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La Dordogne et le Tour de France, une histoire d’amour sous fond de tourisme

Etienne Goursaud

Publié le

La Dordogne et le Tour de France, une histoire d'amour sous fond de tourisme
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2026 – La Grande Boucle passe par la Dordogne pour la 27e fois. L’un des départements les plus touristiques de France s’est lié à l’épreuve cycliste.

La Dordogne et le Tour de France, c’est une histoire d’amour qui dure ! Pour la 27e fois en 74 ans, la Grande Boucle va passer par ce département, à l’occasion d’une 8e étape 100 % périgourdine, entre Périgueux et Bergerac. Pour la 12e fois, une étape partira ou arrivera dans le 24. Sans oublier la 3e étape du Tour de France Femmes 2023, avec l’arrivée à Montignac-Lascaux.

Comment la Dordogne, qui n’a pas de reliefs pour bouleverser un classement général du Tour de France, est-elle devenue une vraie terre d’accueil pour ASO ? Département parmi les plus touristiques de France, la Dordogne a compris depuis longtemps l’intérêt que le Tour de France pouvait avoir, avec un rôle d’accélérateur touristique.

Le Tour de France, un accélérateur pour le tourisme

Recevoir le Tour de France, cela a un coût. En 2013, les villes devaient débourser 60 000 € pour accueillir un départ, 100 000 € pour une arrivée et 160 000 € pour être à la fois ville d’arrivée et de départ, selon les informations de nos confrères du Figaro, dans un article paru en 2013. Un coût de base, sans compter les aménagements à faire pour entrer dans le cahier des charges d’ASO.

Que ce soit pour la route, les aménagements urbains, la sécurité des coureurs ou les différents locaux, c’est un budget important pour les collectivités locales et départementales. Pour la Dordogne, ce sont près de 300 000 € qui ont été dépensés en 2023. Mais ce n’est certainement pas un investissement à vide.

Sur le court et moyen terme, ce sont des milliers de spectateurs dans les villes étapes et aux arrivées, ainsi que sur les bords de route. Des spectateurs locaux, mais aussi des suiveurs plus fidèles du Tour de France. Sans compter la caravane publicitaire et médiatique. Une aubaine pour les hôtels, assurés de faire le plein pour l’évènement. Mais aussi pour des commerces comme les restaurants et les bars, qui vont accueillir une vraie fourmilière.



Sur le long terme, cela peut aussi être un accélérateur pour tout un territoire ! Le Tour de France, depuis de nombreuses années, couvre la course, mais s’évertue aussi à montrer les châteaux, les lieux clés et les paysages parfois sublimes de cette France si diverse. Une motivation pour découvrir un territoire. La Dordogne ne s’y est pas trompée. Président du conseil général de la Dordogne, Germinal Peiro évoquait « une opération de promotion touristique extraordinaire », en 2023 à nos confrères de Sud Ouest, en évoquant le passage de 2017.



La Dordogne, un département déjà très touristique

La Dordogne fait partie des départements français les plus fréquentés chaque année. Selon les chiffres fournis par le département, le tourisme génère près de 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en progrès de 19 % en six ans. Il pèse surtout pour près d’un tiers de son économie. Le journal anglais The Telegraph lui a même récemment donné la note de 10/10. Une note accordée à cinq départements français. Avec des lieux touristiques ô combien réputés, mais aussi une variété de paysages, du Périgord Vert au Périgord Blanc, en passant par le Périgord Noir et le Périgord rouge. Tous très différents.

Lascaux, Sarlat-la-Canéda et ses villages, la Dordogne a des atouts non négligeables

Sur l’échelle internationale, on peut citer Lascaux IV et ses grottes préhistoriques. 67e lieu culturel le plus visité en France, avec près de 400 000 visiteurs, presque autant que la population du département, qui était de 416 000 habitants en 2023. Le Tour, comme en 2017, passera par Montignac-Lascaux. La Dordogne peut compter sur d’autres atouts, comme la vallée de Sarlat-la-Canéda, ainsi que la ville, un temps 50e site français le plus visité. La capitale du Périgord Noir est surtout une cité historique, au centre de la région peut-être la plus naturelle de Dordogne. Centre carolingien puis véritable ville médiévale. On peut aussi citer Brantôme, commune touristique depuis le 17 août 2016.

La Dordogne est globalement réputée pour ses nombreux châteaux. Il y en aurait plus de 1 000 dans le département. Certains sont devenus de grands lieux de fréquentation. Département à majorité rurale, Périgueux, la préfecture, est aussi la plus grande ville du département, mais avec moins de 30 000 habitants. C’est aussi une terre de villages. Parmi les 176 Plus Beaux Villages de France, 10 se trouvent ici, seul l’Aveyron faisant aussi bien : Belvès, connu pour son 100 km, Beynac-et-Cazenac, Castelnaud-la-Chapelle, Domme, Limeuil, Monpazier, La Roque-Gageac, Saint-Amand-de-Coly, Saint-Jean-de-Côle et Saint-Léon-sur-Vézère.

Le Tour de France a parfois écrit son histoire en Dordogne

Si la Dordogne n’est pas le département le plus déterminant du Tour de France, la Grande Boucle y a parfois écrit son histoire ! Jacques Anquetil y remporte le contre-la-montre de la 19e étape du Tour de France 1961, entre Bergerac et Périgueux. Grande Boucle qu’il remporte alors pour la 2e fois après 1957, en écrasant toute la concurrence. Il remportera ensuite le Tour de 1961 à 1964. Cette fois-ci dans le sens inverse en 1994, c’est un autre champion du Tour de France et du contre-la-montre qui écrase les pédales. Miguel Indurain pose la dernière pierre de son 4e succès sur le Tour de France. Pas la plus impressionnante de ses victoires en chrono, mais l’Espagnol laisse son empreinte dans le département.

Un contre-la-montre était aussi au programme en 2014, cette fois-ci entre Périgueux et Bergerac. Il y a consacré le meilleur rouleur du monde à l’époque, Tony Martin. Surtout, il a permis à Jean-Christophe Péraud de monter sur la 2e marche du Tour de France, devant Thibaut Pinot. Deux Français sur le podium de la Grande Boucle, cela reste la seule fois au 21e siècle. L’étape de 2026 devrait sourire à un sprinteur, comme en 2017, avec la victoire de Marcel Kittel. Pendant ce temps-là, le spectateur et le téléspectateur pourront en prendre plein les yeux. Ce ne sera pas que grâce au vélo.

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