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Cyclisme sur route

Cyclisme 2026 : les satisfactions et les déceptions françaises de la saison

Maxime Cazenave

Publié le

Cyclisme 2026 les satisfactions et les déceptions françaises de la saison
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE – La saison 2026 a été remarquable pour le cyclisme français et a marqué la prise de pouvoir définitive de la nouvelle génération. Retour sur les principales satisfactions et déceptions tricolores de cette année !

Les satisfactions

Paul Seixas (Decathlon CMA CGM, 20 ans)

Évidemment, Paul Seixas figure tout en haut des satisfactions tricolores. Resté sans victoire lors de sa première saison professionnelle, le prodige français a cartonné en raflant 8 succès, et pas n’importe lesquels. Dès le début de l’année, il avait frappé fort sur le Tour d’Algarve, avant de remporter la Faun-Ardèche Classic et de littéralement rouler sur le Tour du Pays basque. Il devenait au passage le premier Français à remporter une course par étapes WorldTour depuis près de deux décennies.

Également 2e des Strade Bianche, Seixas a confirmé lors des classiques printanières. Vainqueur autoritaire de la Flèche Wallonne, il a ensuite été le seul à offrir un peu de fil à retordre à Tadej Pogacar sur Liège-Bastogne-Liège, pour finalement s’adjuger la deuxième place. Malgré une grosse chute qui l’avait contraint à l’abandon sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, il a ensuite confirmé sur le Tour de France. Un cran en dessous de Pogacar et Vingegaard, il a échoué au pied du podium, au terme d’une lutte serrée avec Isaac Del Toro.

En Amérique du Nord, en fin de saison, il a connu des hauts et des bas. Entre son face-à-face perdu comme un cadet face à Del Toro à Montréal et sa 15e place sur l’épreuve en ligne des Mondiaux sur route, tout n’a pas été parfait. Néanmoins, le bronze décroché sur le contre-la-montre au Canada et surtout son écrasante victoire sur le Tour de Lombardie ont prouvé qu’en 2026, Paul Seixas était entré dans la cour des cadors du peloton mondial.

Paul Magnier (Soudal Quick-Step, 22 ans)

En 2025, Paul Magnier avait claqué 19 victoires. S’il n’a pas fait mieux, le Français a confirmé qu’il était désormais l’une des références mondiales du sprint en s’adjugeant 15 bouquets cette année ! Mais surtout, il a décroché des succès prestigieux qui lui ont permis de changer de dimension.

S’il s’amuse toujours autant à écœurer la concurrence sur des épreuves de seconde zone (CRO Race, Tour de Slovaquie), le stakhanoviste (78 jours de course) s’est principalement illustré sur le Tour d’Italie. Malgré la présence de Jonathan Milan, il s’est emparé du maillot cyclamen en levant les bras à trois reprises.





En parallèle, Magnier a collectionné les victoires sur les classiques d’un jour, remportant notamment l’ADAC Cyclassics à Hambourg et plusieurs épreuves prestigieuses en Belgique. Véritable machine à gagner, celui qui n’a encore que 22 ans n’a sans doute pas fini de cartonner.

Lenny Martinez (Bahrain Victorious, 23 ans)

Discret cet automne, Lenny Martinez a tout de même franchi un cap évident en 2026. Jusqu’au mois de juillet, sa saison a tout bonnement été exceptionnelle. Hormis le Tour de Suisse, il s’est constamment positionné dans le Top 10 des épreuves qu’il a disputées : 5e de Paris-Nice, 2e du Tour de Catalogne, 3e du Tour de Romandie, 8e de la Flèche Wallonne…

En prime, il s’est offert une magnifique victoire sur les routes de Paris-Nice, en tenant tête à Jonas Vingegaard dans la côte du Linguador lors de l’étape finale. Surfant sur cette bonne dynamique, il a enfin confirmé les attentes sur trois semaines en allant chercher une brillante 5e place sur le Tour de France. S’il n’était pas forcément le leader de Bahrain Victorious au départ, il a rapidement assumé ce statut, démontrant sa capacité à tenir sur la durée.

Déjà roublard, voire vicieux lorsqu’il s’agit de jouer la victoire, le jeune grimpeur tricolore a encore de la marge.

Dorian Godon (Netcompany INEOS, 30 ans)

Dorian Godon a changé d’équipe l’hiver dernier, sans que cela affecte sa capacité à engranger les victoires. Toujours aussi létal lorsque les sprinteurs sont passés par la fenêtre sur des journées légèrement vallonnées, l’ancien champion de France n’a pas déçu au sein du collectif Netcompany INEOS.

Malgré un Tour de France tronqué par sa lourde chute à Chalon-sur-Saône, il a empilé 7 victoires, dont 5 en WorldTour ! En Romandie, en Catalogne ou encore sur Paris-Nice, le Français a régulièrement levé les bras. En ajoutant à cela ses deux victoires sur les classiques italiennes de fin de saison et des places d’honneur à la pelle, Dorian Godon n’a jamais été aussi fort qu’à 30 ans.

Benoît Cosnefroy (UAE Team Emirates-XRG, 31 ans)

Après une année 2025 délicate, Benoît Cosnefroy s’est relancé de bien belle manière au sein de la meilleure équipe du monde. Parfois coéquipier, mais aussi souvent leader, il a bénéficié de la puissance du collectif pour retrouver le chemin de la victoire. Certes, il n’a pas remporté de course majeure, mais il a tout de même pu lever les bras à cinq reprises, notamment sur ce Grand Prix du Morbihan qu’il apprécie tant (4e victoire), ou sur la Coppa Sabatini.

Monté sur le podium de l’Amstel Gold Race, 4e de la Flèche Wallonne ou encore auteur d’une grosse quantité de places d’honneur sur les classiques de fin de saison, le coureur de 31 ans a trouvé un second souffle. Et il sera sans aucun doute encore à suivre de près l’année prochaine.

Romain Grégoire (Groupama-FDJ United, 23 ans)

En 2026, Romain Grégoire n’a remporté que trois victoires : la Faun-Drôme Classic, une étape du Tour de Suisse et surtout le titre de champion de France. C’est moins que l’année précédente, mais le coureur de Groupama-FDJ United a tout de même réalisé une saison de costaud, comme le prouve sa 21e place au classement UCI.

Certes, il n’a pas toujours réussi à trouver l’ouverture, mais sa régularité est devenue l’une de ses principales forces. Au printemps, il a réalisé une campagne de classiques exemplaire en claquant des Tops 10 sur les Strade Bianche, la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège ou encore l’Amstel Gold Race. Seul petit regret : ne pas encore l’avoir vu lever les bras avec le maillot bleu-blanc-rouge. Mais nul doute qu’il cherchera à effacer cette anomalie dès la reprise.

Louis Barré (Visma-Lease a Bike, 26 ans)

Débarqué chez Visma-Lease a Bike en début d’année, Louis Barré s’est progressivement fait une place de choix au sein du solide collectif néerlandais. Peu en vue en première partie de saison, hormis sa 7e place sur les Boucles de la Mayenne, le Nantais a explosé lors de la deuxième moitié de l’année.

Alors que son palmarès était encore vierge, il a débloqué son compteur sur le Tour de Pologne, puis signé une deuxième victoire lors du Tour d’Allemagne. À chaque fois, en allant chercher d’excellents classements généraux (2e en Pologne, 4e en Allemagne). Si une chute l’a privé des Mondiaux, il a confirmé la semaine dernière en signant ses premiers podiums en WorldTour sur le Tour de Guangxi (3e de la 6e étape et du général). Et si 2027 était l’année de l’explosion totale ?

Mathys Rondel (Tudor, 23 ans)

Contrairement aux garçons cités précédemment, Mathys Rondel n’a pas gagné cette année. En revanche, le grimpeur a confirmé sa capacité à jouer les premiers rôles tout au long de la saison, en particulier sur des épreuves de premier plan.

11e de son premier Grand Tour sur le Giro, le Tricolore a claqué des Tops 10 sur quatre des cinq autres courses par étapes qu’il a disputées, dont Paris-Nice (8e). Également 10e du Tour de Lombardie et 15e de la Clasica San Sebastian, il s’est affirmé au plus haut niveau et ne cesse de monter en puissance.

En ajoutant à cela une multitude de places d’honneur sur les classiques espagnoles de reprise et sur celle de fermeture en Italie, Mathys Rondel a réalisé une année très satisfaisante.

Maxime Decomble (Groupama-FDJ United, 21 ans)

Pour sa première saison dans le peloton professionnel, Maxime Decomble a réussi à frapper fort. En vue dès le printemps sur l’Étoile de Bessèges (2e du chrono et 3e du général), le jeune coureur français a ensuite enchaîné les courses jusqu’en juin, en particulier en Espagne, avant de prendre la quatrième place du contre-la-montre des championnats de France.

Ses qualités de rouleur lui ont ensuite permis de signer ses premiers succès sur le Tour du Poitou-Charentes. Sa solide victoire sur le contre-la-montre lui a ainsi offert le classement général.

Mais il a surtout détonné en fin de saison. Sur un Tour de Slovaquie à la concurrence restreinte, il a démontré sa capacité à grimper en allant chercher la troisième place du général, avant de cartonner sur le contre-la-montre des championnats d’Europe, en s’offrant une inattendue médaille de bronze derrière Roglic et Armirail ! Des résultats de référence, prometteurs pour la suite.

Bryan Coquard (Cofidis, 34 ans)

Bryan Coquard approche de la fin de sa carrière, mais cela ne l’a pas empêché de signer une saison inoubliable. Vainqueur du Grand Prix La Marseillaise et du Visit South Aegean GP, le vétéran du sprint français a surtout enfin accroché une victoire d’étape sur un Grand Tour en s’imposant lors de la 8e étape de la Vuelta.

Passé tout près à deux autres reprises (deux fois 2e), il a aussi parfaitement tenu son rôle de capitaine de route sur certaines épreuves. On pense notamment au Cholet Agglo Tour, où il s’est sacrifié pour porter Jenthe Biermans à la victoire. Toujours présent pour aller chercher de bonnes places lorsqu’il le faut, le Coq a su rebondir après une année 2025 moyenne.


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Les déceptions

David Gaudu (Groupama-FDJ United, 30 ans)

En fin d’année 2025, sa victoire sur la Vuelta avait laissé entrevoir la possibilité d’un rebond. Et pourtant, l’année 2026 de David Gaudu a ressemblé à un véritable chemin de croix. Auteur de trois Tops 10 en début de saison sur des étapes de l’UAE Tour et de Paris-Nice, son abandon lors de la Course au Soleil a été annonciateur du calvaire à venir.

Invisible en Catalogne et en Romandie, il a pointé le bout de son nez sur les Boucles de l’Aulne à la mi-mai (5e), avant d’entamer une traversée du désert absolue. Après deux abandons aux championnats de France et à San Sebastián, il en a fait de même sur le Tour de Burgos, après quatre journées catastrophiques, toutes terminées en fond de classement.

À la mi-août, sa participation à la Polynormande s’est achevée par un nouvel abandon, mettant un terme brutal à cette année noire. La grande question est désormais de savoir si le Breton sera capable de rebondir.

Kévin Vauquelin (Netcompany INEOS, 25 ans)

Auteur d’une incroyable année 2025 pour la dernière saison de la structure Arkéa, Kévin Vauquelin n’a pas réussi à confirmer en 2026. Si les Tops 5 signés en Algarve et sur Paris-Nice étaient prometteurs, le coureur tricolore a été en retrait sur ses grands objectifs.

Loin du compte sur les classiques printanières, il a ensuite réalisé un Tour de France anecdotique. Écarté de la lutte au général dès le premier week-end en Catalogne, il n’a été qu’une seule fois en position de disputer une victoire, lors de la 13e étape, hélas sans succès. Il a évité le zéro pointé en remportant une étape et le classement général du Tour des Abruzzes, mais cela reste insuffisant au regard des attentes.

Guillaume Martin-Guyonnet (Groupama-FDJ United, 33 ans)

Véritable apôtre de la régularité durant près d’une décennie, Guillaume Martin-Guyonnet a clairement marqué le pas après une première année intéressante au sein de Groupama-FDJ United. Preuve de son déclassement, il ne compte que quatre Tops 10 cette année, sans jamais se hisser sur le podium d’une épreuve.

Il n’y a que sur la Vuelta où il a retrouvé des standards proches de son niveau habituel, en s’emparant de la 11e place grâce à plusieurs échappées bien senties. Une bien maigre satisfaction au milieu d’une année globalement anecdotique, marquée par son pire classement sur le Tour de France en neuf participations (31e).

Warren Barguil (Picnic PostNL, 34 ans)

2026 a confirmé que les plus belles années de Warren Barguil étaient définitivement derrière lui. Déjà en retrait depuis deux ans et son arrivée au sein de la structure Picnic PostNL, l’ancien double vainqueur d’étape sur la Grande Boucle n’a clairement plus les jambes pour peser sur les courses, même de seconde zone.

En 2026, sa 9e place sur la 8e étape du Tour d’Italie fait office de référence. Mais c’est bien l’impression visuelle qui a été la plus terrible. S’il n’a pas perdu son tempérament offensif, il ne dispose plus des capacités physiques pour tenir dans la durée. Ses attaques éphémères, qui l’ont souvent vu faire le boomerang dans le peloton, ont marqué les esprits. Encore sous contrat pour un an, 2027 pourrait être sa dernière saison dans le peloton.

Julian Alaphilippe (Tudor, 34 ans)

Contrairement à Barguil, Julian Alaphilippe semblait encore avoir de l’essence dans le moteur, comme l’avait prouvé sa fantastique victoire à Québec fin 2025. Mais ce succès restera le dernier coup d’éclat de sa gigantesque carrière.

Comme son compatriote, l’ancien double champion du monde a traversé l’année comme un fantôme, avec de rares échappées qui n’ont fait que confirmer son manque de tranchant. Seule sa 5e place au GP de Gippingen est à souligner.

En retrait sur le Tour de France, Alaphilippe a ensuite annoncé sa retraite à la surprise générale quelques semaines plus tard, confirmant un peu plus la fin de la brillante génération des années 2010 (Pinot, Bardet, Démare…), qui avait remis le cyclisme français sur le devant de la scène après de longues années de vaches maigres.

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