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Tour de France : les Pyrénées catalanes, un trésor oublié par ASO

Etienne Goursaud

Publié le

Tour de France les Pyrénées catalanes, un trésor oublié par ASO
Photo via Fabrice Rigalleau/Komoot)

TOUR DE FRANCE 2026 – Avec une arrivée aux Angles lors de la 3e étape, le Tour met l’accent sur les Pyrénées catalanes. Un des rares passages en montagne de la Grande Boucle dans le département.

C’est une réflexion que l’on peut se faire en observant le parcours de la 3e étape du Tour de France 2026, entre Granollers et Les Angles. En pleine Catalogne, cette première étape de montagne est loin d’être indigeste. Le Tour pose ses valises dans les Pyrénées catalanes pour la première arrivée au sommet.

Alors que la Grande Boucle a écrit son histoire dans tous les autres départements pyrénéens, ASO et le Tour ne sont que rarement passés par le 66, ni même sur cette partie des Pyrénées espagnoles. Une question se pose : pourquoi ? On va essayer d’y répondre, tout en proposant un parcours qui pourrait être digne d’une grande étape de montagne.

Le profil de la 3e étape du Tour de France

  • À ce sujet – Parcours Tour de France 2026 : Le profil de la 3e étape (à venir)

Avec près de 196 km, cette 3e étape du Tour sera la 2e plus longue étape de montagne, après la 13e étape entre Dole et Belfort (205,8 km). La plus longue pour une arrivée au sommet. Néanmoins, malgré la distance, cette étape est loin d’être insurmontable pour les coureurs qui disputeront cette Grande Boucle. Au programme : la côte de Sant Feliu de Codines (7,6 km à 4,5 %), le col de Toses (9,3 km à 6,5 %), le col du Calvaire (11,4 km à 4,1 %) et la montée finale vers Les Angles (1,7 km à 6,5 % de moyenne).

Un seul col dépasse les 10 km, mais il affiche seulement 4 % de moyenne, avec un sommet situé à 31 km de l’arrivée. Le final sera certes loin d’être plat, avec une dernière bosse pour rejoindre Les Angles, mais il pourrait davantage convenir à un puncheur-grimpeur, voire à des baroudeurs-grimpeurs. On est loin des standards d’une grande étape de montagne.

Très peu d’arrivées au sommet dans les Pyrénées catalanes

Les Pyrénées-Atlantiques ont le col du Soudet, le col d’Aubisque et même le col de Marie-Blanque. On ne compte plus les ascensions des Hautes-Pyrénées, tant elles sont nombreuses. La Haute-Garonne, plus fine dans sa partie pyrénéenne, peut quand même se targuer d’avoir le col de Menté. Tandis qu’en Ariège, les ascensions ne manquent pas. Tant de lieux escaladés par le Tour de France, parfois à des dizaines de reprises.





Mais, au moment de citer un col dans les Pyrénées catalanes, cela devient plus difficile. Il y a bien le versant est du col de Pailhères. Mais c’est à peu près tout. Il faut dire que seulement deux arrivées au sommet se sont faites dans ce département, à chaque fois dans la station Pyrénées 2000. La dernière remonte à 1976, après un premier passage en 1973. Sinon, c’est presque le néant sur cette zone géographique. Seuls le col de Saint-Louis, le col de Puymorens et le col d’Arès ont été escaladés. Pas de quoi inscrire le département dans la légende du Tour de France, loin de là.

ASO privilégie d’abord les arrivées en plaine dans le département. Argelès-sur-Mer, Perpignan ou encore Canet-en-Roussillon ont ainsi déjà été villes-étapes. Des lieux importants dans l’histoire du passage du Tour dans le 66, mais qui ne permettent pas vraiment d’exploiter le potentiel montagneux des Pyrénées catalanes.

Comment rendre l’étape plus attractive ?

Sauf énorme emballement, cette 3e étape ne devrait pas permettre de creuser de gros écarts, surtout au vu des 30 derniers kilomètres peu propices à un homme seul. Nous avons donc imaginé deux options pour rendre cette étape plus attractive. Une première version relativement courte et pas insurmontable, dans l’esprit d’une étape placée très tôt dans le Tour de France. Une deuxième plus difficile, avec une légère incursion en Ariège, qui pourrait déjà pas mal décanter le classement général.

Valter 2000 en juge de paix d’une étape « abordable »

Pour la première version, présentée ci-dessous, on part de Perpignan, capitale catalane en France et préfecture des Pyrénées catalanes. Les coureurs effectueraient 150,5 km en direction de Valter 2000, côté espagnol de la Catalogne, dans une montée bien connue du Tour de Catalogne. Le début d’étape et le faux plat montant pourraient permettre à des grimpeurs de prendre un coup d’avance et de se faire accompagner par des rouleurs, qui travailleraient en plaine.

Les plus résistants pourraient passer le col de Xatard (3e catégorie) avant le plus difficile col d’Arès, à ne pas confondre avec celui des Hautes-Pyrénées ni avec celui que l’on va vous présenter plus bas. Un col déjà escaladé par le Tour de France par le passé, et qui éliminerait certains membres de l’échappée, mais aussi des équipiers dans le peloton. Avant de retrouver le traditionnel Vallter 2000. Si la montée n’est pas la plus exigeante des Pyrénées, elle peut suffire à provoquer une première hiérarchie chez les leaders. Un classement à tous les étages, et une tendance pour la suite.

Une première proposition d'une étape courte avec arrivée en Espagne

Une première proposition d’une étape courte avec arrivée en Espagne – Éditeur La Flamme Rouge

Le magnifique col de Mantet en juge de paix d’une grande étape pyrénéenne

ASO ne propose pas une immense étape pyrénéenne. Placée tôt dans le Tour de France, une étape dantesque peut pourtant déjà façonner la légende d’une Grande Boucle. Attention, on dit dantesque, mais on parle ici de 4 100 m de dénivelé positif sur 178 km. On est loin des 5 400 m de dénivelé positif de la 20e étape, entre Le Bourg-d’Oisans et l’Alpe d’Huez.

Départ de Font-Romeu, haut lieu du sport français, où de nombreux sportifs se retrouvent en stage. La ville a déjà accueilli des départs d’étape en 1968 et 1976. Départ en descente, avant d’escalader le long, mais roulant, col de Puymorens, gravi pour la dernière fois en 2021 par le Tour. Les coureurs longeraient ensuite la frontière espagnole et une échappée pourrait se former là, tandis que les pentes useraient les organismes.

Après un léger passage en Andorre, les coureurs retrouveraient la descente du Port d’Envalira, direction Ax-les-Thermes, pour une légère incursion en Ariège. Elle durerait jusqu’au sommet du col de Pailhères. Souvent escaladé par son versant est, ce col est tout aussi exigeant sur son versant ouest. Voilà de quoi éliminer beaucoup de monde, à l’avant comme à l’arrière.

La transition qui suit ne serait pas simple, avec un autre col d’Arès, puis du faux plat montant. Avant de plonger pendant plus de 30 km vers Villefranche-de-Conflent, au pied du magnifique col de Mantet. Près de 20 km de montée, dont les dix derniers plus exigeants. Des routes étroites mais largement praticables, sauf pour une caravane, et un magnifique juge de paix, au cœur d’un décor exceptionnel.

Une étape dantesque, près de 4000 m de dénivelé positif et une arrivée inédite

Une étape dantesque, près de 4000 m de dénivelé positif et une arrivée inédite – Éditeur La Flamme Rouge

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