytes.
Pas le droit à l’erreur face au Mali
Petit poucet du groupe (et de la compétition), le Mali ne devait pas être en Australie. En effet, lors du tournoi de qualification, c’est le Nigeria qui s’était initialement brillamment qualifié. Mais en mai dernier, le président du Nigeria avait décidé de retirer la fédération nationale de toutes les compétitions internationales durant 2 ans suite à un conflit interne et la double élection d’un président. Mais la fédération est revenue sur cette suspension 1 mois plus tard. Sauf qu’entre-temps, la FIBA avait pris acte de cette décision et invité le Mali à la compétition. Le Nigeria n’a donc pas été réintégré.
Le Mali n’a donc rien à perdre dans cette compétition. Si elles avaient été battues par la France lors des qualifications, les Maliennes avaient longtemps tenu tête aux Françaises, toujours généreuses dans l’effort. En gommant quelques erreurs, elles pourraient être un poil à gratter supplémentaire pour l’équipe de France. Les Maliennes se basent sur une défense solide.
L’étoile du Mali se prénomme Sika Kone. L’ailière élue dans le 5 majeur du tournoi de qualification va probablement attirer toutes les défenses sur elle, et derrière, il faudra que ses coéquipières l’épaulent en attaque.
Attention aux artilleuses japonaises
Les 3 défaites et la victoire face au Japon en Coupe du monde sont anecdotiques puisqu’elles remontent à 30 ans. Ce qui l’est moins, ce sont les 5 dernières défaites lors de leurs derniers affrontements. 3 lors des Jeux Olympiques de 2016 et 2020 et 2 en amical. Si lors du tournoi de qualification, la France avait subi le jeu léché de la Chine avec une réussite insolente à 3 points, cela lui avait probablement rappelé sa demi-finale cauchemardesque lors des JO, 6 mois plus tôt. Et en match de préparation, les Françaises ont une nouvelle fois été battues par les Japonaises.
Watch her move! 🔥
Washington Mystics’ Rui Machida showing how it’s done in the semi-finals at Tokyo 2020! 🏀#Olympics | #StrongerTogether | @WNBA | @machirui | @Washmystics pic.twitter.com/IyxUNLLJfI
— Olympic Khel (@OlympicKhel) May 13, 2022
Ramu Tokashiki a une revanche à prendre. Absente des JO 2020 en raison d’une blessure et absente de la dernière Coupe du monde, l’ailière veut montrer au monde entier son talent lors de cette compétition. La double MVP de la Coupe d’Asie sera entre autres épaulée par Himawari Akaho. Dans les moments-clés, elle sait faire la différence des deux côtés du terrain, tout en étant adroite à trois points. Cette réussite longue distance japonaise est désormais connue. Aux joueuses d’être également présentes à l’intérieur en cas de panne à trois points. Star des équipes de jeunes, Aika Hirashita participera à sa première grande compétition chez les seniors. Elle a remporté le championnat japonais avec les Toyota Antelopes. Sa prestation face à la Belgique a convaincu son entraineur de la garder dans les 12 (18 points avec un 5/5 à trois points).
Une Serbie décimée
Pas qualifiée pour la dernière Coupe du monde, la Serbie voudra faire aussi bien que son quart de finale en 2014. Mais ça sera compliqué pour l’équipe 4e des derniers JO. En effet, si les Serbes se sont brillamment qualifiées pour la compétition avec 3 victoires à domicile face à l’Australie, la Corée du Sud et le Brésil, elles arrivent sans des joueuses clés. En effet, les emblématiques Sonja Vasic et Jelena Brooks, ont mis fin à leur carrière internationale après les JO 2020. Aleksandra Crvendakic est blessée et Ana Dabovic n’est pas disponible.
Ainsi, Tina Krajisnik apparait comme la leader de cette équipe. La capitaine, leader de la défense, attirera également les joueuses adversaires sur elle de l’autre côté du terrain pour libérer des espaces pour ses coéquipières. Elle sera épaulée de la meneuse Yvonne Anderson. MVP du tournoi de qualification de Belgrade, elle aura également un rôle primordial dans cette Coupe du monde.
Meilleure ennemie de la France ? Il y a match avec l’Espagne mais la Serbie est clairement l’une des bêtes noires de l’équipe nationale. Sans compter les matchs de la Yougoslavie, ces dernières années, les deux équipes se sont affrontées à 20 reprises. Et si la Serbie ne s’est imposée « que » 8 fois, elle l’a fait lors de matchs importants : 2 fois en finale de l’EuroBasket, en 2015 et 2021. Elle a également remporté le bronze lors des JO 2016. L’année dernière, la France a pris sa revanche en remportant le bronze des JO de Tokyo.
A l’image de l’équipe de France, cette équipe de Serbie avance un peu dans l’inconnu.
Quelle équipe de France ?
C’est une nouvelle équipe de France qui se trouve en Australie. Si les taulières Helena Ciak, Sarah Michel ou encore Alexia Charterau sont présentes, la France devra se passer de Sandrine Gruda, Olivia Epoupa, Endy Miyem et Alix Duchet, blessées, tout comme Marine Johannès. Diandra Tchatchouang a également pris sa retraite internationale. Et sans la garantie de pouvoir emmener sa fille de 8 mois, Valériane Vukosavljevic a décidé de faire l’impasse.
Parmi les 12 joueuses, 5 participent à leur première compétition internationale : Lisa Berkani, Kendra Chery, Marie-Ève Paget, Ana Tadic et Migna Touré. Il faudra donc que l’alchimie entre joueuses expérimentées et novices se fasse et surtout que dans les temps faibles et temps décisifs, les « anciennes » montrent la voie. La jeune génération emmenée par Iliana Rupert a les clés pour briller.
L’équipe de France n’est pas des plus rassurantes ces derniers mois. En effet, pour débuter les qualifications à l’EuroBasket 2023, la France avait débuté par une défaite face à l’Ukraine avant de se reprendre face à la Lituanie. Ce n’était guère mieux lors du Tournoi de qualification pour la Coupe du monde avec 1 victoire face au Mali et 2 échecs face au Japon et au Nigeria. Si la France a battu la Belgique lors de la double confrontation en préparation en août, elle vient de s’incliner face à l’Australie et le Japon.
Sortir du groupe est donc tout sauf une formalité pour la France. Préparez-vous aux montagnes russes (ou pas) !



